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Le Cirque du Soleil revient avec un hommage à l’art de l’animation de Disney

Des acrobates sont sur scène.

Le spectacle «Drawn to Life» à Orlando, en Floride

Photo : MATT BEARD

Radio-Canada

Le 18 novembre, le Cirque du Soleil dévoilera au public son nouveau spectacle, le premier après plus d’un an et demi de pandémie. Présenté en résidence à Disney World, en Floride, Drawn to Life revisite par le cirque l’art de l’animation pratiqué par Disney depuis près d’un siècle.

Quatre ans après la fin du spectacle La nouba, qui a tenu l’affiche pendant 19 ans à Disney World, le Cirque du Soleil propose une nouvelle création circassienne inspirée de l’univers de Disney. 

L’entreprise américaine a laissé carte blanche au Cirque du Soleil, lui demandant juste d’intégrer des personnages de Disney au spectacle. Mais pas question, ni pour l’auteur et metteur en scène, Michel Laprise, ni pour le directeur de création, Fabrice Becker, de faire exécuter des acrobaties à Mickey ou à Pluto sur scène. 

« C’est un spectacle du Cirque du Soleil, alors il faut qu'on soit très authentiques », a souligné Michel Laprise à Catherine Richer, chroniqueuse culturelle au 15-18

Sept artistes sont réunis autour d'une table à dessin sur scène.

La table à dessin se retrouve dans le spectacle.

Photo : MATT BEARD

Hommage à l’animation en 2D

L’équipe a tout de même trouvé un moyen de concevoir un spectacle qui respecte à la fois l’ADN du Cirque du Soleil et le souhait de Disney en observant les animateurs et animatrices en pleine fabrication de dessins animés.

Je ne savais pas que l’art de l’animation était très physique et viscéral, a expliqué Michel Laprise. Un animateur va souvent travailler avec un petit miroir et [s’y regarder] pour dessiner une expression du visage.

Au point qu’un animateur travaillant sur La Belle et la Bête a eu besoin de massages en fin de journée tellement il était courbaturé à force d’avoir le corps tendu pour dessiner le personnage de la Bête, qui est crispé dans toute la première partie du film.

« Les personnages naissent sur le papier sur la table d'animation. La vie naît entre les feuilles, et cette vie est aussi intense que celle [animant] le corps des acrobates ou des musiciens. On a donc tout de suite vu un parallèle avec [le travail] très organique que l’on fait. »

— Une citation de  Michel Laprise, auteur et metteur en scène

Drawn to Life se veut donc une célébration de l’art de l’animation en 2D, en projetant des personnages à l’état brut, sous forme d’esquisses notamment. 

L’incursion des personnages [dans le spectacle] se fait à travers le regard d’une jeune fille – l'héroïne du spectacle, a précisé Fabrice Becker. Michel a écrit une histoire universelle qui va toucher n'importe quel enfant qui a grandi en regardant les dessins animés de Disney et un petit peu chaque enfant en nous.

Le spectacle raconte l’histoire de Julie, âgée de 12 ans, qui découvre une lettre dans laquelle son défunt père, un professionnel du dessin animé, lui demande de terminer un dessin qu’il a laissé inachevé.

Deux personnes portant des costumes colorés sont sur scène.

Julie l'héroïne du spectacle avec un personnage de crayon.

Photo : Matt Beard

Une double roue de la mort 

Dans Drawn to Life, des acrobates réalisent un numéro sur un agrès appelé la roue de la mort. D’habitude, cette structure est composée de deux cylindres reliés par un axe pivotant. Cette fois, la roue de la mort comporte quatre cylindres sur lesquels des artistes se tiennent en équilibre.

Visuellement, c'est époustouflant, et acrobatiquement, ça nous permet d'aller beaucoup plus loin, a affirmé Michel Laprise. 

Cette double roue fait écho à The Old Mill, [un court métrage animé de Disney datant de 1937 qui montre] un vieux moulin avec ses quatre ailes défiant la tempête, a ajouté Fabrice Becker. On ne pouvait pas choisir un numéro juste pour sa beauté, mais on voulait réellement créer du sens avec le thème de l’art de l’animation.

Quatre artistes sont sur une double roue de la mort

La double roue de la mort dans le spectacle « Drawn to Life »

Photo : Cirque du Soleil/Mathieu Poirier

Des clins d’œil musicaux aux films Disney

Côté musique, c’est Benoît Jutras qui signe la trame sonore de Drawn to Life. Ce compositeur québécois est un habitué du Cirque du Soleil, car c’est lui qui a signé les mélodies d’une partie de Mystère, de Quidam, de La nouba et de O, quatre spectacles du Cirque du Soleil lancés respectivement en 1993, en 1996 et en 1998.

Benoît fait son grand retour, et ce qu'il est en train de faire, c'est véritablement une grande œuvre, affirme Michel Laprise, qui souhaitait travailler avec lui depuis plusieurs années. 

Pour donner de l’ampleur à la trame sonore, des séances d’enregistrement ont été organisées avec des chœurs et un orchestre à Montréal.

Un homme fait le grand écart dans les airs.

Le spectacle offre notamment un numéro de « crayon aérien ».

Photo : MATT BEARD

La bande sonore est ponctuée de clins d’œil musicaux au répertoire de Disney, mais sans inclure de chansons à proprement parler. 

On ne voulait pas de paroles, car on pense que si l'on a une ou deux lignes d’une mélodie connue, les gens vont la fredonner dans leur tête ou dans leur cœur, a expliqué le metteur en scène. 

Ça nous donnait plus de liberté, mais ça prenait beaucoup d'audace, de doigté, de goût et d'intelligence pour intégrer des petites lignes mélodiques ici et là à la musique originale. Et Benoît le fait de façon époustouflante avec beaucoup de tact.

Le public pourra ainsi reconnaître des notes de La Belle et la Bête, entre autres.  

Entre excitation et gratitude

La première de Drawn to Life devait être présentée au printemps 2020, mais la pandémie est venue reporter ce moment de 20 mois. Ces mois-là ont permis de faire un pas en arrière pour se rendre compte des forces du spectacle et le rendre encore meilleur, a dit Michel Laprise. 

L’équipe en a profité pour intégrer deux autres numéros ainsi que pour changer à la fois la musique et la chorégraphie du numéro final.

Une femme fait du monocycle.

Les répétitions se poursuivent en vue de la première du spectacle prévue le 18 novembre.

Photo : Cirque du Soleil/Matt Beard

Michel Laprise voit dans Drawn to Life un nouveau souffle pour le Cirque du Soleil, qui a été ébranlé par la pandémie. 

On fait une création post-pandémie, et quelque chose me rappelle les débuts du Cirque du Soleil; la gang qui, malgré l’adversité, réussit à créer et à rendre le public heureux, a dit le metteur en scène, qui pense que l’on s’en va vers un nouvel âge d’or des arts vivants.

À quelques jours du grand lever de rideau, les deux hommes se sentent donc excités comme si c'était un matin de Noël, mais aussi privilégiés.

« On est conscients de l'impact que ce spectacle devrait avoir sur l'histoire du Cirque, [...] on veut que les gens qui étaient derrière nous soient fiers du spectacle. »

— Une citation de  Fabrice Becker, directeur de création

On le doit aussi à tout le monde à Montréal, dans les bureaux, qui ont travaillé à la reprise, qui nous ont encouragés et qui ont remis de l’argent, renchérit son collègue. On est tellement plein de gratitude.

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