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Des pistes de solutions pour doper le taux de participation aux élections municipales

Une main dépose un bulletin de vote dans une boîte.

Se déplacer dans un bureau de vote pour remplir un bulletin papier est devenu archaïque, selon certains.

Photo : iStock / Tomwang112

Les élections municipales de dimanche ont été très peu populaires à l'échelle provinciale. À Trois-Rivières par exemple, deux citoyens sur trois se sont abstenus de voter et cette proportion est encore plus grande à Laval. Que peut-on faire pour stimuler l’intérêt de la population pour ce scrutin et doper le taux de participation? Radio-Canada a posé la question à des spécialistes.

C’est dommage que [le désintérêt] soit si profond, se désole Mireille Lalancette, professeure en communication à l’Université du Québec à Trois-Rivières et spécialiste en communication politique, en entrevue au Téléjournal Mauricie–Centre-du-Québec.

C’est un gouvernement de proximité, il y a tellement de choses à faire, c’est les piscines, c’est les parcs, c’est la façon dont on circule dans la ville, c’est nos taxes, c’est nos infrastructures. Donc, il y a une partie de moi qui est une passionnée de politique qui ne comprend pas pourquoi les gens ont décidé de ne pas sortir et de ne pas aller voter, poursuit-elle.

En moyenne, dans les dix plus grandes villes du Québec, le taux de participation s’élève à 37,9 % pour les élections de dimanche.

Taux de participation aux élections municipales

  • Saguenay : 46,9 %
  • Québec : 45,2 %
  • Sherbrooke : 42,6 %
  • Montréal : 38,1 %
  • Terrebonne : 37,8 %
  • Trois-Rivières : 36,2 %
  • Gatineau : 35,1 %
  • Lévis : 34,4 %
  • Longueuil : 34 %
  • Laval : 28,8 %

Source : Élections Québec

L’ancien greffier de la Ville de Trois-Rivières et ancien président d’élections Gilles Poulin dit avoir constaté lorsqu’il était en poste que le noyau dur des personnes qui se présentent aux bureaux de vote est constitué de payeurs de taxes au niveau municipal.

Quand tu ne paies pas de taxes, soit parce que tu es trop jeune, parce que tu demeures chez tes parents, parce que tu es locataire ou encore parce que tu demeures dans une résidence pour personnes âgées, il y a beaucoup moins d’intérêt pour la chose municipale, en comparaison avec les élections provinciales et fédérales, explique-t-il au micro de l’émission matinale Toujours le matin.

Homme l'hiver avec des lunettes de soleil dans une rue enneigée.

L'ancien greffier de la Ville de Trois-Rivières, Gilles Poulin (Archives)

Photo : Radio-Canada

Les deux spécialistes s’entendent pour dire qu’une réflexion doit avoir lieu dans le but de trouver des façons de faire sortir les gens pour aller voter.

Mirelle Lalancette propose notamment de mieux faire comprendre le rôle d’un maire et d’un conseil municipal en visibilisant leurs actions. Toute l’idée de la politique participative aide beaucoup à faire participer les citoyens aux décisions, renchérit-elle.

Les municipalités devraient faire une plus grande utilisation des médias sociaux pour rejoindre la population et inviter les citoyens à donner leur opinion sur des enjeux locaux, selon la professeure.

« Des fois, on peut ne pas se sentir concerné par ce qui se passe à Ottawa, je peux comprendre. Mais ce qui se passe dans notre quotidien, dans l’ensemble des villes et des villages de la région, c’est étonnant. »

— Une citation de  Mirelle Lalancette, professeure en communication à l’Université du Québec à Trois-Rivières et spécialiste en communication politique

De son côté, Gilles Poulin suggère aussi que le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise qui remplacera celui d’Éthique et culture religieuse au secondaire puisse intégrer un volet d’introduction à la vie démocratique pour les jeunes.

Le vote électronique

Le taux de participation anémique au scrutin de dimanche relance le débat sur l’utilisation du vote par voie électronique. Certains croient que le fait de devoir se déplacer dans un bureau de vote pour remplir un bulletin papier est devenu archaïque et décourage des citoyens d’exercer leur droit de vote.

Une pancarte indiquant un bureau de vote dans le cadre des élections municipales à Trois-Rivières.

Une pancarte indiquant un bureau de vote dans le cadre des élections municipales à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Une expérience avait été tentée en 2005, se souvient Gilles Poulin, au cours de laquelle des personnes se déplaçaient pour voter à l’aide de machines. Elle n’avait cependant pas été concluante.

Depuis, enchaîne-t-il, la technologie a énormément évolué. Je ne peux pas croire qu’on n’est pas capable d’avoir recours à des méthodes plus modernes pour voter. Beaucoup de partis politiques font voter leurs membres électroniquement pour faire le choix d’un chef, soutient l’ancien greffier et ancien président d’élections.

Selon lui, le nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique, bientôt créé par Québec, devrait se pencher sur cette question, puisque des questions de fraude font craindre que l’issue des élections ne soit compromise.

Un changement de date?

Au Québec, la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit que la date du scrutin est le premier dimanche de novembre. Un mauvais moment, selon Gilles Poulin, puisqu’il coïncide avec le retour à l’heure normale de l’Est.

« Moi, je l’ai observé au fil des élections : quand la noirceur arrive, l’achalandage diminue drastiquement. »

— Une citation de  Gilles Poulin, ancien greffier de la Ville de Trois-Rivières et ancien président d’élections

Il suggère donc de tenir le scrutin au printemps. On aurait des journées où il fera clair plus longtemps, la température est généralement plus clémente. Il faudrait considérer cela, ajoute-t-il.

M. Poulin juge que les arguments mis de l'avant qui ont mené à l’adoption de l’article de cette loi, entrée en vigueur en 1988, ne tiennent plus la route aujourd'hui.

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