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Meurtre d’un adolescent à Hamilton : l’accusé plaide coupable

La victime, qu'on ne peut plus nommer, était morte dans les bras de sa mère après avoir été poignardée.

Des photos ont été pixellisées pour protéger l'identité de la victime.

Un petit mémorial avait été improvisé à l'époque en souvenir de la victime devant l'école Winston Churchill à Hamilton.

Photo : Radio-Canada / CBC News

À Hamilton, un adolescent a plaidé coupable lundi après-midi à une accusation réduite de meurtre non prémédité relativement à la mort d'un autre adolescent en octobre 2019 à la sortie de l'école secondaire Winston Churchill. La victime était morte dans les bras de sa mère après avoir été poignardée dans le dos au sujet du vol d'une bicyclette.

L'accusé et la victime avaient tous deux 14 ans à l'époque, si bien qu'on ne peut les identifier en vertu de la loi sur les jeunes contrevenants.

Les parents de la victime ont obtenu du juge que le nom de leur fils fasse aussi l'objet d'un interdit de publication, même si les médias l'avaient identifié à l'époque.

Ils avaient toujours dit que leur fils était victime d'intimidation à l'école. Dans une déclaration commune des faits qu'elles ont présentée au juge, la Couronne et la défense leur auront donné raison dès l'ouverture des audiences.

La journée devait être consacrée à la sélection du jury dans ce procès en Cour supérieure de l'Ontario pour meurtre prémédité avant le rebondissement inattendu du jeune accusé qu'on ne connaît que par ses initiales.

L'accusé a plutôt préféré d'être jugé par un juge seulement et de plaider coupable à une accusation de meurtre non prémédité.

Élément déclencheur : un vol de vélo

À en croire la Couronne, un groupe d'élèves avait menacé la victime quelques jours avant le meurtre de leur donner sa bicyclette à la sortie de l'école sous peine d'être rouée de coups. Le jeune, qui se trouvait avec un ami, avait alors obtempéré.

Le vol avait été rapporté à la police, mais personne n'avait été arrêté.

Le jeune et son ami retrouveront le gang en possession de son vélo près de l'aréna de l'école le 7 octobre 2019, jour du meurtre.

L'ami, qu'on ne peut nommer non plus, avait alors décidé de confronter le groupe pendant que la victime tentait d'appeler sa mère au téléphone par l'intermédiaire de sa sœur.

Une foule importante participe à une veillée à la chandelle.

Des centaines de personnes avaient assisté le soir du 9 octobre à un rassemblement à la mémoire de la victime.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La confrontation s'est mal passée, puisque l'ami a été aspergé de poivre de Cayenne, le forçant à aller se rincer les yeux et le visage dans les toilettes de l'établissement.

La mère de la victime a eu vent que son fils l'avait appelée pour lui dire qu'il venait de retrouver sa bicyclette mais qu'il avait besoin d'elle. Elle s'était alors rendue à l'école dans sa voiture.

La victime a tenté de suivre les assaillants de son ami. Une véritable poursuite au pas de course s'en est alors suivie dans le quartier.

La mère de l'adolescent l'a repéré sur la chaussée et lui a demandé d'abandonner la course et de monter dans la voiture, mais son fils a refusé de l'écouter.

Une poursuite à la fin tragique

En rattrapant l'accusé, la victime a été poignardée dans le dos à la hauteur d'un poumon devant les yeux horrifiés de sa mère.

L'adolescent s'est écroulé dans les bras de sa mère (qu'on ne peut identifier non plus sous peine d'identifier la victime, NDLR).

La caméra d'un autobus de ville a capté la scène fatale et la vidéo a été présentée au juge par la Couronne après le plaidoyer de culpabilité.

La Couronne affirme que la victime a été transportée d'urgence à l'hôpital où son décès a été constaté. Elle précise que la blessure au couteau lui a brisé une côte et perforé le poumon droit.

Il a perdu rapidement et énormément de sang, son artère pulmonaire a été sectionnée, si bien que du sang s'est épanché dans ses voies respiratoires, explique-t-elle.

L'agresseur avait entretemps fui à pied la scène, mais il a vite été rattrapé par les policiers qui avaient été appelés au 911.

Les trois adolescents qui l'accompagnaient, deux garçons et une fille, ont également décampé dans différentes directions.

Arme du crime : un couteau de chasse

L'agresseur a un moment dans sa course demandé à la jeune fille de prendre le poignard, mais elle a refusé de lui obéir avant de le quitter.

Un petit canif violet a été retrouvé sur la chaussée dans la rue où l'agression s'est produite, mais ce n'était pas l'arme du crime.

La véritable arme, un poignard noir de 27 cm muni d'une lame acérée de 15 cm, ne sera retrouvée que le lendemain dans une jardinière de fleurs du quartier.

[L'accusé] a admis que son crime était insensé et injustifié, il savait en outre que sa victime pouvait mourir de ses blessures, même s'il n'avait pas l'intention de le tuer, affirme la Couronne.

Une ancienne voiture avec un ruban rose.

Un cortège de 60 voitures classiques décorées de rubans roses avait traversé la ville de Hamilton pour les funérailles de la victime, qui était passionnée de voitures anciennes.

Photo :  CBC

L'audience virtuelle nous a permis d'apprendre que l'accusé et la victime ne se connaissaient pas, mais fréquentaient la même école.

L'accusé y était inscrit dans un programme indépendant d'éducation spécialisée à cause de son taux d'absentéisme élevé en classe.

Le jeune meurtrier devra comparaître au tribunal le 17 décembre pour connaître la date de son audience sur la détermination de la peine.

La défense a d'ores et déjà demandé une peine pour jeune contrevenant. Elle a commandé entre temps un rapport d'évaluation psychiatrique et un rapport Gladue, parce que son client est autochtone par sa mère et son père.

Le jeune meurtrier est en détention préventive depuis son arrestation l'après-midi du meurtre.

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