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Des formations politiques se taillent une place sur la scène municipale dans la région

Des équipes et des partis municipaux ont vu le jour dans la région dans le cadre de cette campagne électorale; un phénomène qui a été très peu présent en Mauricie et au Centre-du-Québec ces dernières années.

Les sept personnes, dont François Gagnon, debout devant la pancarte de la mairie.

Les six conseillers et le maire de l'Équipe François Gagnon à Saint-Justin, en Mauricie, ont tous été élus sans opposition.

Photo : Gracieuseté de François Gagnon

François Gagnon a bien failli ne pas se représenter à la mairie de Saint-Justin, mais l’idée de former une équipe avec des candidats aux postes de conseillers l’a convaincu de poursuivre son aventure municipale.

On est allé chercher des gens qu’on connaissait, avec une expérience solide dans divers domaines, [des personnes] qu’on considérait avoir du talent et qui apporteraient un plus à la Municipalité, raconte-t-il.

« Le fait de présenter une équipe, ça montre du sérieux. »

— Une citation de  François Gagnon, maire de Saint-Justin et membre de l’Équipe François Gagnon

François Gagnon et toute son équipe ont été élus sans opposition au terme de la période de fin des candidatures, au début d'octobre.

Les sept personnes, dont François Gagnon, debout devant la pancarte de la mairie.

Les six conseillers élus et le maire élu de l'Équipe François Gagnon à Saint-Justin, en Mauricie

Photo : Gracieuseté de François Gagnon

Au Centre-du-Québec, le conseiller sortant de Sainte-Hélène-de-Chester Christian Massé affirme qu’il ne se serait jamais présenté à la mairie s’il n’avait pas fait partie d’une équipe.

Il trouvait important de regrouper des candidats réunissant des gens d’une multitude d'âges, de caractères, de compétences et de champs d’intérêt.

« Former une équipe, c’était la façon la plus certaine de pouvoir faire avancer les choses dans notre municipalité. »

— Une citation de  Christian Massé, maire de Sainte-Hélène-de-Chester
Christian Massé et six conseillers debout dans une pièce.

Le maire élu de Sainte-Hélène-de-Chester (au fond à droite), au Centre-du-Québec, en compagnie des conseillers élus qui font partie de l'Équipe Sainte-Hélène.

Photo : Gracieuseté de Christian Massé

Christian Massé et les six conseillers qui se présentaient pour l’Équipe Sainte-Hélène ont été élus sans opposition.

Un parti et cinq équipes en Mauricie et au Centre-du-Québec

En vertu de la loi électorale, seules les villes de plus de 5000 habitants peuvent former des partis politiques au niveau municipal. Dans les plus petites municipalités, les candidats peuvent se regrouper en équipes, des organisations qui sont moins complexes que les partis. Autre différence : les équipes ne reçoivent pas de financement public en vertu du pourcentage de vote reçu.

Action civique de Trois-Rivières a fait son entrée cette année sur la scène municipale en tant que parti politique. Six candidats de ce parti tentent de se faire élire à un poste de conseiller.

De plus, cinq équipes se sont formées sur le territoire pour ces élections-ci : deux en Mauricie et trois au Centre-du-Québec. Seule la Municipalité de Sainte-Monique est habituée à ce que les candidats soient regroupés en équipe. Ailleurs, il s’agit d’une première depuis de nombreuses années.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Tous les membres de ces équipes ont été portés au pouvoir sans opposition, sauf à Saint-Édouard-de-Maskinongé.

Le maire sortant Réal Normandin affronte de nouveau Johanne Champagne, qui fait maintenant partie de l'Équipe Progrès St-Édouard et qui avait perdu en 2017 par trois voix face à ce même adversaire.

Deux des six conseillers de l’Équipe Progrès St-Édouard ont déjà été élus sans opposition. Quatre autres membres tenteront d’aller les rejoindre à l’hôtel de ville le 7 novembre.

Les cinq équipes de la région ont présenté un candidat à la mairie, alors que le parti Action civique de Trois-Rivières n'en a pas.

Portrait provincial

  • Le Québec compte 198 équipes reconnues par les présidents d’élections, dont 5 en Mauricie et au Centre-du-Québec. Il y a, en tout, 913 municipalités comptant moins de 5000 habitants.
  • Environ 180 partis politiques municipaux sont enregistrés auprès d’Élections Québec; ils sont répartis dans quelque 80 villes de plus de 5000 habitants, dont un à Trois-Rivières.

Source : Élections Québec

Une équipe, une pensée?

Le maire sortant de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Réal Normandin, qui se présente à la mairie comme candidat indépendant, ne croit pas au concept d’équipes.

« Si on forme une équipe, dans mon livre à moi, on fait fausse route. »

— Une citation de  Réal Normandin, candidat à la mairie de Maskinongé

Une équipe, ça dit : "Ton droit de parole, c’est comme [s’il fallait que tu appuies] l’ensemble", mais moi, mon désir, c’est d’avoir l’opinion de tout le monde, de faire un débat indépendant, dit-il. On n’est pas là pour plaire ou déplaire [à une équipe]. Il veut que tout le monde soit à l’aise de dire ce qu’il pense.

La candidate à la mairie de Sainte-Édouard-de-Maskinongé Johanne Champagne, qui a déjà été conseillère municipale, veut encourager la diversité d’opinions, même si les candidats sont regroupés au sein d’une même équipe. Si [des membres de l’Équipe] veulent voter contre une proposition, ils votent contre; ça, c’est absolument nécessaire et c'est sain dans une démocratie, explique-t-elle.

