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Reitmans retire les vêtements d’une usine soupçonnée de travail forcé nord-coréen

Des vestes de la marque Penningtons.

Les journalistes de CBC ont trouvé des vestes fabriquées par une usine soupçonnée d’utiliser de la main-d'œuvre nord-coréenne.

Photo : Katie Pedersen/CBC

Radio-Canada

Reitmans, le grand détaillant canadien de vêtements, retirera de ses magasins tous les stocks restants fabriqués dans une usine en Chine soupçonnée d'avoir recours au travail forcé nord-coréen.

La décision a été annoncée dans la soirée du 5 novembre sur le site web de l'entreprise et sur les réseaux sociaux après une enquête de l'émission Marketplace, de CBC.

« L'histoire décrite par la CBC a mis en lumière de nouvelles informations. »

— Une citation de  Extrait du communiqué de Reitmans

Le communiqué de presse plus long publié sur le site web de l'entreprise souligne que les audits précédents de l'usine n'ont pas trouvé de preuves de l'existence de travailleurs invités ou de travail forcé.

Les journalistes de CBC ont trouvé des vestes fabriquées par une usine soupçonnée d’utiliser de la main-d'œuvre nord-coréenne dans plusieurs établissements Penningtons de la région du Grand Toronto.

Le détaillant canadien spécialisé dans les vêtements pour femmes précise qu'il retirera non seulement une veste identifiée par Marketplace, mais aussi trois autres modèles Penningtons et deux modèles Reitmans qui provenaient de Dandong Huayang Textiles and Garment Co. Ltd, une usine chinoise située à la frontière de la Corée du Nord.

Le géant canadien de la vente au détail affirme qu'elle fera don des vêtements à des organisations caritatives locales.

Réactions mitigées

Beaucoup de consommateurs ont réagi favorablement à la décision de l’entreprise, la félicitant d'avoir pris des mesures, alors que d'autres sont plus critiques.

Stephanie Rook, une enseignante de 48 ans qui fait régulièrement ses courses chez Reitmans, a déclaré à Marketplace avant la diffusion de l’enquête qu'elle était déçue que le détaillant ait décidé de continuer à vendre des vêtements provenant de stocks plus anciens, même après avoir été mis au courant des allégations.

« Pourquoi a-t-il fallu que [Marketplace] mette cette histoire en lumière pour que Reitmans se rende compte de ce qui se passait réellement? »

— Une citation de  Stephanie Rook
Stephanie Rook.

Stephanie Rook, cliente de Reitmans

Photo : CBC News

L’entreprise, qui exploite 413 magasins au Canada, dont Reitmans, Penningtons et RW&CO, avait déclaré à Marketplace qu'elle avait cessé de soumettre de nouvelles commandes à l'usine en décembre dernier. Des allégations sur une possible utilisation de travailleurs nord-coréens dans des conditions de travail forcé avaient été formulées, mais un audit n’a pas permis de les confirmer.

Reitmans a donc continué à recevoir des vêtements qui étaient déjà en production, et en a vendu dans ses magasins jusqu'à la diffusion de l'émission de Marketplace vendredi dernier.

Le rôle des entreprises

Anika Kozlowski, professeure adjointe en mode, design, éthique et durabilité à l'Université Ryerson de Toronto, pense que les entreprises peuvent jouer un rôle plus actif en faisant pression sur les usines pour qu'elles agissent de manière éthique. Les codes de conduite et les audits ne fonctionnent pas, dit-elle.

« Ce n'est que lorsque quelqu'un vous montre du doigt [...] que nous avons soudainement ces mesures réactionnelles. »

— Une citation de  Anika Kozlowski, professeure adjointe en mode, design, éthique et durabilité, Université Ryerson de Toronto

Une plus grande transparence de la part des entreprises serait certainement utile, pense Mme Kozlowski.

La sénatrice Julie Miville-Dechêne sourit lorsqu'elle se fait prendre en photo dans un studio de Radio-Canada.

La sénatrice Julie Miville-Dechêne.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

La sénatrice Julie Miville-Dechêne tente depuis des années de faire adopter au Canada une loi sur la transparence qui obligerait les entreprises à surveiller leurs chaînes d'approvisionnement et à rendre compte de leurs conclusions.

Le fait que Reitmans ait été au courant des allégations concernant cette usine depuis si longtemps, mais qu'elle ait attendu que sa marque soit citée dans un reportage pour agir montre à quel point une loi sur la transparence pourrait être utile, conclut Mme Miville-Dechêne.

D'après le reportage de Katie Pedersen (Nouvelle fenêtre) et Anu Singh (Nouvelle fenêtre), CBC News

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