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Un sous-verre remis aux clients pour détecter la drogue du viol

Un sous-verre sur une table.

L'Appartement bar ambiance offre désormais des sous-verres qui détectent la présence de drogues dans les boissons alcoolisées.

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Radio-Canada

Alors que de récentes perquisitions menées par le Service de police de Saguenay (SPS) ont permis de découvrir d'importantes quantités de GHB sur son territoire, les clients de L'Appartement Bar Ambiance à Chicoutimi reçoivent désormais un sous-verre qui permet de détecter la présence de la drogue du viol dans une consommation.

Le GHB est un véritable fléau. Incolore, inodore et sans saveur, cette substance a un effet sédatif puissant. Toute personne qui en ingère, ne serait-ce que quelques gouttes, devient donc amorphe et incapable de se défendre en cas d'agression sexuelle.

Je pourrais comparer ça à un état d'intoxication à l'alcool très avancé, a indiqué Luc Tardif, porte-parole du SPS.

De plus, si une victime veut porter plainte contre son assaillant, une mauvaise surprise l'attend. Le GHB est une substance qui reste très peu longtemps à l'intérieur du corps humain. C'est donc très difficile de retrouver des traces de GHB dans le sang d'une personne qui aurait été intoxiquée, a poursuivi Luc Tardif.

La drogue du viol est la hantise de bien des tenanciers. Ils misent souvent sur des moyens assez conventionnels pour éviter que cette substance indésirable ne se retrouve dans les verres des consommateurs à leur insu. On a des caméras. On a des agents de sécurité pour s'assurer que personne ne se fasse droguer sans le vouloir. [...] C'est toujours une personne de trop si ça arrive, a déploré Mathieu Roy, propriétaire de L'Appartement Bar Ambiance.

Le sous-verre personnalisé aux couleurs de l'établissement est remis aux clients. C'est juste un papier buvard avec un produit chimique qui réagit aux drogues, le GHB et la kétamine. Il s'agit de mettre un échantillon du drink ou de la bière. Si ça devient bleu, il y a matière à faire attention à son verre et à le changer, a expliqué Mathieu Roy.

L'annonce de cette initiative sur la page Facebook du bar a d'ailleurs été applaudie par de nombreuses femmes.

L'Appartement Bar Ambiance est situé sur la rue Racine, à Chicoutimi.

L'Appartement Bar Ambiance est situé sur la rue Racine, à Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Le recours à cette nouvelle stratégie de détection de la drogue du viol pourrait éventuellement faire boule de neige. Si vraiment ça fonctionne, c'est important que les propriétaires de bars soient conscients qu'ils ont quelque chose pour les aider à contrer ce phénomène-là. C'est vraiment criminel. C'est dangereux pour les jeunes femmes, a plaidé Renaud Poulin, directeur général de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec.

Toutefois, l'implantation à large échelle de cet outil pourrait se heurter à un obstacle de taille, selon Aika Hamelin-Lucas, intervenante et animatrice au sein de l'organisme d'action communautaire Élixir. L'enjeu, c'est qu'il y a un coût que les établissements doivent éponger pour pouvoir offrir ça. Ce ne sont pas nécessairement tous les milieux festifs qui ont les moyens de faire cette dépense-là, a-t-elle souligné.

Chaque sous-verre distribué à L'Appartement Bar Ambiance coûte approximativement deux dollars.

D'après un reportage de Catherine Gignac

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