« Les gens qui sont avec moi ont une forte personnalité, donc ils vont défendre leur point. »

— Une citation de  Johanne Champagne, candidate à la mairie et membre de l’Équipe Progrès St-Édouard
Johanne Champagne et six personnes debout dehors, devant la pancarte de l'hôtel de ville.

La candidate à la mairie de Saint-Édouard-de-Maskinongé Johanne Champagne (en avant vers la gauche) en compagnie des six candidats aux postes de conseillers qui se présentent sous la bannière de l'Équipe Progrès St-Édouard.

Photo : Gracieuseté de Johanne Champagne

Elle ajoute que d’avoir une équipe qui partage une vision commune permet d’avoir plus de force pour atteindre [les] objectifs.

Le maire de Saint-Justin, François Gagnon, dont tous les nouveaux élus proviennent du parti qui porte son nom, croit qu’il y aura quand même de vifs débats à l’hôtel de ville.

Les gens qui ont du talent et de l’expérience, ce sont des gens avec une personnalité forte, donc au contraire, je pense qu’on va avoir des discussions plus serrées, estime-t-il.

À Sainte-Monique, les candidats ont choisi le nom Actions pour l’avenir afin de montrer qu’ils s’engagent à protéger l’environnement, explique la mairesse Denise Gendron, qui fait partie de l’équipe.

« Ce n’est pas une fermeture d’être en équipe. On part avec un noyau avec qui on partage des idées et des valeurs, et il faut tenir compte de toutes les tendances dans la société. C’est toujours ça qu’on a fait. »

— Une citation de  Denise Gendron, mairesse de Sainte-Monique et membre de l’équipe Actions pour l’avenir

Des effets positifs sur les candidats et électeurs

Le chercheur à l'Université Laval Philippe Dubois a réalisé une étude en 2017, avec un confrère, pour le compte d'Élections Québec au sujet des équipes et des partis politiques.

On a trouvé une relation significative entre la présence d’équipes ou de partis politiques et le taux de participation. Autrement dit, les gens qui remarquent qu’il y a un parti ou une équipe dans leur municipalité et qui se sentent proches de cette équipe ou de ce parti-là ont tendance à voter davantage, explique-t-il.

« La présence de partis ou d’une équipe peut favoriser la participation électorale. »

— Une citation de  Philippe Dubois, doctorant en sciences politiques et chercheur du Groupe de recherche en communication politique de l’Université Laval

Dans la région, la majorité des gens qui se sont présentés sous la bannière d'une équipe ont toutefois été élus sans opposition. Des candidats à la mairie que nous avons interviewés croient que des citoyens ont décidé de se désister après s'être rendu compte qu'ils allaient affronter une équipe.

Le chercheur Philippe Dubois ajoute que la présence d'une équipe ou d'un parti peut avoir un effet positif sur la représentation des femmes en politique municipale. Aujourd'hui, on s'attend à ce que les partis présentent un nombre équivalent d'hommes et de femmes; il y a une pression populaire et médiatique pour cela.

Le maire de Sainte-Hélène-de-Chester, Christian Massé, affirme d'ailleurs qu'il tenait à avoir une parité femmes-hommes parmi les candidats aux postes de conseillers de son équipe.

Course à la mairie à Saint-Édouard-de-Maskinongé

Une tour de téléphonie cellulaire.

Le réseau cellulaire est déficient, voire absent, à plusieurs endroits à Saint-Édouard-de-Maskinongé.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

L'amélioration de la couverture cellulaire dans la municipalité est un dossier sur lequel les deux candidats à la mairie promettent de travailler en priorité.

Parmi ses engagements, Réal Normandin compte aussi participer à la relance du zoo de Saint-Édouard et aider l'entreprise de courses à obstacles de style militaire Rushwood à offrir des activités toute l'année. Il y a des affaires qu'on a commencées, on a des dossiers ouverts, affirme le candidat, qui souhaite poursuivre le travail entamé, notamment dans la saga entourant Maskicom.

Le visage de Réal Normandin.

Réal Normandin est un candidat indépendant dans la course à la mairie de Saint-Édouard-de-Maskinongé.

Photo : Gracieuseté du candidat

Johanne Champagne souhaite notamment sécuriser le terrain de baseball afin que même les adultes puissent y jouer sans nuire au voisinage. On veut amener du sang neuf [...], on veut administrer et gérer [la Municipalité] avec une écoute très attentive auprès de la population, parce que présentement les gens ne semblent ne pas se faire entendre comme ils le voudraient, ajoute-t-elle.

Si elle est élue et que des conseillers qui ne font pas partie de son équipe se retrouvent à la table du conseil, comment la candidate à la mairie réagira-t-elle? Ils sont les bienvenus, assure Johanne Champagne.

Quant à Réal Normandin, faire face à une équipe sur la scène politique ne le déstabilise pas outre mesure puisqu'il affirme avoir déjà affronté de nombreuses équipes en raison de son passé d'athlète de haut niveau, notamment aux Jeux olympiques de 1980 à Lake Placid en bobsleigh.

Reste à savoir lequel des candidats franchira le fil d'arrivée en premier le 7 novembre au soir. La réponse est entre les mains des électeurs.

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