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Érosion : il veut protéger son terrain, mais les autorités s’y opposent

Mark Keizer sur son patio avec la rivière en arrière-plan.

Mark Keizer a acheté des blocs en béton pour les faire installer entre sa propriété, la rivière et le marais salé voisin avant d’apprendre que les projets du genre sont interdits près de marais.

Photo : CBC/Steve Bruce

Radio-Canada

Le propriétaire d’un terrain vulnérable aux ondes de tempête à l'Île-du-Prince-Édouard a investi des milliers de dollars pour acheter des blocs en béton afin de protéger sa propriété, mais il ne peut les installer comme prévu.

Le ministère de l’Environnement lui interdit de les installer à cet endroit par crainte qu’ils exercent un effet nuisible sur le marais salé voisin.

Tout ce que j’essaie de faire est de protéger ma propriété, affirme Mark Keizer. Son assureur, explique-t-il, ne couvre pas les dommages que pourrait causer une onde de tempête.

La propriété de M. Keizer et de son épouse est située à Mermaid le long de la rivière Hillsborough. Le couple a une belle vue sur le havre de Charlottetown.

Mark Keizer affirme qu’une pente de quatre pieds qui se trouvait du côté du marais a progressivement disparu. Plus rien n’empêche les eaux de monter, dit-il, et son terrain rétrécit chaque année.

Le propriétaire dit avoir dépensé environ 10 000 $ l’été dernier pour acheter des blocs en béton sans soupçonner que leur installation serait problématique. Trois chargements de blocs lui ont été livrés cet automne.

Les blocs en béton sur la pelouse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quarante blocs en béton d’une valeur d’environ 10 000 $ se trouvent maintenant sur le terrain de Mark Keizer, qui espère d’avoir un jour l’autorisation de s’en servir pour protéger sa propriété.

Photo : CBC/Steve Bruce

Mark Keizer a ensuite embauché une entreprise pour disposer les blocs afin de former une muraille entre son terrain, le marais et la rivière.

Toutefois, dit-il, l’entreprise a demandé le permis nécessaire et le ministère de l’Environnement a refusé en indiquant qu’il est interdit de placer quoi que ce soit à moins de 50 pieds d’une terre humide. M. Keizer dit que c’est insensé.

Un élément crucial de l’écosystème, selon le ministère

Un porte-parole du ministère de l’Environnement explique que les marais salés constituent des habitats très importants, cruciaux même, pour l’écosystème de la province. Il ajoute que tout ouvrage de protection contre l’érosion exercerait un effet nuisible sur le marais et que le ministère a par conséquent le droit d'interdire de tels travaux.

Le ministère estime que la propriété court un risque minimal d’érosion, mais il reconnaît qu’elle se trouve dans une zone inondable. Il dit toutefois que les ouvrages de protection contre l’érosion ne préviennent pas les risques d’inondation. Le ministère juge que le projet en question n’est donc pas nécessaire.

Le marais va disparaître, réplique le propriétaire

Mark Keizer soutient que l’érosion est bel et bien un problème et qu’étant donné l’avancement des eaux il est vain de vouloir protéger ce marais.

Il dit s’attendre à disparition du marais de toute façon d’ici une dizaine d’années. Il affirme que l’eau érode le marais qui rétrécit d’un ou deux pieds chaque année.

Mark Keizer montre du doigt le marais salé voisin de sa propriété. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministère de l’Environnement estime que l’installation de blocs en béton à cet endroit nuirait au marais.

Photo : CBC/Steve Bruce

M. Keizer espère que le ministère revienne sur sa décision et permette aux gens qui habitent près de marais salés de protéger leur propriété. En attendant, ajoute-t-il, ses blocs en béton vont rester là où ils sont.

Le ministère ne précise pas combien de projets du genre sont interdits par crainte qu’ils nuisent à des marais. Cette situation est rare, dit-il, mais elle survient plus souvent en raison de l’étalement urbain dans la région.

D’après un reportage de Steve Bruce, de CBC

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