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L’exigence d’un test PCR à la frontière doit être réévaluée, estime la Dre Tam

Une voyageuse porte un masque et tire sa valise.

Tous les voyageurs entrant au Canada, y compris les Canadiens, doivent actuellement présenter un résultat négatif d'un test de dépistage de la COVID-19 datant de moins de trois jours.

Photo : Getty Images / COLE BURSTON

La Presse canadienne

Les exigences en matière de tests pour les voyageurs vaccinés contre la COVID-19 à la frontière canadienne doivent être réexaminées, en particulier pour les courts trajets, selon l'administratrice en chef de la santé publique.

Vendredi, l'Agence des services frontaliers du Canada a réitéré les exigences de test pour les voyageurs vaccinés entrant au Canada avant la réouverture de la frontière avec les États-Unis la semaine prochaine.

Mais cette politique est activement examinée, a déclaré la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique.

Juste pour rassurer tout le monde [...] nous examinons cela très attentivement, a-t-elle déclaré lors d'une séance d'information, vendredi.

Aucun changement ne sera toutefois apporté avant lundi, lorsque les États-Unis rouvriront leur frontière terrestre aux Canadiens vaccinés, selon un porte-parole du ministre fédéral de la Santé.

Actuellement, toute personne entrant au Canada doit présenter un test moléculaire récent qui montre un résultat négatif d'un test de dépistage de la COVID-19 afin d'entrer au Canada.

À un coût de 150 $ à 300 $ par test, cela peut être une obligation coûteuse, en particulier pour les familles.

Des voix s'élèvent des deux côtés de la frontière

Quatre maires du Canada et des États-Unis ainsi qu'un représentant démocrate de l’État de New York, Brian Higgins, tiendront une conférence de presse conjointe lundi pour réclamer la fin de l'obligation de présenter un test PCR pour entrer au Canada.

Dans leur invitation aux médias, les cinq élus estiment que cette mesure constitue un obstacle à la circulation transfrontalière, à la réunification des familles et à la reprise des affaires. De plus, affirment-ils, la nécessité de ce test n'est pas fondée sur la science et représente un coût inutile qui crée une inégalité évidente entre les familles qui peuvent se permettre de payer ce coût et celles qui ne le peuvent pas.

Les élus doivent s’adresser aux médias lundi matin à 9 h 30.

Les opposants ont été particulièrement frustrés par la politique relative aux courts trajets par la frontière américaine, qui permet aux voyageurs de se faire tester au Canada avant de passer jusqu'à 72 heures aux États-Unis, puis de présenter leur test canadien négatif pour rentrer au pays.

Je ne suis pas sûr de comprendre la justification du test des voyageurs qui se rendent aux États-Unis pour un très court voyage, a déclaré le Dr Irfan Dhalla, coprésident d'un groupe consultatif fédéral sur les tests et le dépistage de la COVID-19.

« Même si nous devions exiger des tests de ces voyageurs, un test effectué au Canada, avant même le début du voyage, ne serait pas utile. »

— Une citation de  Dr Irfan Dhalla, coprésident d'un groupe consultatif fédéral sur les tests et le dépistage

Si l'on craint que le voyageur ne soit infecté aux États-Unis, il serait plus logique de faire un test quelques jours après son retour au Canada, compte tenu de la période d'incubation du virus, a-t-il déclaré.

La politique visait initialement à réduire la transmission de chaque côté de la frontière et à éviter aux personnes des communautés frontalières de devoir passer un test aux États-Unis lors d'une courte escapade, selon la Dre Tam.

Mais je pense que tout cela doit être réexaminé, comme nous le faisons avec toutes les mesures frontalières, a-t-elle déclaré.

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Les mesures frontalières de lutte contre la COVID-19 sont régies par un décret qui doit expirer le 21 novembre, de sorte que les autorités canadiennes devront décider de les renouveler, de les modifier ou de les supprimer complètement.

Des pour et des contre

Une table ronde de militants pour le tourisme et les voyages a examiné les exigences de test pour les voyages transfrontaliers et a déclaré que la politique pour les courts séjours n'a aucun sens.

Qu'est-ce que cela vous dirait sur ce que l'individu a fait pendant son absence et s'il a ou non constitué une menace?, s'est interrogé Perrin Beatty, le président de la Chambre de commerce du Canada, qui s'est exprimé jeudi au nom du groupe. Cela ferait simplement augmenter les coûts pour les voyageurs sans offrir aucune sécurité supplémentaire aux Canadiens, a-t-il ajouté.

Certains experts en santé publique ont défendu la politique, bien qu'ils reconnaissent qu'un test effectué au Canada ne dira rien aux autorités frontalières sur ce à quoi les voyageurs ont été exposés un jour ou deux plus tard.

Vous ne voulez pas qu'ils arrivent à une frontière canadienne et exposent potentiellement d'importants employés de première ligne, a expliqué Susan Bondy, professeure agrégée à l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto.

Le test permet également une meilleure cohérence à la frontière sans obliger les Canadiens à se faire tester aux États-Unis lors de leur courte visite, a déclaré le Dr Kwame McKenzie, PDG du Wellesley Institute, qui a également fait partie du groupe consultatif sur les tests du gouvernement fédéral.

Cela semble ridicule, a-t-il reconnu, mais ils essaient de s'aligner sur le fait que vous devez passer des tests pour entrer au Canada. Ce n'est pas aussi fou qu'il y paraît.

Une situation enviable

En ce qui concerne les exigences de test pour les voyageurs vaccinés en général, M. McKenzie a déclaré que les normes de sécurité du Canada pour les voyageurs sont plus élevées que celles de certains autres pays.

C'est une des raisons pour lesquelles le Canada a l'un des taux d'infection et de mortalité les plus bas par million d'habitants, a-t-il mentionné.

Les tests empêchent probablement certaines personnes infectées par la COVID-19 de traverser la frontière, mais la question est de savoir combien. Il est cependant difficile de savoir combien de personnes ont dû annuler leurs plans parce qu'elles ont été déclarées positives, car il n'y a aucun moyen de le comptabiliser.

L'administrateur adjoint de la santé publique, le Dr Howard Njoo, a déclaré que même certains de ceux qui sont entrés au Canada en vertu des règles actuelles ont reçu un résultat positif au test une fois arrivés au pays. Les plus récentes données de la santé publique montrent que c'est le cas d'environ 0,18 % des voyageurs vaccinés.

Cela peut sembler un pourcentage très faible, mais si le nombre de voyageurs qui reviennent au Canada augmente, le nombre absolu de voyageurs qui entrent et qui sont infectés par la COVID-19 pourrait finir par être un nombre important, a-t-il déclaré.

Vendredi, la Dre Tam a averti que bien que la quatrième vague de la pandémie va dans la bonne direction au pays, le Canada est toujours vulnérable à l’apparition d’une autre vague.

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