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Pensionnat pour Autochtones : début de la fouille des terrains du Mohawk Institute

« C'est un travail difficile qui doit être fait », affirme la survivante Sherlene Bomberry.

Deux hommes. L'un d'eux, John Elliott, tient un géoradar qui ressemble à une tondeuse à gazon.

John Elliott, un survivant du pensionnat Mohawk Institute à Brantford, s'exerce à utiliser la technologie du radar à pénétration de sol lors d'une séance de formation en octobre.

Photo : Radio-Canada / Bobby Hristova

La recherche de sépultures sur le terrain de l'ancien pensionnat pour Autochtones Mohawk Institute, situé à Brantford en Ontario, débute à l'aide de géoradars.

La première étape de la fouille se déroulera toute la semaine.

La recherche complète s'étalera sur plus de 200 hectares de terres associées à l'ancien pensionnat pour Autochtones.

La communauté des Six Nations souhaite faire la lumière sur ces disparitions et morts d'enfants. Les archives recensent 54 décès au Mohawk Institute, mais la police des Six Nations a expliqué que l'endroit où les défunts ont été enterrés n'est pas connu.

« Les prochains mois seront certainement difficiles. »

— Une citation de  Mark Hill, chef des Six Nations de la rivière Grand

Avec l'aide de survivants, un exercice de cartographie a été mené et des documents d'archives ont été examinés avant de commencer cette première phase de recherche du sol.

Le géoradar est un appareil mobile formé notamment d'un émetteur et d'un récepteur de micro-ondes qui permet de créer une image de ce qui se trouve dans le sol. Deux de ces appareils seront utilisés pour la fouille.

Une femme marche devant un escalier où ont été déposés des peluches et d'autres objets.

Le mémorial sur les marches de l'ancien pensionnat Mohawk Institute, à Brantford, en Ontario, le 24 juin dernier.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Des membres de la communauté des Six Nations, dont des survivants, et des agents du service de police des Six Nations ont été formés au fonctionnement de ces machines. Ils sont jumelés pour effectuer la recherche de sépultures.

Les grilles de recherche ont été tracées avec l'aide de la Police provinciale de l'Ontario.

En tant que survivants, nous sommes rassurés de savoir que ce travail sacré est fait avec la participation des membres de notre communauté. Nous avons été clairs sur le fait que la recherche doit être dirigée par les survivants, explique la survivante Sherlene Bomberry.

La police des Six Nations a d'ailleurs lancé une enquête cet été sur ces morts et les abus psychologiques, physiques et sexuels commis par des membres du personnel du pensionnat.

J'aimerais rappeler que nous sommes à la recherche d'enfants, précise le chef du corps policier, Darren Montour.

Tous les travaux sont surveillés par des survivants et des membres des communautés autochtones.

Des cérémonies sacrées ont eu lieu et continueront de se tenir au fil des recherches.

Vue de la façade d'une école.

Le Mohawk Institute à Brantford, en Ontario. La date de la prise de cette photo n'est pas connue. Les Six Nations de la rivière Grand veulent que le terrain de la propriété soit fouillé.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

L'hiver ralentira les efforts de recherche

Les protocoles à suivre lors d'éventuelles découvertes n'ont pas encore été établis, selon le Secrétariat des survivants.

Nous devons [encore] consulter plus de 20 communautés autochtones, explique la directrice Kimberly R. Murray. Ces consultations se feront cet hiver.

Le plan de recherche complet reste encore à être finalisé.

Ce n’est que le début de notre fouille. Au cours de l’hiver, nous allons préparer le terrain pour la recherche au printemps et former d'autres membres de la communauté pour prêter main-forte, ajoute Mme Murray.

Une fois que le rapport final sera prêt, ce qui devrait prendre des mois, les résultats seront d'abord communiqués aux survivants et à la communauté touchée avant d'être transmis au grand public.

Les recherches pourraient durer plus d'un an.

Entre 90 et 200 enfants ont été contraints de fréquenter ce pensionnat chaque année, selon le Secrétariat des survivants, qui affirme que ces enfants ont été enlevés aux Six Nations et à de nombreuses autres Premières Nations.

L'ancien Mohawk Institute, qui était géré par l'Église anglicane, a été le premier pensionnat et celui qui a été en activité le plus longtemps au pays, selon le groupe.

Il a fermé ses portes en 1970.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada en après-midi mardi, une porte-parole du ministère des Affaires autochtones de l'Ontario a rappelé que ses responsables ont rencontré le Secrétariat des survivants des Six Nations le 1er octobre 2021 pour discuter de l'allocation initiale de 10 millions de dollars annoncée en juin 2021. À la suite de l'énoncé économique de l'automne, cette allocation de financement a été portée à 20 millions de dollars. À ce moment-là, [le ministère] a noté qu'un montant initial de 400 000 $ sur trois ans pourrait être mis à la disposition des Six Nations pour soutenir les premières étapes de leur travail sur les pensionnats pour Autochtones.

Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

Avec les informations de CBC News

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