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Jusqu’à 3 ans pour mettre en place l’offre active des services en français en Ontario

Affichette de bureau qui indique un service dans les deux langues officielles.

Le gouvernement de l'Ontario veut rendre obligatoire l'offre active dans les deux langues dans certains de ses ministères et organisations.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement ontarien a acquiescé à une demande de longue date des Franco-Ontariens en incluant dans son projet de loi déposé jeudi l’obligation de l’offre active dans les ministères et les organisations désignées en vertu de la Loi sur les services en français. Mais il pourrait falloir jusqu’à trois ans pour que cette offre active soit mise en œuvre dans toutes les régions désignées de la province.

Dans une rencontre technique tenue vendredi matin par des représentants du ministère des Affaires francophones de l’Ontario, ces derniers ont rappelé que l’offre active est déjà bien en place dans de nombreux secteurs.

Jeudi, le gouvernement a signifié son intention de l’enchâsser dans la loi, préciser ce que ça veut dire et comment ça devrait être mis en œuvre [...] pour que là où il semble y avoir ambiguïté, on va préciser essentiellement la façon de faire, indique une représentante du ministère.

L’offre active des services en français comprend certaines exigences sur les communications et l’affichage en français, mais pour mieux définir le concept, le gouvernement compte mettre à jour les règlements encadrant la prestation des services en français dans les services publics désignés ainsi que dans les tierces parties qui offrent des services au nom du gouvernement.

À la question de savoir quand tous les Franco-Ontariens doivent s’attendre à voir l’offre active devenir réalité, une représentante du gouvernement Ford a répondu que la mise en œuvre du projet de loi dans son entièreté est de trois ans.

Ça, c’est le délai prescrit, mais ça va être au fur et à mesure qu’on est en mesure d’amener l’offre active dans les différents points de service, a-t-elle ajouté.

Comment s’y prendre?

Les représentants du gouvernement ont indiqué que, pour arriver à mettre en œuvre l’offre active, les ministères poursuivraient le travail de planification qu’ils effectuent déjà afin de faire le point sur là où il y a des enjeux ou des lacunes [en matière de main-d’œuvre] et puis de mettre en place des mesures pour mettre en place ces services.

La directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario, Diane Quintas, salue le pas dans la bonne direction marqué jeudi par le gouvernement ontarien.

L’offre active, c’est un terme qui a besoin d’être expliqué, observe-t-elle toutefois en analysant ce que doit préciser la province.

une photo de type portrait de Diane Quintas.

Diane Quintas est la directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario.

Photo : Image : Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Il y a plein d’éléments qui font qu’une offre active va être bonne : le fait que t’as du personnel francophone de disponible pour desservir ton client francophone, le fait que ton client francophone soit identifié, que tes services en français soient identifiés, le hello/bonjour du personnel, ajoute-t-elle.

« [Il faut aussi] apprendre aux gens qui ne sont pas capables de servir le public en français ce qu’est leur rôle pour aider les clients francophones. Tout le monde a un rôle à jouer là-dedans. Ce n’est pas juste d’avoir du personnel bilingue, c’est aussi de dire à ton personnel anglophone : quand vous avez quelqu’un qui vous arrive qui est francophone, que devez-vous faire pour vous assurer que ce client reçoive les services en français? »

— Une citation de  Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario

L’organisme qu’elle dirige a d’ailleurs conçu une formation sur l’offre active des services en français qui est offerte très souvent. Mais même dans les régions et services désignés en vertu de la Loi sur les services en français, déplore Mme Quintas, l’offre active est toujours loin d’être une garantie même quand il y a de la capacité.

« Le fait de le mettre dans la loi, de mettre en place des structures rigoureuses qui vont encourager fortement cette offre active, c’est ça qui va faire une différence. Quand ça fait partie de la culture, de comment on fait les choses. »

— Une citation de  Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario

Des plans concrets, durables pour les organismes

Le Centre Victoria pour femmes, qui vient en aide aux femmes francophones victimes de violence conjugale, offre ses services exclusivement en français.

Mais de par la nature de son travail, signale la directrice générale Gaëtane Pharand, l’organisme doit aussi accompagner sa clientèle dans plusieurs agences ou organismes — parfois désignés en vertu de la Loi sur les services en français — où il n’y a pas d’offre active.

« On est en opposition souvent aux autres parce qu’on doit défendre, et moi je me suis vue pendant des heures de temps avec des dirigeants d’organismes en essayant de les convaincre du bien-fondé d’offrir des services en français et je quitte n’étant pas certaine du succès. »

— Une citation de  Gaëtane Pharand, directrice générale du Centre Victoria pour femmes
Le Centre Victoria pour femmes offre des services d’intervention individuelle et de groupe ainsi que de l’accompagnement, de l’aiguillage et représentation.

Gaëtane Pharand est directrice générale du Centre Victoria pour femmes.

Photo : Centre Victoria pour femmes

Elle signale que l’offre active est d’une grande importance pour les personnes en situation de vulnérabilité comme la clientèle de l’établissement qu’elle dirige.

Ainsi, les agences qui ont pris l'engagement d'offrir des services en français devraient mettre en place des choses très, très concrètes, durables, permanentes.

Si j'ai prévu que, si une personne doit s'absenter pour un congé de maladie ou pour une absence quelconque, je vais la remplacer par une personne qui a la capacité [de parler français]. Il faut que ces plans-là soient prévus pour s'assurer que les services soient disponibles en tout temps, illustre Mme Pharand.

« Ce n'est pas suffisant de mettre une affiche dans les deux langues pour démontrer qu'on est ouvert à la francophonie. Pour moi, c'est de la fausse propagande si, quand j'arrive à la porte, il n'y a pas de service. »

— Une citation de  Gaëtane Pharand, directrice générale du Centre Victoria pour femmes

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