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Le Canada cessera de financer certains projets d’énergies fossiles à l’étranger

Une flamme sort d'une cheminée.

Une raffinerie de pétrole, à Alexandrie, en Égypte.

Photo : Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Radio-Canada

Le Canada s'engage, aux côtés d'une vingtaine de pays, à mettre un terme d'ici la fin 2022 aux nouveaux investissements d'argent public à l'étranger dans des projets d'énergies fossiles sans techniques de capture de carbone, a annoncé jeudi le gouvernement fédéral.

Cette annonce a été faite dans le cadre de la COP26, qui se déroule à Glasgow, en Écosse, jusqu'au 12 novembre.

Parmi les 24 signataires de cet accord figurent également les États-Unis, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica. Ils s'engagent à réaffecter les fonds destinés à l'exploitation du charbon, du gaz et du pétrole vers le développement de formes d'énergies propres.

Si chacun des pays signataires met en œuvre ce changement, la nouvelle politique permettra de transférer 18,6 milliards de dollars canadiens d'investissements publics dans les énergies fossiles vers les énergies propres chaque année, selon des représentants du gouvernement fédéral.

Nous sommes en pleine crise climatique. Nous devons réduire d'urgence les émissions dans tous les secteurs de l'économie, partout dans le monde. Ceci, bien sûr, s'applique au secteur de l'énergie comme à tous les secteurs de l'économie, a déclaré Jonathan Wilkinson, ministre des Ressources naturelles, au moment de l'annonce.

« La signature du Canada est importante. Nous sommes l'un des plus grands producteurs d'énergie au monde. »

— Une citation de  Jonathan Wilkinson, ministre fédéral des Ressources naturelles

En entrevue mercredi soir, M. Wilkinson a rappelé que le Parti libéral s'est engagé à mettre fin aux subventions aux énergies fossiles au sein de l'industrie canadienne pendant la dernière campagne électorale, sans toutefois fixer de date. C'est une chose sur laquelle nous allons travailler, a-t-il assuré.

Le ministre de l'Environnement a aussi commenté l'annonce. Le Canada peut être un chef de file dans un monde à faibles émissions de carbone si nous continuons de mettre nos investissements, nos innovations et notre matière grise au service d'actions climatiques ambitieuses, a indiqué Steven Guilbeault dans un communiqué.

Cela signifie qu'il faut rapidement mettre fin aux nouveaux investissements publics internationaux destinés à la production soutenue d'énergie à partir de combustibles fossiles et amorcer le virage vers les sources d'énergie propre, a-t-il ajouté.

Le gouvernement canadien a cependant indiqué qu'il n'a pas encore défini la portée de la nouvelle politique.

L'accord permet par ailleurs de continuer à financer les combustibles fossiles dans de rares circonstances clairement définies qui correspondent à la limite de réchauffement de +1,5 °C et aux objectifs de l'accord de Paris, précise un communiqué du ministère canadien des Ressources naturelles.

Représentation d'une forêt en feu.

Encore beaucoup de travail à faire

Parmi les plus grands fournisseurs de financement public pour des projets d'énergies fossiles à l'étranger, le Japon, la Corée du Sud et la Chine ne figurent pas parmi les pays signataires de l'accord.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), pour limiter le réchauffement planétaire à +1,5 °C rapport à l'ère préindustrielle, il faudrait immédiatement cesser tout financement de nouveaux projets dans les énergies fossiles.

Or, de 2018 à 2020, les pays du G20 ont, à eux seuls, financé de tels projets à hauteur de 188 milliards de dollars, principalement via des banques multilatérales de développement, estime l' Organisation non gouvernementale Oil Change International.

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est parfaitement clair : pour éviter un désastre climatique, il faut mettre un terme à notre dépendance aux énergies fossiles, et l'élimination du financement est un pas en avant essentiel, a résumé Jennifer Layke, du groupe de réflexion World Resources Institute.

D'autant qu'une étude scientifique, publiée à l'occasion de la COP26, est venue rappeler la réalité froide des chiffres. Selon le Global Carbon Project, les émissions de gaz à effet de serre ont rebondi en 2021, après une baisse due à la pandémie, à moins de 1 % de leur niveau record de 2019.

Et la source très majoritaire d'émission de CO2, principal gaz à effet de serre, est justement la combustion des énergies fossiles, qui représentent encore 85 % de la production d'énergie dans le monde, d'après l'Agence internationale de l'énergie.

La déclaration commune, publiée jeudi matin à la COP26, est le premier engagement politique international à aborder le financement public du pétrole et du gaz. Les 24 pays signataires déclarent qu'ils encourageront d'autres gouvernements ainsi que leurs agences de crédit à l'exportation et leurs institutions financières publiques, à mettre en œuvre des engagements similaires.

Avec les informations de CBC, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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