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L’Alberta veut devenir une exportatrice mondiale d’hydrogène

La stratégie provinciale pour produire de l’hydrogène qu'elle qualifie de propre repose sur une forte augmentation des opérations de capture de carbone.

Jason Kenney à un podium, le document à la main.

Jason Kenney brandit la feuille de route sur l'hydrogène que son gouvernement a développé afin de faire de la province une pionnière dans ce domaine.

Photo : Radio-Canada

La production d’hydrogène pourrait être « un nouveau chapitre dans la riche histoire de l’Alberta en tant qu’exportateur d’énergie mondiale », selon le premier ministre Jason Kenney.

La feuille de route présentée vendredi mise largement sur l’hydrogène dit « bleu », qui est produit à partir de gaz naturel, et la capture de carbone.

Selon le gouvernement albertain, la valeur du marché mondial d’hydrogène devrait atteindre 2,5 billions de dollars d’ici 2050.

L’Alberta a les ressources naturelles, la technologie et l’expertise pour devenir une exportatrice majeure d’hydrogène propre pour des marchés à travers le monde , croit le premier ministre, Jason Kenney.

Dans une feuille de route publiée vendredi, le gouvernement propose notamment de faciliter l’accès au capital pour les projets de production d’hydrogène et de miser sur des partenariats public-privé dans le secteur.

Le document souligne aussi l’importance de minimiser les risques pour les investisseurs en établissant des politiques à long terme.

Le gouvernement n’a pas annoncé de nouvel investissement dans le domaine, mais a souligné plusieurs annonces récentes, telles que la création d’un centre de recherche sur l’hydrogène et le lancement du programme incitatif pour l’industrie pétrochimique.

L’opposition officielle l’a accusé par communiqué de se donner des objectifs sans fournir le chemin pour s’y rendre.

L'hydrogène bleu en avant-plan

L’hydrogène ne produit aucun gaz à effet de serre (GES) lorsqu’il est brûlé comme combustible. Sa production peut toutefois en émettre très peu ou beaucoup, en fonction de la méthode choisie.

Dans sa feuille de route, l’Alberta se targue d’avoir une stratégie d’hydrogène propre. Son scénario le plus optimiste mènerait à une réduction de 14 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an en 2030.

La province a produit un peu plus de 275 mégatonnes de gaz à effet de serre en 2019.

La stratégie met beaucoup l’accent sur l’hydrogène dit bleu. Ce dernier est produit à partir de gaz naturel, mais couplé à la capture de carbone pour le rendre plus écologique.

Toutefois, dans la plupart des opérations, moins de 85 % du carbone est recapturé.

Un hydrogène pas si propre que ça, selon des experts

C’est insuffisant pour être considéré comme de l’hydrogène dit propre par des organismes de certification internationaux comme le projet CertifHy.

Un complexe industriel fait de tuyaux et de cheminées.

Le projet Quest, construit dans le région d'Edmonton par la pétrolière Shell, est un exemple d'usine à hydrogène bleu.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

La directrice des énergies fossiles responsables de l’Institut Pembina, Nina Lothian, croit qu’il y a encore des efforts à faire pour atteindre ces normes.

Les [récents projets] ont visé 95 % de capture, donc je pense que c’est raisonnable qu’on exige ces taux de capture là, dit-elle.

Elle souligne qu’il serait également important de réduire les émissions produites en amont, lors de l’extraction de gaz naturel.

« On a des émissions de méthane et des fuites [...qu’on] a les moyens de réduire sinon éliminer. On a besoin de faire ça aussi pour dire que l’hydrogène bleu est le plus propre possible. »

— Une citation de  Nina Lothian, directrice des énergies fossiles responsables, Institut Pembina

Elle se réjouit par ailleurs de voir que l’Alberta ne ferme pas du tout la porte à la production d’hydrogène par électrolyse à partir d’énergies renouvelables.

Ce type d’hydrogène, dit vert, a une très faible intensité carbone, mais il est plus coûteux.

En conférence de presse, le ministre associé du gaz naturel Dale Nally a même affirmé que le gouvernement était agnostique en termes de couleur d’hydrogène.

Amit Kumar, directeur de la Chaire de recherche en énergie et ingénierie des systèmes environnementaux de Cenovus/Université de l’Alberta/CRSNG, souligne que les ressources de l’Alberta avantagent la production d’hydrogène bleu. Il croit que la province n’a pas tort de miser sur ses forces dans un premier temps.

Pour l'instant, l'hydrogène vert ne constitue qu’environ 2 % à 5 % de l’hydrogène produit mondialement. Il y aura une transition au cours des prochaines décennies et [l’hydrogène vert] va commencer à pénétrer le marché [...], mais pendant cette période de transition l’Alberta est en bonne posture, estime le chercheur.

Selon lui, les infrastructures et l’expertise développées pour l’hydrogène bleu pourront être converties pour faire de l’hydrogène vert, lorsque l’appétit du marché l’exigera.

Avec des informations d'Andréane Williams, Janet French et Michelle Bellefontaine

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