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L’urgence climatique et sociale sous la loupe de Gérald Fillion

Deux hommes sourient sur fond blanc.

Dans leur 3e ouvrage, le journaliste Gérald Fillion et l'économiste François Delorme proposent de remettre la nature au cœur des décisions économiques.

Photo : Édito

Charles Rioux

Le journaliste radio-canadien Gérald Fillion et l’économiste François Delorme font paraître ce mercredi leur 3e ouvrage, L’heure des choix, sur les inégalités socioéconomiques, les changements climatiques et l'interdépendance entre les deux phénomènes. Le livre se présente comme un outil pour mieux comprendre la crise climatique et sociale qui frappe notre époque, mais aussi pour consommer de façon plus éclairée.

La voiture électrique est-elle une solution écologique? Peut-on se passer du pétrole? La tarification du carbone est-elle efficace? Chaque chapitre du livre commence par une question bien concrète, qui est ensuite décortiquée en deux étapes.

Page couverture d'un livre, toute blanche avec des dessins d'arbre, d'ampoule et d'éolienne. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La page couverture du nouveau livre de Gérald Fillion et François Delorme

Photo : Édito

D’abord, le travail journalistique. À partir d’entrevues menées pour son balado Question d’intérêt, Gérald Fillion brosse un portrait de chaque enjeu en le vulgarisant. Dans les pages qui suivent, François Delorme jette un regard éclairé et critique sur chaque question, en puisant dans son bagage de professeur et d’économiste spécialisé en environnement.

Si L’heure des choix amène plusieurs remises en question, il n’est pas un manifeste à l’encontre de l’économie de marché, mais plutôt un plaidoyer pour remettre la nature au cœur des décisions économiques.

Notre livre n’est pas contre le libéralisme économique ou contre le marché, mais il souligne à grands traits les excès que peuvent entraîner la mondialisation, la surproduction, etc., précise Gérald Fillion, joint au téléphone à l’aube de la sortie du livre en librairie.

Des crises qui se nourrissent entre elles

On a peut-être parfois l’impression que le bien-être de la planète et la santé optimale de l’économie sont antinomiques, surtout dans une perspective capitaliste; deux objectifs qui tirent la couette chacun de leur côté. Or, pour Gérald Fillion et François Delorme, il n’en est rien.

Les changements climatiques, la question environnementale et les inégalités socioéconomiques, c’est purement économique, affirme M. Fillion. C’est d’ailleurs ce que s’efforcent à démontrer les auteurs dans L’heure des choix.

En fait, nous vivons trois crises : climatique, sociale et économique. Jusqu’à récemment, nous les traitions séparément, comme si elles étaient indépendantes les unes des autres, explique François Delorme en avant-propos du livre. Depuis peu, nous avons commencé à mieux comprendre l’imbrication étroite de ces trois phénomènes. [...] Une crise ne jouxte pas l’autre, elles se nourrissent entre elles.

En finir avec le PIB tout-puissant

Parmi les sujets abordés dans l’ouvrage, il y a cette confiance démesurée des acteurs économiques envers le produit intérieur brut (PIB), qui est parfois vu comme le seul indicateur du bien-être ou du niveau de confort d’une société. Or, le PIB est aveugle, selon Gérald Fillion.

Cet indicateur, qui quantifie la valeur totale de la production d’un pays, est considéré depuis longtemps comme la mesure la plus importante en économie, mais selon plusieurs spécialistes, le PIB ne raconte jamais toute l’histoire. M. Fillion donne l’exemple d’un village qui serait victime d’une inondation majeure.

Le PIB ne calcule pas la destruction, mais l’effet [de l’inondation] est épouvantable sur un paquet de familles. [Les gens] vont perdre leur maison ou le peu de patrimoine qu’ils ont et ils vont se retrouver sans moyens, affirme le journaliste.

Ça, ce n’est pas calculé dans le PIB. Ce qui est calculé, ce sont les trois ou quatre compagnies de construction qui vont arriver et qui vont reconstruire.

Dans leur ouvrage, M. Fillion et M. Delorme se réjouissent d’ailleurs du fait que de grandes institutions internationales comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'ONU proposent des indicateurs alternatifs au PIB, dont les entreprises tiennent de plus en plus compte.

Un point de départ pour des réflexions plus profondes

L’heure des choix s’interroge de la même manière sur l’avènement de la voiture électrique comme solution écologique à toute épreuve, sur l’efficacité de la tarification du carbone ou sur les implications véritables du revenu minimum garanti.

Sous la plume de Gérald Fillion et François Delorme, les sujets sont abordés de façon claire et accessible. Les auteurs réussissent à résumer en quelques pages des problèmes d’une complexité parfois effarante.

Et s’il offre des pistes de solution, le livre ne se veut pas un guide des bonnes pratiques à suivre, prodiguées à partir d’un piédestal universitaire.

Notre but était vraiment de peser sur le bouton d’alarme et d’amener une réflexion [...] en rassemblant le plus d’informations possible pour que les gens puissent être capables de prendre des décisions, conclut Gérald Fillion.

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