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COP26 : porter les voix du Grand Nord et récolter des initiatives pour le climat

Des représentants gouvernementaux et autochtones du Grand Nord sont à la COP26 pour défendre le climat et les eaux arctiques.

Montage photo de Peter Johnston, Katrina Nokleby, Sebastian Jones, Lisa Koperqualuk et Edward Sangris.

Peter Johnston, Katrina Nokleby, Sebastian Jones, Lisa Koperqualuk et Edward Sangris.

Photo : Radio-Canada

Des représentants du Grand Nord ont fait le déplacement pour la COP26. Aux Territoires du Nord-Ouest, le chef pour le village de Dettah, de la Première Nation des Dénés Yellowknives, Edward Sangris, aimerait que le gouvernement canadien écoute avant tout les gens sur le terrain. Et notamment les Dénés qui dépendent de leur territoire pour leur subsistance.

« Le gouvernement parle de changements climatiques, mais [...] je ne pense pas qu'il sache ce que c'est », assène-t-il.

Edward Sangris et sa communauté sont en première ligne des changements climatiques. Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est particulièrement alarmant pour l’Arctique où le réchauffement devrait se produire à un rythme deux fois plus élevé que pour le reste de la planète.

Edward Sangris raconte qu’un son a disparu dans les années 1930-1940, soit celui du craquement des arbres à cause de l'humidité que lui décrivait son père. Dans les années 1980, avant de mourir, il disait qu'il n'avait plus jamais entendu ce bruit, car il faisait de plus en plus chaud chaque année, raconte-t-il.

« Le gouvernement devrait [...] faire des recommandations [du point de vue] des gardiens des connaissances traditionnelles, et non de quelqu'un qui est assis dans un bureau. »

— Une citation de  Edward Sangris, chef de la Première Nation Dénée Yellowknives pour le village de Dettah

La députée de Great Slave, Katrina Nokleby, fait partie de la petite délégation des Territoires du Nord-Ouest et trouve la conférence impressionnante.

C’est l’occasion, selon elle, de rencontrer les représentants fédéraux du Canada et de parler de financements pour obtenir du soutien pour permettre aux territoires du Nord canadien de faire leur part dans les réductions d'émissions. Un investissement énorme sera nécessaire si le Nord doit contribuer à cette réduction, dit-elle.

La députée de Great Slave, Katrina Nokleby, porte une bannière sur laquelle il est écrit : « défendez les terres ancestrales ».

La députée de Great Slave, Katrina Nokleby, est à la COP26 à la recherche d’initiatives adaptables pour le Nord canadien.

Photo : Gracieuseté de Katrina Nokleby

S’inspirer des initiatives d’autres pays

Ingénieure-géologue, Katrina Nokleby profite de ce rassemblement d’activistes, de dirigeants mondiaux et de scientifiques pour collecter des idées d’autres pays, particulièrement sur les énergies, afin d'essayer d'adopter cela pour le Nord.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de connecter avec d'autres pays circumpolaires et d'avoir une idée de [...] ce que fait la Russie, de ce que font les pays scandinaves en matière d'énergie et d'adaptation climatique afin que nous puissions peut-être [...] emprunter [des idées]. »

— Une citation de  Katrina Nokleby, députée de Great Slave, T. N.-O.

Le gouvernement du Yukon, quant à lui, n’a envoyé personne à la COP26. La députée ténoise Katrina Nokleby regrette que les trois gouvernements des territoires ne soient pas représentés, car, ensemble, ils ont une voix plus forte face à Ottawa, dit-elle. Elle remarque cependant que de se rendre jusqu'à Glasgow a un coût élevé, notamment pour les territoires.

Lisa Koperqualuk à un pupitre avec un écran derrière elle montrant des chiens de traîneaux et des Inuit.

Lisa Koperqualuk fait une présentation lors de la COP26 à Glasgow.

Photo : Twitter : @DanAlbas

Porter la voix inuite

Lisa Koperqualuk, vice-présidence du Conseil circumpolaire inuit-Canada (CCI), quant à elle, est présente à Glasgow et évoque l’urgence de prendre des mesures concrètes.

Il n’est pas trop tard, dit-elle tout en reconnaissant que ce n'est pas facile d'essayer d'atteindre ces 1,5 degré quand il y a un équilibre à faire entre croissance économique et protection de l'environnement, notamment pour des pays en voie de développement.

