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Retour à la case départ pour protéger des aires marines dans les Maritimes

Boats loaded with traps head from the harbour in West Dover, N.S. on Monday, Nov. 30, 2020 as the lucrative lobster fishing season on Nova Scotia's South Shore opens. THE CANADIAN PRESS/Andrew Vaughan

Le ministère des Pêches et des Océans relance ses consultations au sujet de la création d'aires marines protégées dans les eaux de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, ce qui inquiète des intervenants des pêches. Ci-dessus : des bateaux de pêche au homard prennent la mer à l'aube, le 30 novembre 2020 à West Dover, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Après une pause de deux ans, le gouvernement fédéral redémarre les consultations sur la création d’aires marines protégées dans les régions de la baie de Fundy et du plateau néo-écossais.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) cherche à obtenir des avis sur la possible création de 3 autres aires marines et sur 31 autres sites potentiels de conservation.

Il distribue une ébauche de la proposition à des groupes précis, dont des ministères provinciaux et fédéraux, des représentants des Autochtones et d’autres intervenants.

Il s’agit en quelque sorte d’une réinitialisation de tout le processus, explique Derek Fenton, chef de section en conservation marine au MPO.

La nouvelle ébauche comprend la même carte géographique employée dans le document de travail précédent, mais elle offre beaucoup plus de renseignements. Les 31 sites potentiels figurent aussi sur des cartes qui précisent leur taille en kilomètres carrés, les raisons pour lesquelles elles se distinguent, leurs caractéristiques écologiques, leur usage actuel et toute mesure de conservation déjà en vigueur si c’est le cas.

Le ministère dévoile son ébauche

Le MPO a refusé en 2018 de remettre à CBC la version du document utilisée à ce moment. Toutefois, cette semaine, le ministère a rapidement accepté de dévoiler l’ébauche actuelle.

Les sites potentiels additionnels comprennent le banc de Georges, le banc Roseway, l’île Brier, les chaussées de Canso et le chenal de Fundy, entre autres.

Rien n’est encore décidé, selon Derek Fenton. Il n’y a aucun plan en ce moment pour conserver toutes ces aires marines d’un seul coup ou pour quelque autre mesure du genre, explique-t-il. Ce ne sont que des idées présentées pour obtenir l'avis des intervenants.

Méfiance en Nouvelle-Écosse

La question de protéger des aires marines est délicate pour certaines communautés côtières en Nouvelle-Écosse qui craignent des conséquences sur la pêche.

Il y a deux ans, cette crainte a temporairement entravé les efforts visant à faire des îles de la côte est une aire protégée. Ce secteur se trouve dans les eaux côtières à l’est d’Halifax.

Des pêcheurs refusaient de croire le MPO, qui soutenait qu’ils pourraient continuer de pêcher si cette aire était protégée. Des gens ont manifesté et installé sur leurs pelouses des pancartes exprimant leur opposition à toute aire protégée.

Une manifestante tient une pancarte sur laquelle est inscrit un message d'opposition à la création de toute aire marine protégée.

Des communautés côtières en Nouvelle-Écosse se sont déjà opposées à la création d’une aire marine protégée dans la région (archives).

Photo : CBC

En août 2019, à l’approche des élections fédérales d’octobre 2019, le ministre des Pêches et des Océans à ce moment, Jonathan Wilkinson, cité par le journal local Eastern Shore Cooperator, a déclaré que le projet était suspendu.

L'engagement du Canada pour la protection d’aires marines

La question de la création d’aires marines protégées dans la région figure à nouveau à l'ordre du jour. Le gouvernement de Justin Trudeau a promis de conserver 25 % des zones marines et côtières du Canada d’ici 2025, pour atteindre un taux de 30 % d’ici 2030.

Le gouvernement libéral a décrété que la recherche et l’exploitation de gisements gaziers ou pétroliers et la pêche au chalut seront interdites dans les aires marines protégées. Cependant, ces aires ne sont pas automatiquement fermées aux pêches moins intrusives, comme celles qui sont faites à l’aide de casiers.

D’autres mesures de conservation moins sévères que celles en vigueur dans les aires marines protégées, par exemple celles des sanctuaires marins, comptent aussi dans le calcul du total des zones de conservation.

Communiquer à nouveau avec des opposants

Le MPO a communiqué avec une association des pêcheurs de la côte est de la Nouvelle-Écosse qui s’opposait en 2019 à la création d’une aire marine protégée.

Le président de la Eastern Shore Fishermen's Protective Association, Peter Connors, affirme que la prise de position du groupe n’a pas changé. Il faut qu’il y ait un moyen de protéger la pêche à long terme, souligne-t-il.

Derek Fenton indique que les scientifiques poursuivent leurs travaux de recherche dans la région. La possibilité d’un accord avec l’industrie des pêches ne semble pas imminente. Il dit espérer que les discussions se poursuivent au cours des prochaines années.

La rive de la baie de Fundy.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La baie de Fundy sépare le Nouveau-Brunswick (ci-dessus) et la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

La Nouvelle-Écosse compte à l’heure actuelle deux aires marines protégées, celle du Gully, près de l’île de Sable, et celle du banc de Sainte-Anne, près du Cap-Breton.

Le MPO envisage sérieusement d’en créer trois autres dans la région, celle du chenal de Fundy, celle des îles de la côte est et celle des canyons de l’est, en bordure du plateau continental de la Nouvelle-Écosse.

Halifax veut poursuivre les discussions avec Ottawa

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a eu accès à l’ébauche de la proposition du fédéral dès le mois de juin.

L’impact sur les pêches pourrait être considérable comme il pourrait être minimal, selon le ministre des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse, Steve Craig.

La question des aires marines protégées importe pour le gouvernement fédéral et pour la population néo-écossaise et il est essentiel d’en discuter, estime le ministre Craig.

Steve Craig est interviewé.

Steve Craig, ministre des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse

Photo : CBC

Steve Craig dit avoir hâte de participer à ces discussions avec le MPO et d’autres intervenants, notamment ceux de l’industrie des pêches.

La période de consultation en cours se poursuit jusqu’au 31 mars 2022. Après quoi, le MPO produira une autre ébauche. Une consultation du public est prévue pour 2023.

Le ministère envisage de créer les aires marines protégées du chenal de Fundy, des îles de la côte est et des canyons de l’est d’ici 2025. D’autres sites qui resteront envisagés parmi les 31 proposés pourraient aussi être protégés d’ici 2030.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

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