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Les journalistes canadiens subiraient plus de harcèlement en ligne, selon un sondage

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité.

Les attaques en ligne contre les journalistes vont des messages sexualisés et d'attaques contre leur identité à des menaces de mort.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Les journalistes canadiens sont de plus en plus attaqués en ligne, et les travailleurs des médias affrontent un harcèlement « répandu et omniprésent », allant de messages sexualisés et d'attaques contre leur identité à des menaces de mort, selon une nouvelle étude publiée mardi.

Les résultats, qui s'appuient sur une enquête menée cet automne auprès de plus d'un millier de journalistes et de professionnels des médias, suggèrent une épidémie d'intimidation en ligne qui laisse de nombreux membres de l'industrie aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Selon le sondage Ipsos, le premier du genre mené au nom d'une douzaine d'organisations médiatiques au Canada, plus de 70 % des travailleurs des médias ont affirmé avoir été victimes de harcèlement au cours de la dernière année.

La cyberintimidation était de loin la forme de harcèlement la plus courante, avec 65 % des journalistes qui ont goûté au vitriol en ligne. Suivaient le harcèlement en personne, les menaces au téléphone et les attaques physiques, a précisé l'enquête.

Une grande variété de préjudices en ligne a été signalée, notamment des messages ou des images vulgaires et sexualisés, des menaces physiques et des commentaires offensants ciblant le genre ou l'identité ethnique.

Le climat médiatique général, les accusations de fausses nouvelles et les objections à l'organisation médiatique pour laquelle travaille un journaliste sont apparus comme les principaux facteurs incitant au harcèlement.

Cependant, un courant sous-jacent de misogynie, de racisme et d'homophobie semble aussi imprégner de nombreuses attaques en ligne.

Une femme fixe l'écran d'un ordinateur portable.

Les travailleurs des médias qui sont des femmes, des Autochtones, des personnes de couleur et des membres de la communauté LGBTQ2+ ont indiqué avoir été victimes de harcèlement plus souvent.

Photo : iStock / Alexander Shelegov

Les travailleurs des médias qui sont des femmes, des Autochtones, des personnes de couleur et des membres de la communauté LGBTQ2+ ont indiqué avoir été victimes de harcèlement plus souvent, par des manifestations d'une plus grande gravité.

Le harcèlement - un événement quotidien pour certains journalistes - semble avoir des conséquences néfastes à la fois sur le bien-être personnel des travailleurs et sur l'ensemble de l'industrie des médias, selon l'enquête.

Le tiers des travailleurs des médias ont signalé des sentiments de peur, de honte et de colère, certains éprouvant des troubles du sommeil ou d'autres problèmes de santé mentale.

Certains ont ressenti le besoin de prendre congé de réseaux sociaux, de supprimer leurs comptes ou de quitter complètement le journalisme, selon le sondage Ipsos. D'autres encore ont évité les histoires potentiellement controversées ou ont envisagé de demander d'être affectés à différentes tâches.

Un phénomène qui s'aggrave

Pendant ce temps, le harcèlement en ligne des travailleurs des médias semble s'aggraver. Selon le sondage, près de 85 % des personnes qui ont été victimes de cyberintimidation estiment que les occurrences augmentent, plutôt que de diminuer.

Malgré la prévalence croissante de l'abus en ligne, une grande partie n'est pas signalée, parce que la cible du harcèlement remet en question la gravité de l'infraction ou doute qu'une action soit entreprise à ce sujet, a révélé l'enquête.

Les résultats du sondage Ipsos ont été communiqués mardi lors du forum virtuel CestAssez - Défendons le journalisme et la démocratie, un événement de deux jours organisé par CBC/Radio-Canada pour les journalistes et les professionnels des médias à travers le Canada.

Le sondage a été réalisé au nom de 12 organisations canadiennes du secteur de l'information : l'Association canadienne des journalistes, la Tribune de la presse parlementaire canadienne, CBC/Radio-Canada, CTV News, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Global News, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, Journalists for Human Rights, National Ethnic Press and Media Council of Canada, Médias d'info Canada, Postmedia et le Toronto Star.

Le sondage mené auprès de 1093 journalistes et travailleurs des médias a été mené en ligne en anglais et en français du 27 septembre au 13 octobre.

Selon les normes généralement acceptées de l'industrie des sondages, les sondages en ligne ne peuvent pas se voir attribuer une marge d'erreur, parce que leur échantillon n'est pas une représentation aléatoire de la population.

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