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La COP26 veut signer l’arrêt de mort du charbon, combustible le plus polluant

Les plus grands producteurs de charbon, soit la Chine, les États-Unis et l'Inde, ne font pas partie de l'accord mis de l'avant par le gouvernement britannique.

Un homme grimpe sur des rochers abruptes avec un panier rempli de charbon sur la tête.

Le charbon est un combustible bon marché, c'est pourquoi des pays en développement, comme l'Inde, en sont grandement dépendants pour fournir de l'électricité à leur population.

Photo : Associated Press / Altaf Qadri

Près de 80 pays, dont le Canada, se sont engagés à éliminer progressivement la production d'électricité à partir du charbon et à ne plus construire de nouvelles centrales, dans le cadre de la conférence sur le climat qui se déroule à Glasgow, en Écosse.

C'est ce qu'a annoncé le président de la COP26 , Alok Sharma, jeudi. Pour le moment, 77 pays ont signé l'accord, mais le gouvernement britannique souhaiterait qu'à terme, 190 pays s'engagent à cesser d'utiliser le charbon, le plus polluant de tous les combustibles.

L'arrêt du recours au charbon, dont les gaz à effet de serre sont les principaux responsables du changement climatique, est vital pour atteindre les objectifs de limitation du réchauffement fixés au niveau mondial.

La fin du charbon est proche, a lancé M. Sharma jeudi, citant les progrès réalisés depuis 2019. Qui aurait pensé, à l'époque, que nous serions en mesure aujourd'hui d'étouffer le financement international du charbon ou d'assister à l'abandon de l'énergie domestique au charbon.

Les signataires de l'accord s'engagent à :

  • Ne pas investir dans de nouvelles centrales au charbon, chez eux comme à l'étranger;
  • Éliminer progressivement la production d'électricité à partir du charbon dans les années 2030 pour les pays les plus riches, et dans les années 2040 pour les pays plus pauvres.

Les plus gros producteurs demeurent muets

Parmi les 77 signataires de cet accord non contraignant se trouvent certains grands utilisateurs de charbon, dont la Pologne, le Vietnam et le Chili. Or, pour l'instant, les poids lourds de la production de charbon brillent par leur absence, à commencer par la Chine, qui mine et brûle plus de charbon que tout le reste de la planète réuni.

En 2019 seulement, le géant chinois a brûlé près de 3,7 milliards de tonnes de charbon. À titre de comparaison, le monde en a produit environ 7,9 milliards de tonnes la même année.

Et devant des besoins sans cesse grandissants en électricité, le gouvernement chinois vient d'ordonner aux producteurs de charbon d'augmenter la cadence à raison de 200 millions de tonnes métriques supplémentaires, soit 6 % de plus que l'an dernier.

Il est vrai cependant que la Chine – avec la Corée du Sud et le Japon – a annoncé en septembre qu'elle cesserait de financer la construction de centrales au charbon à l'étranger. Les projets nationaux, eux, iront toujours de l'avant.

Outre la Chine, l'Inde, les États-Unis et l'Australie sont aussi absents de l'accord mis de l'avant pendant la COP26. À eux trois, ces pays ont extrait près du quart (24 %) du charbon produit par toute la planète en 2019.

En ce qui concerne l'Indonésie, quatrième gros producteur de charbon avec 616 millions de tonnes en 2019, le pays a accepté de prendre part à l'accord, mais de manière partielle. L'Indonésie s'engage ainsi à éliminer graduellement la production d'électricité par le charbon d'ici 2030, mais a refusé de mettre fin à la construction de nouvelles centrales.

Nous avons besoin de fonds pour nous retirer du charbon au plus tôt et pour bâtir notre capacité de production d'énergie renouvelable, a indiqué Sri Mulyani Indrawati, le ministre des Finances de l'Indonésie, qui dépend du charbon pour 65 % de ses besoins en énergie.

Les pays en développement qui, comme l'Indonésie, dépendent du charbon exigeront certainement un appui financier des pays industrialisés pour cesser d'utiliser ce combustible, surtout considérant que ces derniers n'ont toujours pas tenu leur promesse d'amasser 100 milliards de dollars pour les aider à faire face au dérèglement climatique.

Même si des progrès ont été réalisés ces dernières années, 37 % de l'électricité dans le monde a été produite grâce à du charbon en 2019. Il s'agit d'un combustible bon marché, c'est pourquoi de nombreux pays en développement en sont grandement dépendants pour satisfaire leurs besoins en énergie.

Au-delà des États eux-mêmes, des dizaines d’organisations, dont plusieurs grandes banques, ont aussi accepté de souscrire à l’accord, s’engageant à ne plus financer l’industrie du charbon.

Plus tôt cette année, l'Agence internationale de l'énergie a déclaré que pour atteindre la neutralité carbone à travers le monde d'ici 2050, aucun nouveau projet d'exploitation de combustibles fossiles – dont fait partie le charbon – ne devrait être approuvé après 2021, ce qui ne figure pas dans l'accord annoncé jeudi.

Représentation d'une forêt en feu.
Avec les informations de Reuters

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