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Il y a 50 ans, la musique de Pink Floyd résonnait à Québec

Trois musiciens jouent sur une scène, devant un public assis.

Le seul et unique passage de Pink Floyd à Québec en novembre 1971. Photo prise par le photographe du «Soleil», Jean Savard.

Photo : Éditions du Septentrion

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a 50 ans, les jeunes et dynamiques membres des productions Kosmos allaient réaliser un rêve : accueillir le groupe anglais Pink Floyd pour une première – et seule fois – à Québec. Encore aujourd’hui, cette soirée du 10 novembre 1971 demeure gravée dans la mémoire de bien des amateurs de musique.

Selon les organisateurs, près de 6000 personnes ont plané sur l'air de la pièce Echoes au Pavillon de la jeunesse.

Un billet de spectacle déchiré, daté du 10 novembre 1971.

Billet qui appartenait à Marie Robitaille, nièce de Michel Maltais, cofondateur des productions Kosmos.

Photo : Éditions du Septentrion

Pour Michel Maltais, les images de cette soirée sont peut-être embrumées, mais elles sont toujours bien réelles. Le cofondateur des productions Kosmos a récemment dépoussiéré ses souvenirs pour écrire le livre Kosmos, une aventure québécoise au temps du rock progressif aux éditions du Septentrion. 

« C’était le rêve d’une gang de ti-culs de 20, 21 ans. »

— Une citation de  Michel Maltais, cofondateur des productions Kosmos

Qui, du groupe de jeunes et insouciants producteurs, a eu cette idée? Les versions sont un peu différentes, selon les souvenirs de chacun! rigole Michel Maltais. On aimait Pink Floyd parce que c’était un groupe marginal, qui était généreux dans ses prestations.

Michel Maltais en entrevue.

Michel Maltais parle de comment ils ont convaincu le groupe à venir

Photo : Radio-Canada

À l’époque, le groupe britannique avait déjà de nombreux admirateurs à Québec, qui s’étaient procuré entre autres les albums Ummagumma et Atom Heart Mother.

« Le samedi 2 octobre, la publicité débute à Québec et les billets sont mis en vente aux guichets du Colisée et du Palais Montcalm. Nous sommes tellement enthousiastes que nous annonçons Pink Floyd pour la première fois au Canada, même si le groupe s’est produit dans l’Ouest canadien, en 1970. L’Ouest canadien, c’est tellement loin, mais c’est quand même Pink Floyd pour la première fois dans l’est du Canada! »

— Une citation de  Extrait du livre Kosmos, une aventure québécoise au temps du rock progressif, éditions du Septentrion

Son quadriphonique et ambiance feutrée

C'était aussi une époque où la qualité sonore de certains concerts en amphithéâtre laissait à désirer.

Il y avait beaucoup de groupes qui venaient et on n'avait pas des systèmes de son très très extraordinaires. Souvent, la qualité du spectacle était très moyenne à cause de ça, explique Michel Maltais.

La troupe de Kosmos avait toutefois lu dans des revues spécialisées en musique que Pink Floyd apportait son propre équipement sonore sur la route. En spectacle, la formation de Waters et Gilmour trimballait effectivement un système de son quadriphonique. Ce système permettait au son de circuler entre quatre haut-parleurs installés aux quatre coins de la salle.

Michel Maltais

Michel Maltais

Photo : Radio-Canada

Michel Poitras était un des spectateurs présents au Petit Colisée. Grand amateur de musique, il était venu d’Alma en auto-stop pour voir Pink Floyd. Le son était meilleur que d’autres groupes rock que j’avais vus à cet endroit-là.

Ce système innovateur a aussi laissé une marque dans l’esprit de Jean-Marie Moisan, qui avait 16 ans, en 1971. Je me souviens pas qui… Je sais pas si c’était Roger [Waters] ou l’autre [David Gilmour]. Il était sur le milieu de la scène. Il avait un genre de bouton rond. Il nous parlait, en anglais évidemment, et il faisait tourner le son dans le Pavillon de la jeunesse. C’était vraiment wow!

Le programme est plié en trois partie et on y voit les visages des membres du groupe.

Trois mille exemplaires du programme-souvenir de la soirée ont été imprimés pour l'occasion.

Photo : Éditions du Septentrion / Kosmos

Même si elle n’avait que 13 ans, Andrée Gosselin se souvient aussi très bien du son. Le son était vraiment spécial dans le temps. J’avais jamais vécu ça. Elle accompagnait ses cousines plus âgées, qui l'avaient entraînée à ce premier concert rock, le soir de son anniversaire. L’ambiance générale l’avait beaucoup marquée. La lumière était rosée, il y avait beaucoup de boucane qui faisait que l’ambiance était feutrée.

Une grand-messe

Pour de nombreux adolescents, c’était une première expérience dans un événement d’une telle envergure. J’avais jamais vu autant de monde! se souvient Catherine Paulette. Il y avait une excitation, on sentait la fébrilité. C’était un peu comme une grand-messe.

L'affiche du spectacle présente deux vaches et les informations sur les concerts à venir.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'affiche des deux spectacles de Pink Floyd en 1971, à Montréal et Québec.

Photo : Éditions du Septentrion / Kosmos

Le musicien Antoine Baril raconte que son père Denis, maintenant décédé, avait l’habitude chaque 10 novembre, de retourner dans le stationnement du Pavillon de la jeunesse pour écouter un enregistrement pirate de ce spectacle. C’était une véritable tradition, confirme celui qui est actuellement en tournée avec The Musical Box, un groupe hommage à Genesis, aux États-Unis.

Roadie d’un soir pour Pink Floyd

Daniel Jacob garde lui aussi un souvenir précieux de cette journée. Alors qu’il n’avait que 19 ans, les productions Kosmos lui avaient demandé d’être technicien de scène pour le spectacle. Je m’en souviens comme si c’était hier! Il a été le premier à rentrer dans un des deux camions de tournée. Mon idée, c’était de prendre le gong et de sortir avec! C’était l’affaire la plus flashy. Arrivé à 14 h au Pavillon de la jeunesse, il n’a quitté les lieux que tard en soirée, après avoir discuté avec le groupe.

Le regard de David Gilmour

De tous ces souvenirs, une anecdote reste plus marquante que les autres pour Daniel Jacob.

Un moment donné, Richard Wright me dit : "Tu peux te prendre une bière". Je comprends! J'avais travaillé toute la journée! Je me penche parce que la caisse était par terre, et je regarde d’en bas, Gilmour me regarde comme s’il était Dieu le père. Il avait ses deux pieds sur la caisse. Pis là, il m’a dévisagé… Je me souviendrai toujours du croisement des regards du kid avec son héros! Il a fini par enlever ses pieds très lentement. J’ai ouvert la boîte et j’ai pris deux bières! Ça, c’était ma paie. J’ai eu deux secondes de regard intense avec David Gilmour.

Le concert du 10 novembre 1971 reste le seul et unique passage de la formation complète à Québec. Par la suite, des membres du groupe sont revenus, mais avec leurs projets solos. Roger Waters, qui avait présenté The Wall sur les Plaines d’Abraham en 2012, sera de retour le 17 juillet 2022, à l'occasion de sa tournée This Is Not a Drill, au Centre Vidéotron.

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