•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le coquelicot a 100 ans

des coquelicots.

C'est en 1921 que le coquelicot est devenu le symbole du Souvenir au Canada.

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Le coquelicot est systématiquement arboré en signe d’hommage aux soldats et aux anciens combattants canadiens.

Selon Carl Bouchard, professeur titulaire au Département d’histoire de l’Université de Montréal, la campagne du coquelicot remonte à Moina Michael, une professeure américaine, qui avait été inspirée par la poésie d’un Canadien.

[Moina Michael] a décidé d’utiliser ce coquelicot après avoir lu le poème du médecin canadien John McCrae qui s'appelle In Flander Fields où il parle des coquelicots qui vont pousser sur la terre des hommes tombés au combat, explique-t-il.

« C’est une fleur qui pousse de manière naturelle dans le nord de l’Europe, là où il y avait les champs de bataille [...]. Après des combats qui étaient incroyablement sanglants [durant la Première Guerre mondiale] au printemps ces fleurs se mettaient à pousser. »

— Une citation de  Carl Bouchard, professeur d’histoire

La Great War Veterans’ Association, le plus important des groupes d’anciens combattants de l'époque, adopte ensuite le coquelicot comme symbole du souvenir en 1921.

Il sera suivi un peu plus tard par la Légion canadienne dont c’est aujourd’hui toujours le symbole.

Un professeur tout sourire posant devant le campus de l'Université de Montréal

Selon Carl Bouchard, le coquelicot est également un symbole de fragilité.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Selon Carl Bouchard, le coquelicot n’est pas seulement une affaire canadienne. Il est traditionnellement porté dans les pays qui ont combattu ensemble contre l’Allemagne.

Une campagne nécessaire

Carl Bouchard indique que, dès les débuts, Moina Michael confectionnait des coquelicots dont elle se servait pour amasser de l’argent au profit des vétérans.

Cette tradition est restée en place et les fonds récoltés ont toujours été absolument indispensables, selon Guy Marchessault, président de la Légion royale canadienne.

Si on se rappelle, à partir de la fin de la Première Guerre mondiale au Canada, les gens qui revenaient des champs de bataille avaient pour la plupart des familles nombreuses, et l’aide gouvernementale par rapport au retour des vétérans n’était souvent pas suffisante pour aider ces familles-là, indique-t-il.

« C’est sûr que, de nos jours, les vétérans sont mieux pris en charge par Anciens Combattants Canada du point de vue financier. Il reste toujours qu’il y a des besoins immenses pour aider les nouvelles classes de vétérans. »

— Une citation de  Guy Marchessault, président d’une section de la Légion royale canadienne

M. Marchessault explique que l’argent récolté sert à financer des projets en santé mentale, puisque de nombreux combattants souffrent du trouble de stress post-traumatique.

Un homme devant un mur fait face à l'appareil photo.

Guy Marchessault affirme que les fonds récoltés fournissent une aide directe aux anciens combattants.

Photo : Gracieuseté de Guy Marchessault

Il sert également à sortir de la rue certains anciens combattants en difficulté et permet de financer des organismes qui mettent en place des traitements destinés aux anciens combattants.

L’important de retenir quand on parle du Fonds du coquelicot, c’est de toujours fournir l’aide la plus directe possible aux vétérans, indique-t-il.

Un symbole fort

M. Bouchard pense que l’une des raisons qui expliquent que le coquelicot soit devenu un symbole pour rendre hommage aux anciens combattants, c’est sa fragilité.

« Je pense aussi qu’il y a cette symbolique qui compte. Le coquelicot, ce n’est pas une fleur qu’on peut garder en pot ou dans l’eau. Dès qu’on la cueille, elle va faner très rapidement. C’est aussi un symbole de la fragilité de la vie. »

— Une citation de  Carl Bouchard, professeur d’histoire

Si les Canadiens ne savent pas toujours la raison précise pour laquelle le coquelicot est porté en signe de respect à l’égard des anciens combattants, beaucoup mentionnent toutefois l’importance que ce symbole revêt à leurs yeux.

C’est le cas d’Elaine Bastien, une résidente de Windsor qui affirme que le coquelicot est un hommage à toutes les personnes qui se sont battues pour que le Canada soit ce qu’il est.

Il y a de nombreux endroits dans le monde où vous n’avez pas la possibilité de choisir. Nous pouvons choisir parce que de nombreuses personnes se sont engagées et ont donné leur vie, explique-t-elle.

Une femme debout dans un stationnement.

Elaine Bastien affirme que le Canada est un pays libre grâce aux sacrifices des anciens combattants.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Elle indique que ses propres parents sont très engagés dans la campagne du coquelicot et pense que l’argent récolté est crucial.

Chaque centime de l’argent qui est amassé durant la saison des coquelicots est directement utilisé pour des vétérans. Qu’il s'agisse d’un vétéran qui a besoin d’une nouvelle paire de lunettes, d’un nouveau fauteuil roulant, a besoin de soins de santé mentale, chaque centime va à un vétéran qui a besoin d’aide, indique-t-elle.

Un homme sourit à l'appareil photo.

Yves Durocher se souvient sans cesse de son enfance lorsqu'il voit un coquelicot.

Photo : Gracieuseté : Yes Durocher

Chez Yves Durocher, enseignant d’histoire à l’école secondaire de Pain Court, la vue d’un coquelicot suscite surtout de la mélancolie.

Ça me rappelle quand j’étais très petit, fin des années 1970 début des années 1980, me rendre au cénotaphe municipal, puis voir des anciens combattants, des soldats de mon petit village qui s’étaient rendus en Europe durant la Seconde Guerre mondiale ou qui avaient participé à la guerre de Corée, explique-t-il.

« Moi, ça me frappait parce que je voyais des visages. Ces hommes-là et des femmes qui avaient vraiment mis à risque leur vie pour le bien de leur patrie. Ça, pour moi, c’était très tangible. C’était facile de le voir et de le sentir. »

— Une citation de  Yves Durocher, enseignant d’histoire

Il pense que ses élèves ont du mal à saisir l’importance du jour du Souvenir et donc la portée du coquelicot, notamment parce qu’ils sont éloignés dans le temps des grandes guerres et des personnes qui les ont vécues.

Son travail d’enseignant est donc pour lui bien plus qu’une simple responsabilité professionnelle. C’est le devoir de transmettre aux jeunes l’amour du pays.

À mes yeux, ça devrait [le coquelicot et le jour du Souvenir] les rejoindre quelque part, ça devrait rejoindre leur fibre canadienne, avoir une fierté pour leur patrie et pour le sacrifice des gens qui nous ont précédés, précise-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !