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Des leçons de français privées et intensives pour Michael Rousseau

La ministre fédérale des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, entend faire « de la connaissance du français » un « critère très important » pour le PDG d'Air Canada et pour la haute direction de l'entreprise.

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Le PDG d'Air Canada, Michael Rousseau

Photo : Bloomberg

Radio-Canada

Le président et directeur général d'Air Canada a entamé des leçons de français privées et intensives. Michael Rousseau en a fait l'annonce dans une note envoyée à ses employés lundi soir.

La semaine dernière, il avait soulevé la controverse en prononçant un discours en anglais seulement devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Lorsqu'il a été interrogé par des journalistes sur ce choix, M. Rousseau avait invoqué un horaire trop chargé pour apprendre la langue. Il avait aussi soutenu n'avoir jamais eu besoin du français pour communiquer, même s'il vit au Québec depuis 14 ans.

Comme je l’ai promis la semaine dernière, je réitère mon engagement ferme à apprendre le français, a-t-il écrit lundi soir dans la note – en français – envoyée aux employés d'Air Canada. En fait, j’ai commencé mon apprentissage du français avec un professeur personnel.

Je regrette sincèrement ces propos, et l’attention qu’ils ont attirée sur notre entreprise. J’assume l’entière responsabilité de mes commentaires de la semaine dernière, a-t-il aussi écrit, réitérant ses plus sincères excuses.

Le transporteur va également revoir et renforcer ses obligations en matière de langues officielles, a-t-il promis.

Le français, un critère d'évaluation du rendement annuel

La veille, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, avait écrit une lettre au conseil d'administration d'Air Canada afin que l'amélioration du français de son chef de la direction figure parmi les facteurs déterminants de l'évaluation de son rendement annuel.

Une demande à laquelle a accédé le conseil d'administration.

« M. Rousseau commence un apprentissage intensif du français, comme il l'a indiqué dans sa déclaration. Il ne s'agit pas uniquement d'un engagement personnel de sa part, mais d'un élément qui fera partie intégrante de son évaluation de rendement. »

— Une citation de  Déclaration du conseil d'administration d'Air Canada

Dans la foulée de cette controverse, le Commissariat aux langues officielles du Canada a affirmé avoir reçu, en date de lundi, plus de 2000 plaintes concernant le discours unilingue de M. Rousseau devant la CCMM. Toutes ces plaintes doivent toutefois être évaluées pour en déterminer la recevabilité.

L’organisme fédéral précise que ce nombre dépasse le record, établi en 1986, de 1784 plaintes qui avaient été déposées par des employés du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) en lien avec un document envoyé en anglais seulement à ses bureaux basés au Québec.

Connaître le français, critère très important

Mardi, la ministre fédérale des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, a réitéré les arguments invoqués par la vice-première ministre dans sa lettre : on veut s'assurer que le prochain PDG d'Air Canada et même les gens qui se présentent pour des promotions vont avoir une connaissance du français, au sein de l'entreprise.

Lors d'une entrevue accordée à l'émission Midi info, sur ICI Première, la ministre a affirmé qu'elle fera tout pour que ce critère très important soit mis en vigueur.

La ministre promet de déposer dans les 100 jours qui viennent le projet de loi C-32 visant à modifier la Loi sur les langues officielles. Déposé en première lecture en juin dernier par sa prédécesseure, Mélanie Joly, ce projet de loi était mort au feuilleton en raison du déclenchement des élections.

Par cette réforme, Ginette Petitpas Taylor promet de conférer à la loi des pouvoirs avec plus de mordant. Elle cite en guise d'exemple la possibilité de donner plus de pouvoir au commissaire aux langues officielles.

En tant qu'Acadienne, la députée de Moncton—Riverview—Dieppe dit connaître l'importance de protéger la langue française.

Je suis un exemple, dit Erin O'Toole

À l’instar du gouvernement de Justin Trudeau, le chef de l’opposition officielle Erin O’Toole s’est dit déçu par le discours et la controverse avec M. Rousseau.

En conférence de presse à Ottawa, mardi, pour annoncer la composition de son cabinet fantôme, le chef du Parti conservateur du Canada s’est dit en faveur de l’application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale, au Québec, y compris une entreprise très importante comme Air Canada.

On va voir quel sera l’engagement de M. Rousseau [à l'égard du français], a poursuivi M. O’Toole, qui se considère lui-même comme un exemple.

J’ai appris mon français comme officier dans les Forces armées canadiennes, parce que c’est une question de respect pour notre pays et nos deux langues nationales.

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