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Rapport Bastarache : l’accueil est mitigé du côté de la communauté universitaire d’Ottawa

Des étudiants sur le campus de l'Université d'Ottawa

Des étudiants sur le campus de l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Radio-Canada

Les réactions sont partagées sur le campus de l'Université d'Ottawa au lendemain de la publication du rapport du Comité sur la liberté universitaire présidé par l'ancien juge de la Cour suprême Michel Bastarache.

Le Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa s'est empressé de publier un communiqué pour signaler son désaccord avec le principe général qui découle du rapport. En entrevue vendredi, le président du syndicat, Tim Gulliver, a indiqué que la communauté étudiante était déçue par les conclusions de celui-ci.

Nous pensons que le rapport est passé à côté d’une opportunité de mettre de l’avant la voix et la perspective des gens qui sont le plus affectés par l’utilisation des mots racistes et discriminatoires, dont les étudiants racisés et marginalisés, a-t-il souligné. Il va plus loin en ajoutant que ce document ne présente qu'un point de vue restreint, soit celui des universitaires.

Un homme en entrevue.

Tim Gulliver, président du Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

« Nous voulons que la liberté académique reconnaisse que les concepts et les sociétés évoluent. »

— Une citation de  Tim Gulliver, président du Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa

Les mots ont un impact, a-t-il rappelé. Nous ne pensons pas que la liberté académique devrait permettre à un professeur d’utiliser des mots racistes dans une salle de classe, nous voulons plutôt que la liberté académique reflète que nous sommes une société plus diversifiée et ouverte.

Ce dernier a aussi indiqué qu'il aurait préféré que les ressources qui seront mises en place pour élaborer un nouveau comité permanent d'examen soient plutôt allouées au combat contre le racisme systémique au sein même de l'université. M. Gulliver a assuré que le Syndicat étudiant allait continuer à faire valoir son point de vue à ce sujet.

Un sujet sensible sur le campus

Des étudiants rencontrés sur le campus appellent à plus de sensibilité face aux réalités des personnes issues des minorités. Ils estiment qu'il est primordial de prendre le pouls de la salle de classe lorsque la matière enseignée porte sur des sujets sensibles.

Si les gens sont inconfortables avec l’usage du "mot en n" par exemple, il faut s’adapter pour ces étudiants-là, a mentionné Douglas Connell, étudiant en anthropologie. Je considère qu’il est important d’enseigner ce qu’est le racisme.

Des étudiants sur le campus de l'Université d'Ottawa

Des étudiants sur le campus de l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Dans le cas précis de la professeure Verushka Lieutenant-Duval, il estime que son discours était pertinent, mais qu’elle aurait très bien pu substituer les propos qu’on lui reproche par des formules moins crues.

C'est une opinion que partage Daphnée Veiller-Michaud, également étudiante. Moi je me dis, pourquoi le dire? On peut facilement expliquer l’histoire de ce mot-là sans le dire, a-t-elle résumé.

« Ce n’est pas une question de liberté académique, c’est plus une question de respect. »

— Une citation de  Daphnée Veiller-Michaud, étudiante

Dans toute cette histoire, Mme Veiller-Michaud a l’impression que les professeurs n’ont pas pris la peine de consulter les communautés touchées par cet enjeu avant d’aborder ce genre de sujet en classe.

Imagine que tu as vécu un traumatisme par rapport à ce mot-là, tu arrives à l’école et le professeur l’utilise, comment est-ce que tu te sentirais, a-t-elle demandé. Parlez à la communauté afro-américaine, c’est à eux qu’il faut poser la question.

Des questions du côté du personnel

Le recteur de l'Université d'Ottawa Jacques Frémont a déjà indiqué qu'il comptait appliquer les recommandations contenues dans le rapport.

Si le rapport a été accueilli plus favorablement du côté du personnel, le vice-président de la mobilisation des membres à l'Association des professeurs à temps partiel de l'Université d'Ottawa, Luc Angers, a soulevé plusieurs questions relativement à la recommandation d'instaurer un comité permanent d’examen et de mise en œuvre de la politique sur la liberté d'enseignement et la liberté d’expression.

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Luc Angers, vice-président de la mobilisation des membres à l'Association des professeurs à temps partiel de l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

« Qui va faire partie de ce comité permanent? Qui va prendre le rôle du chien de garde? Est-ce que les profs à temps partiel vont en faire partie? »

— Une citation de  Luc Angers, vice-président de la mobilisation des membres à l'Association des professeurs à temps partiel de l'Université d'Ottawa

Il a également déploré le fait que les recommandations ne soient pas chiffrées. Ça reste quand même des vœux pieux [...] il n’y a aucune allocation budgétaire qui fait en sorte qu’on va mettre de l’argent là-dedans, a fait valoir le vice-président.

M. Angers a concédé que le document conférait des paramètres plus clairs à appliquer en classe, mais ce dernier ne croit pas que ce soit suffisant pour éviter les litiges à ce sujet.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka

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