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À Calgary, des maisons plus chères et plus lentes à être construites

Environ 11 600 logements sont encore en construction, soit le nombre le plus élevé depuis des années.

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À cause d'un problème d'approvisionnement de matériaux, certaines constructions de maisons ont été interrompues à Calgary.

Photo : CBC / Bryan Labby

Radio-Canada

Les constructeurs de logements de Calgary font face à la hausse des prix des matériaux ainsi qu'à des pénuries d'approvisionnement et de main-d'œuvre, si bien que les maisons mettent plus de temps à être construites.

L'incertitude semble être la nouvelle norme dans le secteur de la construction, les entreprises s'efforçant de trouver des travailleurs, des produits et des matériaux face à une crise mondiale de la chaîne d'approvisionnement qui a perturbé le flux de matériaux nécessaires à la finition des maisons et d'autres projets.

De leur côté, les constructeurs et leurs clients tentent d'absorber les hausses de prix qui semblent ne pas avoir de fin.

Cette situation se produit à un moment où certains constructeurs et fournisseurs sont le plus occupés depuis des années.

Constructions sur pause

Pedro Ocana, président de Sunset Homes, a déjà perdu trois clients, du moins temporairement. Il affirme que ceux-ci attendent que l’incertitude et l'imprévisibilité qui touchent de nombreux aspects du secteur de la construction se dissipent, particulièrement celles liées aux coûts.

Nous ne sommes pas sûrs que cette construction coûtera 1 million ou 1,5 million de dollars. C’est un gros écart au niveau du prix réel, explique l’entrepreneur à l'intérieur d'une maison de deux étages quasiment terminée dans le sud-ouest de Calgary.

L’entrepreneur tente d’aider ses clients à trouver des solutions plus économiques pour faire face à l’augmentation des prix et à l’indisponibilité de certains matériaux. Quand il n’y arrive pas, cela peut vouloir dire que ses clients mettent leur projet de logement en pause, parfois pendant plusieurs années.

M. Ocana n’est pas le seul à faire face à ces difficultés.

Sterling Homes, l'un des plus grands constructeurs de la ville, affirme que les retards dans la livraison des produits repoussent également l'achat de nouvelles maisons pour ses clients et augmentent le coût global.

Les baignoires, une grande partie de la fibre de verre, les produits de revêtement, les robinets, les appareils électroménagers, les tuyaux en PVC, tout ce que vous voulez. Il n'y a probablement pas beaucoup de produits qui, dans une certaine mesure, ne sont pas touchés, déplore Curt Keil, vice-président de la société.

Des maisons plus chères

Curt Keil affirme que, habituellement, la construction d'une maison à Calgary prend cinq mois, alors que cette durée est maintenant de sept à neuf mois. Quant aux prix de vente, ils ont augmenté d’environ 40 000 à 50 000 $ par maison, comparativement à l’année dernière.

Une tendance confirmée par Statistique Canada, qui précise que l’indice des prix des logements neufs de la ville a augmenté de 12,9 % en un an.

Les retards de construction signifient que 11 683 logements sont encore en construction, soit le nombre le plus élevé que la ville ait connu depuis des années.

Selon l'examen du logement de la Ville, cette augmentation est alimentée par les perturbations de l'offre et les pénuries de main-d'œuvre qui touchent l'industrie. De plus, la demande de logements a augmenté.

Impossibilité de garantir les prix des matériaux

Paul Heyens, le PDG d’Alberta Glass, une entreprise de vitrage commercial de Calgary, affirme que ses fournisseurs ont augmenté leurs prix à plusieurs reprises au cours de l'année écoulée.

Le verre a augmenté de plus de 50 % au cours des 12 derniers mois. L'aluminium, qui est notre produit de base, a augmenté de plus de 33 %, affirme l’homme d'affaires, qui, après un demi-siècle dans l’industrie, parle d’une situation sans précédent.

M. Heyens se rappelle le temps où ses fournisseurs garantissaient leurs prix pendant 60 jours. Maintenant, c’est deux semaines. D’où son incapacité à garantir des prix à ses clients.

Un retour à la normale d'ici un an?

Professeure adjointe en gestion des opérations et de la chaîne d'approvisionnement de l’Université de Calgary, Serasu Duran affirme que la circulation et l'approvisionnement des marchandises à l'échelle mondiale sont en crise et que cette crise touche de nombreux secteurs de l'économie.

De nombreux fabricants ne peuvent respecter leur carnet de commandes, non seulement à cause de la pénurie de matériaux, mais aussi du manque de main-d'œuvre.

Elle pense que cela pourrait prendre jusqu’à 12 mois pour que la machine ne se dégrippe. En attendant, elle conseille notamment de rallonger les délais des projets et de les classer par ordre de priorité.

Elle recommande également que, dans la mesure du possible, les personnes et les entreprises trouvent des fournisseurs locaux ou nationaux, afin d'éviter les expéditions depuis l'étranger, qui prennent plus de temps, et d'envisager de trouver des produits de substitution.

Avec des informations de Bryan Labby

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