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70 personnes liées à la ’Ndrangheta condamnées à la prison en Italie

L'homme est filmé et photographié par la presse.

Le célèbre procureur antimafia Nicola Gratteri, dont les efforts pour vaincre la 'Ndrangheta ont contraint à vivre sous protection policière pendant plus de 30 ans.

Photo : Reuters / Yara Nardi

Agence France-Presse

La justice italienne a porté un coup dur samedi à la 'Ndrangheta, le groupe mafieux le plus puissant d'Italie, en condamnant 70 de ses membres et autres personnes ayant des liens avec elle, dans le cadre du plus grand procès de la mafia depuis la fin des années 1980.

Ils étaient accusés notamment d’association mafieuse, de tentative de meurtre, de blanchiment d'argent, de trafic de drogue, d’extorsion et de possession illégale d'armes.

Sur 91 accusés, 70 innocents présumés ont été condamnés, a déclaré le juge Claudio Paris, ajoutant que les personnes acquittées étaient des acteurs mineurs.

Le juge a lu les verdicts rendus à l'encontre de ces 91 accusés dans l'immense salle d'audience de la ville de Lamezia Terme, en Calabre, au sud du pays, où a lieu depuis janvier ce maxi-procès.

Les 91 accusés avaient opté pour un procès rapide, à huis clos, qui leur permettait, en cas de condamnation, de voir leur peine amputée d'un tiers.

Vingt ans de prison

Des huit pour lesquels l'accusation avait requis 20 ans de prison, six ont reçu la totalité de cette peine.

Il s'agit notamment de Domenico Macri, de la branche militaire du groupe, de Pasquale Gallone, le bras droit du chef présumé de la mafia Luigi Mancuso, dont le procès est toujours en cours, et de Gregorio Niglia, qui avait en particulier pour rôle de se procurer des armes et de se livrer à des extorsions.

Pasquale Gallone, 62 ans, a entre autres aidé à orchestrer les trois années de cavale de son patron à partir de 2014, deux ans après que Luigi Mancuso soit sorti de prison après y avoir passé 19 ans.

Environ un tiers des accusés a été condamné à des peines de 10 ans ou plus.

Les principaux accusés ont toutefois opté pour un procès normal, à savoir Luigi Mancuso, l'Oncle, 67 ans, considéré comme le chef des familles de la 'Ndrangheta qui dominaient la province de Vibo Valentia en Calabre, et l'ex-sénateur et avocat Giancarlo Pittelli, 68 ans.

Il reste encore 355 accusés qui doivent être jugés, la procédure étant prévue pour deux ans ou plus.

Les enquêtes ont pris plusieurs années et ont culminé avec des raids effectués en décembre 2019.

En 1986-1987, un légendaire maxi-procès avait porté un coup dur à la Cosa Nostra sicilienne, avec 338 condamnations.

La mafia calabraise

La 'Ndrangheta, basée en Calabre, la région la plus pauvre d'Italie, contrôle la majeure partie du flux de cocaïne qui entre en Europe.

Ce réseau d'environ 150 familles qui se disputent les postes au sein de l'organisation compte au moins 6000 membres et affiliés en Calabre et des milliers d'autres personnes le soutiennent dans le monde entier, selon les experts.

Bien qu'elle agisse désormais au niveau international et que ses gains soient réinvestis dans l'économie légale, la capacité de la 'Ndrangheta à infiltrer presque tous les segments de l'administration publique en Calabre lui a permis d'obtenir des contrats lucratifs et de consolider son pouvoir.

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