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L’adoption du véhicule électrique passe par les infrastructures et le coût

Une femme à la recherche d'un objet dans son sac.

Une femme se prépare à brancher son véhicule électrique à Markham, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

L'incitation ne suffit pas pour opter pour un véhicule à émissions nulles par les Canadiens. L'infrastructure, le coût et la disponibilité du produit en sont également des facteurs clés.

Lorsque Judy Goodwin a voulu faire l'essai d'une voiture électrique, elle ne s'est pas rendue chez un concessionnaire. Elle s'est plutôt adressée à un établissement à but non lucratif du nord de Toronto appelé Plug'n Drive, qui cherche à accélérer l'adoption des véhicules électriques au Canada.

Il est difficile de s'en procurer , dit-elle à propos des véhicules électriques (VE). Ma sœur a essayé d'en acheter un et elle n'a pas pu en trouver un de disponible.

Non seulement Plug'n Drive dispose d'une salle d'exposition où les gens peuvent tester des véhicules à émissions zéro, mais son personnel est également composé d'ambassadeurs formés qui répondront aux questions sur la façon de recharger les véhicules, leur autonomie et leurs coûts.

« Nous avons constaté qu'à chaque fois, c'est l'expérience de l'essai qui convainc les gens. »

— Une citation de  Cara Clairman, PDG de Plug'n Drive

Que ce soit en raison du prix élevé de l'essence ou d'un sentiment d'urgence lié au changement climatique, de plus en plus de Canadiens envisagent de passer aux VE.

Des véhicules Ford Fusion dans le stationnement d'un concessionnaire.

Un client regarde une Ford Fusion garée dans un stationnement.

Photo : Getty Images / Paul Morris

Selon un récent sondage de KPMG, près de 70 % des Canadiens qui prévoient acheter un nouveau véhicule au cours des cinq prochaines années opteront probablement pour un véhicule électrique.

Mais en même temps, les voitures électriques ont représenté un peu moins de 4 % de toutes les ventes de véhicules l'année dernière. Pourtant, le Canada a fixé un objectif obligatoire pour que toutes les nouvelles voitures et camionnettes vendues dans le pays soient sans émissions d'ici 2035.

Pour atteindre cet objectif, les défenseurs de l'électricité affirment qu'il faut faire beaucoup plus. Selon une étude commandée par Transports Canada en 2020, près des deux tiers des concessionnaires au Canada n'avaient pas un seul véhicule électrique disponible pour l'achat ou l'essai routier.

Maintenant que la pandémie cause des problèmes dans la chaîne d'approvisionnement, la situation s'est aggravée.

Il est essentiel de stimuler l'offre pour relancer l'adoption de la voiture électrique par les Canadiens, a déclaré Merran Smith, directeur général d'Énergie propre Canada, un programme hébergé par l'Université Simon Fraser.

« Ils ne veulent pas acheter une nouvelle technologie à l’aveugle, et ils ne veulent pas mettre leur nom sur une liste et attendre 6 à+ 12 mois pour obtenir une voiture. Quand on a besoin d'une voiture, on en a besoin maintenant. »

— Une citation de  Merran Smith, directeur général d'Énergie propre Canada

Pour M. Smith, le gouvernement fédéral a besoin d'un mandat national fort autour des véhicules à émissions nulles. Il faut qu’il soit capable d’exiger que les concessionnaires automobiles du pays aient les voitures et vendent un certain pourcentage de véhicules [électriques].

L'accessibilité financière

Bien que les prix des véhicules à émissions nulles soient en baisse, ils demeurent plus chers que ceux à essence - jusqu'à 20 000 $ de plus, selon un récent rapport de la TD. Le VE le moins cher sur le marché, la Nissan LEAF de 2022, coûte 37 498 $ avant rabais.

Un véhicule électrique.

Les véhicules électriques plus abordables, comme la Nissan Leaf, sont conçus pour séduire les acheteurs d'entrée de gamme

Photo : Associated Press

Le gouvernement fédéral offre un rabais pouvant atteindre 5000 $. Selon M. Smith, ces incitations devraient être maintenues jusqu'à ce que les coûts des voitures électriques et des voitures à essence soient équivalents, et elles devraient également être destinées aux familles à faible revenu.

Ce sont souvent elles qui n'ont pas les moyens de payer les 5000 ou 10 000 $ supplémentaires nécessaires à l'achat d'un véhicule électrique. Mais ce sont elles qui vont bénéficier des économies réalisées.

Entretemps, les programmes de remise provinciaux varient considérablement. L'Ontario, l'Alberta, le Manitoba, la Saskatchewan et le Nunavut n'offrent actuellement pas d'incitatifs à l'achat de nouveaux véhicules à émissions nulles, mais les autres provinces et territoires ont des programmes solides.

Et les chiffres suggèrent que les incitations fonctionnent : le Québec et la Colombie-Britannique, qui offrent chacun des incitatifs intéressants pour les VE, sont également en tête du pays pour l'adoption de la voiture électrique.

Développer l'infrastructure

La disponibilité de l'infrastructure pour la recharge des piles est un autre obstacle à l'adoption de la voiture électrique. Le problème demeure entier aussi bien pour le conducteur qui part en voyage que pour celui qui réside et circule dans un centre urbain dense.

Selon Ressources naturelles Canada, il y a plus de 6000 bornes de recharge accessibles au public au Canada, et également quelque 12 000 stations-service.

Une station de recharge pour véhicule électrique.

Selon les défenseurs de la cause, l'un des obstacles à l'adoption généralisée des véhicules électriques est la disponibilité des infrastructures de recharge.

Photo : Reuters / Nacho Doce

Lors des dernières élections fédérales, les libéraux ont fait campagne sur un programme qui prévoyait de dépenser 700 millions de dollars supplémentaires pour créer 50 000 nouvelles stations de recharge électrique et à l'hydrogène. Si le gouvernement tient cette promesse, l'infrastructure du Canada s'en trouvera grandement renforcée.

Les entreprises s'attaquent également à la question des infrastructures. General Motors a récemment annoncé son intention d'installer 4000 bornes de recharge au Canada dans le cadre de son plan visant à investir davantage dans les véhicules électriques.

D'après le reportage de Nisha Patel (Nouvelle fenêtre), CBC News

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