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L’inflation a bondi à 6,2 % aux États-Unis en octobre, du jamais vu depuis 1990

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La demande très élevée pour des produits de consommation provoque des pénuries qui forcent les prix à la hausse.

Photo : Getty Images / Tom Pennington

La Presse canadienne

Les prix à la consommation américains ont bondi de 6,2 % en octobre par rapport à l'année précédente, la flambée des coûts de la nourriture, de l'essence et du logement laissant les Américains aux prises avec l'inflation la plus élevée depuis 1990.

La croissance annuelle de l'indice des prix à la consommation a dépassé la hausse de 5,4 % de septembre, a rapporté mercredi le département américain du Travail. De septembre à octobre, les prix ont bondi de 0,9 %, enregistrant leur plus forte hausse d'un mois à l'autre depuis juin.

L'inflation érode les fortes hausses de salaires et de rémunération qui ont été versées aux travailleurs américains ces derniers mois, engendrant des maux de tête politiques pour l'administration Biden et les démocrates du Congrès et intensifiant la pression sur la Réserve fédérale, qui évalue à quelle vitesse elle devrait atténuer ses mesures de relance économique.

Pénuries et flambée des prix

Les pénuries d'approvisionnement persistantes attribuables à la forte demande des consommateurs et aux fermetures d'usines liées à la COVID à la suite de la récession pandémique sont à l'origine de la flambée des prix.

Les ports du monde entier sont devenus des goulots d'étranglement. Les employeurs américains, confrontés à des pénuries de main-d'œuvre, ont également accordé des augmentations de salaire importantes, et bon nombre d'entre eux ont aussi augmenté leurs prix pour compenser la hausse de leurs coûts de main-d'œuvre, contribuant ainsi à l'inflation.

Il en a résulté une accélération des prix pour une large gamme de biens de consommation, allant de l'alimentation, du mazout et des meubles de jardin aux peintures, produits chimiques et rideaux. Après avoir initialement touché principalement les biens dans les industries perturbées par la pandémie, la flambée de l'inflation s'est étendue aux nombreux services pour lesquels les Américains dépensent de l'argent, notamment pour les repas au restaurant, les loyers d'appartements et les services médicaux, dont les prix ont bondi de 0,5 % en octobre.

Les gains d'emplois et les augmentations de salaire ont été beaucoup plus sains pendant la reprise pandémique qu'ils ne l'étaient après la Grande Récession, il y a environ une décennie. Mais contrairement aux années qui ont suivi ce ralentissement, lorsque l'inflation était faible, la hausse des prix diminue la confiance des Américains dans l'économie, selon des enquêtes.

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Le prix de l'essence est en forte hausse aux États-Unis, tout comme celui du gaz et de l'essence.

Photo :  CBC / Kevin Yarr

En octobre, en excluant les catégories volatiles de l'alimentation et de l'énergie, les prix de base ont augmenté de 0,6 % par rapport à septembre. Ils affichent désormais une hausse de 4,6 % par rapport à il y a un an.

Les coûts de l'énergie ont grimpé de 4,8 % seulement de septembre à octobre, l'essence, le gaz naturel et le mazout ayant augmenté pour la même raison que de nombreux autres produits de base sont devenus plus chers : la demande a fortement grimpé alors que les Américains se sont remis à se déplacer davantage, en automobile ou en avion, sans que les stocks réussissent à garder le rythme.

Les prix de l'énergie bondissent

Au cours de la dernière année, les coûts de l'énergie ont bondi de 30 %, les prix de l'essence ayant à eux seuls grimpé de près de 50 %. Les prix du gaz naturel montent également en flèche, tout comme ceux du mazout de chauffage. L'Energy Information Administration prévoit que ces augmentations seront sévères cet hiver, et que les Américains devraient devoir dépenser 30 % de plus pour le gaz naturel et 43 % de plus pour le mazout.

Les économistes s'attendent toujours à ce que l'inflation ralentisse lorsque les goulots d'étranglement seront éliminés et que les Américains auront renoué avec leurs habitudes de consommation prépandémiques. Alors que la COVID-19 s'estompe, les consommateurs devraient dépenser plus pour les voyages, les divertissements et autres services, et moins pour des biens tels que les véhicules automobiles, les meubles et les appareils électroménagers, ce qui réduirait la pression sur les chaînes d'approvisionnement.

Mais personne ne sait combien de temps cela peut prendre. La plus forte inflation a persisté beaucoup plus longtemps que la plupart des économistes ne l'avaient prévu. Et elle se propage bien au-delà d'articles comme les appareils électroménagers et les véhicules neufs et d'occasion, qui sont directement touchés par la pandémie.

Pendant des mois, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a qualifié l'inflation de temporaire, un phénomène à court terme lié aux pénuries de main-d'œuvre et d'offre résultant de la rapidité avec laquelle l'économie a rebondi après la récession pandémique. Mais la semaine dernière, M. Powell a reconnu que la hausse des prix pourrait durer jusqu'à l'été prochain.

Le président de la Fed a annoncé que la banque centrale commencerait à réduire les achats mensuels d'obligations qu'elle a commencés l'année dernière, comme mesure d'urgence pour stimuler l'économie.

Les investisseurs s'attendent désormais à ce que la Fed relève son taux d'intérêt de référence deux fois l'année prochaine, soit bien plus tôt qu'elle ne l'avait prédit il y a quelques mois. Il se trouve actuellement à un creux record, près de zéro pour cent.

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