« Il y a des occasions pour que nos voix [autochtones] se fassent entendre ici. »

— Une citation de  Lisa Koperqualuk, vice-présidente, CCI-Canada
Steven Guilbeault, Judy Wilson et Paul Prosper posent ensemble pour la photo.

Le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, la cheffe Judy Wilson, de l'Union des chefs des Premières Nations de la Colombie-Britannique (UBCIC) et le chef régional Paul Prosper participent au Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique, à la COP26. (Archives)

Photo : Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique

Lisa Koperqualuk travaille pour que la voix autochtone, la voix inuit, soit entendue à Glasgow, notamment celle des jeunes.

Nous n'avons pas de siège officiel à la table des négociations, nous ne sommes pas un pays, explique-t-elle. Mais l’organisation compte tout de même influencer les États pour qu'ils prennent en compte les réalités de l’Arctique et protègent les régions marines des émissions des navires traversant les eaux arctiques.

« Nous connaissons l'Arctique et avons accumulé des générations de connaissances sur notre environnement. »

— Une citation de  Lisa Koperqualuk, vice-présidente, CCI-Canada

À Glasgow, le CCI milite notamment pour une transition du mazout lourd vers des carburants distillés plus propres pour les navires qui traversent les eaux arctiques. Nous insistons également pour participer à la gouvernance maritime afin de pouvoir influer sur les politiques et participer aux décisions, explique Lisa Koperqualuk.

Au-delà des paroles, un besoin d’actions

Parler, négocier, sensibiliser, organiser des conférences sur le climat, tout cela est-il trop théorique? Sebastian Jones, analyste des poissons et de la faune à la société de conservation du Yukon, assure qu’il faut être patient et laisser toutes les parties s’exprimer dans ce type de rassemblement.

« Le problème, bien sûr, c'est cela. Parler et parvenir à un accord ne suffit pas, il faut agir. »

— Une citation de  Sebastian Jones, analyste des poissons et de la faune, société de conservation du Yukon

Il n'est pas temps d'agir, il est grand temps d'agir, martèle Sebastian Jones. Selon lui, envoyer une délégation yukonnaise à Glasgow n'aurait probablement pas changé beaucoup les choses.

Je pense que le Yukon a fait un travail relativement correct pour se démarquer [et agir] sur les changements climatiques. Nous prenons cela au sérieux ici, assure-t-il.

Peter Johnston au micro.

Le grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon, Peter Johnston, ne compte pas sur le gouvernement fédéral pour avancer dans la lutte contre les changements climatiques. (Archives)

Photo : Gouvernement du Yukon/Alistair Maitland

Le grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon, Peter Johnston, regrette quant à lui le manque d’engagement du gouvernement fédéral et juge que les promesses faites ne seront pas forcément mises en place.

Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et nous attendre à ce que le gouvernement le fasse à notre place, dit-il. Nous devons diriger [...] les initiatives pour obtenir les résultats que nous désirons.

Peter Johnston se félicite de la relation existant avec le gouvernement du Yukon et des accords territoriaux qui aident à avancer dans de nombreux domaines différents.

L’impact de la disparition de la glace sur les traditions

Comme le chef Edward Sangris, Lisa Koperqualuk a remarqué la glace qui disparaît de plus en plus et l’impact pour les Inuit, mais aussi le reste de la planète.

Avec la fonte des glaces, ajoute-t-elle, il y aura des inondations, des infrastructures qui vont s’effondrer dans l’eau à cause de l’érosion, et le dégel du pergélisol aura un impact sur la construction des bâtiments.

Le chef Edward Sangris, près d'un lac non gelé.

Le chef Edward Sangris constate les conséquences des changements climatiques sur le territoire et les membres de sa communauté.

Photo : CBC/Chantal Dubuc

Alors que la glace tarde à se former à Dettah en ce début de novembre, le chef Edward Sangris explique que les membres de sa communauté ne peuvent plus aller dans certains endroits, parce que la glace n’est plus assez épaisse.

« Ils sont censés piéger, ramasser du bois de chauffage et se préparer pour l'hiver. Mais non, il n'y a pas de neige et les lacs sont encore ouverts. »

— Une citation de  Edward Sangris, chef pour le village de Dettah

Les quatre saisons ont radicalement changé, dit-il. Par exemple, il faut dorénavant surveiller les aînés l'été plutôt que d’aller sur le territoire, car il fait trop chaud.

Ce n'était pas comme cela avant, on sortait et on savait que les aînés iraient bien, car le temps était correct.

D’après les informations de Claudiane Samson, Meghan Roberts, Vincent Bonnay et Matisse Harvey

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