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Rencontre avec un homme de son temps : Yves Montand

Photo d'Yves Montand prise durant l'enregistrement de l'émission Music Hall à Radio-Canada le 13 décembre 1959.

Yves Montand est décédé le 9 novembre 1991

Photo : Radio-Canada / Henri Paul

Radio-Canada

Le 9 novembre 1991 décédait à l’âge de 70 ans Yves Montand. Durant toute sa vie, l’artiste aura été, comme le montrent des reportages de Radio-Canada, un chanteur, un acteur, mais aussi un citoyen engagé.

Un artiste adulé dans le monde

« Avec sa disparition, la France vient de perdre un de ses plus grands artistes. Montand le chanteur, Montand le comédien, l’homme engagé…  »

— Une citation de  Charles Tisseyre, 1991

Téléjournal, 9 novembre 1991

C’est par ces deux phrases que l’animateur du Téléjournal du 9 novembre 1991 Charles Tisseyre présente le reportage biographique sur Yves Montand du correspondant de Radio-Canada à Paris, Raymond Saint-Pierre.

Comme le rappelle le journaliste, Yves Montand, qui se nommait alors Ivo Livi, est né en 1921 en Italie et connaît une enfance pauvre d’immigré à Marseille.

Son échappatoire? Le cinéma américain et ses vedettes, dont le danseur Fred Astaire.

On trouve Yves Montand dans les cabarets dès le début des années 1940. Sa carrière s’envole quand Édith Piaf le prend sous son aile.

En 50 ans de vie artistique, souligne Raymond Saint-Pierre, sa voix chaude et caressante séduira les publics du monde entier.

Plusieurs des chansons interprétées par Yves Montand se confirment ou deviennent des classiques du répertoire français.

Le temps des cerises, La bicyclette, C’est si bon, Les feuilles mortes, entre autres, sont des chansons connues et fredonnées à travers la planète.

Yves Montand est aussi très populaire au Canada. Dans le cadre d’une tournée triomphale en Amérique du Nord, l’artiste se retrouve à Montréal en 1959.

Premier plan, 29 novembre 1959 (extrait)

Il rencontre alors le journaliste Gérard Pelletier, qui l’interviewe durant l’émission Premier plan le 29 novembre 1959.

Gérard Pelletier l’interroge notamment sur le choix de ses chansons.

Yves Montand explique qu’il ne chante que ce qui lui plaît vraiment et que le style importe peu.

Une autre considération essentielle est la place qu’une chanson peut avoir dans le déroulement d’un spectacle.

« C’est tellement beau de voir un artiste comme ça. […] J’ai le cœur plein. »

— Une citation de  Le metteur en scène André Brassard, 1982

L’histoire d’amour du Canada avec Yves Montand ne s’est pas limitée à la tournée de 1959.

En 1982, il revient au Canada, notamment à Ottawa.

Au jour le jour, 27 septembre 1982

Comme le confirme le reportage du journaliste Daniel Pinard présenté à l’émission Au jour le jour le 27 septembre 1982, le public sort du spectacle complètement conquis.

Le reportage montre aussi des moments de la conférence de presse qu’Yves Montand a exceptionnellement donnée à Ottawa. Il y parle du rôle des chansons et du trac qu’il éprouve encore devant un public qu’il ne veut pas décevoir.

Une étoile du cinéma et un citoyen engagé

« Vas-y Montand, vas-y, vas-y, dis-le-lui ! C’est maintenant qu’il faut le dire ! Ne le dis pas quand tu seras à Paris ! Dis-le à lui, ce sont les responsables… »

— Une citation de  Yves Montand se remémorant en 1991 sa confrontation avec Nikita Khrouchtchev à Moscou en 1956

Le reportage de Raymond Saint-Pierre nous rappelle qu’Yves Montand a aussi été une grande vedette de cinéma.

Il crève l’écran avec son rôle du conducteur de camion Mario dans le film Le salaire de la peur d'Henri-Georges Clouzot (1953).

Yves Montand jouera également des rôles très engagés politiquement au cinéma. Il a notamment tourné plusieurs films avec le cinéaste franco-grec Costa-Gavras.

En 1970, par exemple, Yves Montand interprète le rôle d’Artur London dans le film L’Aveu.

Format 60, 15 décembre 1970

Lors du tournage de ce film de Costa-Gavras, Yves Montand accorde une interview qui est diffusée à l’émission Format 60 le 15 décembre 1970.

L’Aveu, explique l’animateur de l’émission Michel Pellan, est un film sur les abus des régimes communistes en Europe de l’Est au début des années 1950, à l’époque de Joseph Staline.

Le film décrit les pressions physiques et psychologiques exercées sur Artur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, durant son procès politique en 1951.

Durant l’entrevue, on voit Yves Montand alors qu’il joue Artur London.

L’acteur est sale et émacié, et a perdu plusieurs kilos pour jouer le rôle.

Ses propos sont enflammés, car il dénonce avec passion à la fois les horreurs des régimes communistes et l’aveuglement volontaire des militants communistes (notamment en France) de ces dernières.

La colère d’Yves Montand s’explique par son parcours personnel.

Sa famille a fui la dictature fasciste de Mussolini en Italie.

Ses parents, son frère, sa sœur étaient des communistes convaincus et des admirateurs du dirigeant soviétique Joseph Staline. C’était aussi le cas de sa compagne, l’actrice Simone Signoret.

Mais en octobre 1956, Yves Montand a amorcé une rupture avec le communisme provoquée par l’invasion de la Hongrie par l’Union soviétique.

Un moment mythique dans la vie d’Yves Montand est lié à cette agression.

Alors qu’il effectue une tournée en Union soviétique, il confronte les dirigeants, dont le secrétaire général du Parti communiste soviétique Nikita Khrouchtchev, pendant quatre heures, sur les raisons de l'invasion de la Hongrie.

Scully rencontre, 10 mars 1991

Ce moment, Yves Montand le raconte dans un extrait d’une entrevue qu’il accorde à l’animateur Robert Guy Scully et qui est diffusée à l’émission Scully rencontre le 10 mars 1991.

La vedette confirme aussi toute la difficulté qu’il a eue à rompre irrémédiablement avec le communisme.

Il a initialement fait confiance aux réformes entreprises par Khrouchtchev à la fin des années 1950.

Mais le communisme est impossible à réformer, constate-t-il.

L’invasion de la Tchécoslovaquie et l’écrasement de ce qu’on appelle le printemps de Prague en 1968 scellent la rupture définitive d’Yves Montand avec cette idéologie.

On verra par la suite Yves Montand aux côtés des exilés politiques qui ont fui la dictature du général Pinochet au Chili, ou encore avec Lech Walesa qui lutte pour la création d'un syndicat indépendant du régime communiste en Pologne.

Sur scène, à l’écran ou dans la rue, Yves Montand a chanté et défendu l’amour et la liberté toute sa vie.

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