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Nouvelle formation en restauration des bâtiments patrimoniaux

Travaux de restauration d'une façade d'un immeuble

Un chantier de restauration d’une façade d’un bâtiment patrimonial.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

La préservation du patrimoine bâti préoccupe de plus en plus les citoyens et les gouvernements. À la demande de Québec, les municipalités doivent maintenant faire l'inventaire des bâtiments patrimoniaux sur leur territoire. Mais pour réaliser les travaux de restauration nécessaires, il faut des fonds et surtout de la main-d’œuvre. Or, celle-ci se fait rare, au moment où les chantiers de restauration se multiplient.

Il y a de plus en plus de projets patrimoniaux, pour qu'on puisse conserver notre patrimoine bâti, affirme Ian Lapostolle devant un imposant chantier de la rue McGill, dans le Vieux-Montréal. La main-d'œuvre est difficile [à trouver], ajoute le vice-président de l'entreprise de construction St-Denis Thompson.

« Pendant plusieurs années, les jeunes étaient moins intéressés par ces métiers-là [...] Ce sont des métiers qui sont durs sur le corps. Maçon, c'est un métier difficile, il faut être fait fort et il faut aimer ce qu'on fait. »

— Une citation de  Ian Lapostolle, vice-président, St-Denis Thompson

La problématique de la reconnaissance des métiers et des savoir-faire traditionnels liés au patrimoine bâti est connue depuis longtemps. Dans son rapport 2020-2021, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, soulignait que, depuis 1994, le ministère de la Culture et des Communications a réalisé deux études pour dresser le portrait de la situation, mais que ces efforts n'avaient donné aucun résultat et que la situation ne s'était pas améliorée.

Diplôme dans les métiers d'art du patrimoine bâti

Cela pourrait commencer à changer grâce à un nouveau programme de formation mis au point par le Conseil des métiers d'art du Québec et le Cégep du Vieux Montréal, appuyé par le gouvernement. Pour la première fois, on va donner une formation, assortie d'un diplôme, spécialisée dans les métiers d'art du patrimoine bâti.

Ce programme, dont les cours vont commencer dans quelques jours, s'adresse à des étudiants qui ont déjà un métier, par exemple des ouvriers qui travaillent dans la construction. Deux spécialités sont offertes pour commencer : la taille de pierre et l'ébénisterie patrimoniale.

Certains étudiants ont déjà commencé leur formation, l'hiver dernier, dans le cadre d'un projet pilote. C'est le cas de Khalid Benmbarek, un briqueteur-maçon qui travaille cet automne à la restauration d'une école patrimoniale sur le Plateau Mont-Royal.

« On a eu beaucoup de théorie [...] Ensuite, on est passé à un cours de dessin technique. On a vu beaucoup de choses sur les types de pierre : les minéraux, les différents outils à utiliser, les bonnes et les mauvaises pratiques pour nettoyer et entretenir la pierre. »

— Une citation de  Khalid Benmbarek, briqueteur-maçon

La formation vise à donner aux étudiants les bons outils pour travailler sur des chantiers patrimoniaux, explique le formateur Alexandre Maquet, tailleur de pierre. Savoir d'abord caractériser la façade, connaître son style, son époque, précise-t-il. Bien sûr, les cours fourniront aussi toutes les techniques de taille de pierre traditionnelle pour pouvoir reproduire des éléments d'architecture, ajoute-t-il.

Les architectes qui travaillent sur des projets de restauration patrimoniale ont souvent recours aux artisans qui maîtrisent un métier en particulier. Ceux-ci transmettent souvent leur savoir-faire de génération en génération, dans des entreprises familiales spécialisées.

D'autres ont suivi des formations plus poussées en Europe. Mais on ne peut plus se fier à ces moyens-là, estime Giovanni Diodati de la firme Evoq Architecture, qui se spécialise dans la restauration d'immeubles patrimoniaux, comme Rideau Hall ou l'édifice de l'Ouest du Parlement d'Ottawa.

Il se réjouit de ce nouveau programme qui pourra, selon lui, bonifier la formation de ces artisans, qui ont un parcours long à faire.

Une meilleure formation des ouvriers devrait faciliter la tâche des architectes, ajoute M. Diodati. Souvent, quand on va sur des chantiers, on doit parler des normes et des bonnes pratiques, dit l'architecte.

« Tout ce langage de base, ces principes de base, ça va être là et on n'aura pas à commencer à zéro. Et c'est difficile, quand on est sur un échafaudage, de commencer à élaborer des théories. »

— Une citation de  Giovanni Diodati, Evoq Architecture

France Girard, gestionnaire en architecture et patrimoine au Conseil des métiers d'art, espère que le nouveau programme sera élargi. D'autres spécialités touchées également par des pénuries de main-d'œuvre pourraient s'y ajouter, notamment la charpenterie traditionnelle, les vitraux, la restauration des décors peints et des ornementations en plâtre.

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