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Embauche d’agents d’immigration anglophones : « Un manque de respect », dénonce Québec

Immigration Canada invoque des difficultés de recrutement d'agents bilingues.

François Legault et Simon Jolin-Barrette devant un micro.

Le gouvernement Legault dénonce vivement la décision d'Immigration Canada d'embaucher, à Montréal, des agents unilingues anglophones.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le gouvernement Legault, appuyé par les partis d'opposition, ne digère pas la volonté d'Immigration Canada de recruter, au Québec, des agents anglophones pour répondre aux questions des immigrants.

« C'est un manque de respect », clame Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et responsable de la Langue française.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, l'élu caquiste ne mâche pas ses mots contre la décision prise par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) de modifier ses critères d'embauche.

Désormais, Ottawa va aller de l'avant avec le recrutement d'agents parlant exclusivement anglais pour son unique Centre de service à la clientèle, qui est basé à Montréal. Jusqu'à maintenant, le bilinguisme était requis.

Une mesure « inacceptable », juge Simon Jolin-Barrette.

« Quel message cette décision envoie-t-elle aux nouveaux arrivants qui s’installent à Montréal si ce n’est que le français n’est pas nécessaire? »

— Une citation de  Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et responsable de la Langue française

Les critiques sont unanimes à Québec.

C'est choquant. C'est un signal vraiment honteux, affirme le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon.

Que ce soit Air Canada, Immigration Canada ou l’ensemble de la fonction publique canadienne, c’est un faux bilinguisme. C’est un bilinguisme de façade, dénonce-t-il.

« C’est une autre démonstration qu’au Canada, essentiellement tout fonctionne en anglais. Immigration Canada a le devoir de corriger le tir tout de suite. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Nous sommes en droit de nous attendre à ce que le gouvernement du Canada donne l’exemple quant à l’importance et à l’exigence du français à Montréal et au Québec, note la porte-parole libérale pour la protection de la langue française, Hélène David, sur Twitter.

La députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a fait adopter unanimement, jeudi à l'Assemblée nationale, une motion visant à défendre la langue française au travail. La Charte de la langue française doit s'appliquer aux ministères fédéraux, assure l'élue montréalaise, qui doute de l'argumentation d'Immigration Canada.

Pour justifier sa décision, le ministère fédéral de l'Immigration dit avoir des difficultés pour recruter des agents qualifiés bilingues, tout en expliquant qu'une grande majorité d'appels se font en anglais.

Ça ne tient pas la route, c'est un recul incroyable, lance Mme Ghazal.

« Il y a beaucoup d'immigrants francophones. Pourquoi, dans ce cas, le ministère de l'Immigration n'embauche pas des agents unilingues francophones? »

— Une citation de  Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire

Nous ne pouvons pas croire qu’au Québec, où la majorité de la population est francophone, il soit impossible pour Immigration Canada de recruter des employés compétents maîtrisant le français, ajoute le ministre Jolin-Barrette.

Invité à réagir, le ministre fédéral et lieutenant du Québec pour le gouvernement de Justin Trudeau, Pablo Rodriguez, n'a pas caché son malaise.

Je m'attends à ce que tout francophone qui appelle [à Immigration Canada] soit servi en français. C’est clair, a-t-il déclaré sur les ondes de Midi info.

« On n’est pas des citoyens de deuxième classe. On doit être servis avec la même efficacité, le même professionnalisme, et la même rapidité. »

— Une citation de  Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien

Ce dernier aura, a-t-il indiqué, une discussion avec le nouveau ministre fédéral de l'Immigration, Sean Fraser.

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