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La ministre Petitpas Taylor veut lutter contre « le déclin du français »

Plan rapproché de Mme Petitpas Taylor.

Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

La nouvelle ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, s’y engage : elle présentera un projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement. Une loi qui doit permettre de « promouvoir la langue française et de protéger les acquis ».

Pour moi, la question de la modernisation de la Loi sur les langues officielles est une priorité absolue. C’est d'un dossier que je suis de près. Nous avons été très clairs, nous allons redéposer le projet de loi d'ici les premiers 100 jours. [...] C'est ma priorité et le premier ministre me l'a dit clairement : c'est sa priorité aussi, assure la nouvelle ministre des Langues officielles, également ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, Ginette Petitpas Taylor, en entrevue avec Radio-Canada.

Le 26 octobre dernier, elle a succédé à Mélanie Joly qui, pendant six ans, a été responsable du dossier.

La ministre Joly a fait un travail exceptionnel, souligne-t-elle. J'ai bien hâte de continuer [ce qu’elle] a fait durant les derniers six ans.

« Quand j'ai rencontré le premier ministre et qu’il m’a demandé de prendre ce ministère, j'étais bien contente. [...] Étant une Acadienne qui vit dans un milieu linguistique minoritaire, j'ai hâte d’entreprendre ce défi. »

— Une citation de  Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles

L’ancienne ministre de la Santé estime que le français est en déclin au Canada.

C’est une grande partie de mon mandat de m'assurer qu'on va promouvoir et protéger la langue française, protéger nos acquis. Et puis aussi qu’on va s'assurer d’avoir plus d'outils disponibles pour les gens, de pouvoir accéder à des services francophones, des études [en français], pour s'assurer qu'on peut vraiment changer la situation [...] et qu’on va voir une hausse de la francophonie au Canada.

Le postsecondaire, une priorité

Originaire de la seule province officiellement bilingue au Canada, elle se dit bien au fait des défis rencontrés par les francophones vivant en situation minoritaire, notamment au Nouveau-Brunswick.

Toute la question d'avoir accès à des services n'est pas toujours évidente, dit-elle, prenant l’exemple des services de garderie.

Sa province lui fournit un bon exemple de la fragilité des droits des francophones.

Avec un premier ministre qui est unilingue anglophone, on peut voir que, parfois, nos droits peuvent s'en aller un peu. On ne peut pas [tenir] ces droits pour acquis.

Avoir une francophone issue d'une communauté minoritaire à un tel poste constitue un avantage, poursuit l’Acadienne originaire de Dieppe et diplômée de l’Université de Moncton.

J'ai vécu dans un environnement minoritaire toute ma vie, souligne-t-elle.

L’importance d’avoir des institutions francophones en milieu minoritaire, comme l’Université de Moncton, donne-t-elle en exemple, ne devrait pas être un privilège, mais un outil pour tout le monde.

Justin Trudeau accompagné de partisans habillés en rouge avec des masques.

De passage à Sudbury lors de la campagne électorale, Justin Trudeau a promis plus d'argent pour les établissements d'enseignement en milieu linguistique minoritaire (Archives).

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Raison pour laquelle le financement des institutions postsecondaires fait partie de ses priorités.

On voit qu'il y a une pénurie de main-d'œuvre quand ça vient à la question des médecins et des infirmières, illustre-t-elle. Si on les forme chez nous, ils vont rester chez nous. C'est vraiment important de s'assurer que ces institutions postsecondaires vont être financées.

Elle rappelle l’engagement du premier ministre Justin Trudeau, en campagne, d’augmenter le financement des institutions postsecondaires en milieu minoritaire.

Air Canada : la ministre attend des actions

La récente polémique autour des propos du président-directeur général unilingue d'Air Canada, Michael Rousseau, qui s’est félicité de ne pas avoir eu besoin d’apprendre le français pour vivre à Montréal, l’a marquée.

Quand j'étais à la maison, que j'ai écouté le clip, j'étais bouche bée! Je ne pouvais pas croire ce que j'entendais. J'étais vraiment fâchée. Pour les Québécois ainsi que les francophones hors Québec, c'est vraiment une insulte, s’insurge-t-elle.

Malgré les excuses de M. Rousseau, jeudi, elle attend de voir pour croire.

Il a fait ses excuses, mais maintenant, il doit passer à l'action concrète. J'ai bien hâte de voir exactement ce qu’il va faire dans les prochains jours, les semaines à venir.

Le Commissariat aux langues officielles a reçu plus de 200 plaintes en lien avec le discours uniquement en anglais du président-directeur général d’Air Canada devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mercredi.

Raymond Théberge assis devant des drapeaux canadiens répond à une question, les poings fermés.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, aura plus de pouvoirs avec la nouvelle Loi sur les langues officielles, promet la ministre Petitpas Taylor (Archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Cette controverse met une nouvelle fois Air Canada au centre des débats linguistiques, l‘institution étant régulièrement pointée du doigt par le commissaire aux langues officielles pour ses manquements à la Loi sur les langues officielles.

Mme Petitpas Taylor promet de donner plus de pouvoirs au chien de garde des langues officielles dans la nouvelle Loi sur les langues officielles afin d’améliorer la situation.

Il va y avoir plus de mordant. [...] On veut s'assurer que le commissaire va avoir plus de pouvoirs, que la loi va donner les outils nécessaires pour s'assurer qu'on peut protéger et promouvoir la langue [française] partout au Canada.

« C'est vraiment important de s'assurer que la loi fédérale va être là pour protéger tout le monde, les Québécois ainsi que les francophones à l'extérieur du Québec. »

— Une citation de  Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles

Le projet de loi libéral, présenté en juin, ne prévoyait toutefois pas la mise en place de sanctions pécuniaires, ce que plusieurs intervenants avaient demandé estimant que cela pourrait être une solution contre les institutions régulièrement fautives.

Le projet C-32 oubliait aussi plusieurs autres recommandations formulées ces dernières années, dont celles de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada et du comité sénatorial permanent des langues officielles.

La ministre Petitpas Taylor est-elle prête à apporter des changements au projet de loi ou présentera-t-elle exactement le même texte? Elle laisse planer le doute.

Ça fait une semaine que je suis devenue ministre, je suis encore en pleine session de breffage. [...] Ça fait que je continue à comprendre et à plonger dans le dossier à fond, se défend-elle. Mme Joly a communiqué et consulté les intervenants depuis six ans et le projet de loi est devenu une réalité grâce aux interventions et aux recommandations qui avaient été mises de l'avant. Nous allons continuer à être en communication avec [les intervenants]. [...] [Mais] je pense que le projet de loi est quand même un bon aperçu et un bon projet pour protéger et promouvoir nos langues officielles au Canada.

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