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Un comité d’élus suggère de restreindre l’emploi du glyphosate au Nouveau-Brunswick

Un comité d'élus des quatre partis représentés à Fredericton fait ses recommandations sur le controversé herbicide.

Un hélicoptère répand un produit sur une forêt.

Épandage de glyphosate sur des terres de la Couronne dans la région de Brockway, au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/James Steidle

Radio-Canada

L’épandage de glyphosate doit être restreint encore plus au Nouveau-Brunswick, recommande un comité de l’Assemblée législative qui s’est penché sur la question.

Dans son premier rapport (Nouvelle fenêtre), le Comité permanent des changements climatiques et de l'intendance de l'environnement centre ses conclusions sur l’emploi controversé du glyphosate, après avoir entendu l’été dernier différentes perspectives lors des audiences publiques sur l’usage de pesticides et d’herbicide au Nouveau-Brunswick.

Le comité composé d’élus des quatre partis représentés à Fredericton recommande entre autres que l’épandage aérien de glyphosate soit fait à 1 km des habitations, plutôt qu’à 500 m, et à 100 m des zones naturelles protégées, des cours d’eau ou des terres humides.

Il demande par ailleurs que le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, Mike Holland, ordonne à la société Énergie NB de commencer sur-le-champ à éliminer progressivement l’épandage de pesticides sous ses lignes de transmission.

Pour tout commentaire, un porte-parole d’Énergie NB, Marc Belliveau, a indiqué que la société d’État prendrait le temps de mieux examiner le rapport du comité législatif avant d’y réagir.

Le glyphosate est utilisé en agriculture, dans l’industrie forestière et par des agences gouvernementales. Chaque année, des dizaines de milliers de kilogrammes de ce puissant herbicide sont pulvérisés sur les terres publiques.

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L'herbicide Roundup a été mis sur le marché dans les années 1970 par Monsanto, qui appartient depuis 2018 à la multinationale Bayer.

Photo : Reuters / Yves Herman

Santé Canada approuve son usage, mais des inquiétudes pour la santé publique et l’environnement persistent sur cet ingrédient soupçonné d’être un cancérigène probable. Il sera d'ailleurs retiré du marché aux États-Unis en 2023 par Bayer — à qui appartient Monsanto.

Dans son rapport, le comité dit justement avoir décelé des lacunes parmi les renseignements qui lui ont été fournis sur le glyphosate. On manque en particulier de preuves concernant ses effets à long terme sur la santé des êtres humains et de la faune, écrivent les élus.

Parmi ses recommandations, le comité demande que le ministère néo-brunswickois des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie développe des partenariats avec des universités et des organismes pour étudier les effets de l’épandage de pesticides sur la forêt, la faune et le gibier, ainsi que sur les remèdes autochtones.

Les auteurs du rapport souhaitent aussi que le gouvernement provincial demande à Santé Canada de réévaluer l’homologation du glyphosate tous les cinq ans, en se fiant aux recherches qui seront effectuées sur le territoire du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement promet d'agir, mais ne se compromet pas

Mercredi, le ministre Holland, qui siégeait sur le comité, a promis que les choses allaient bouger dans ce dossier, mais il ne s’est pas engagé à ce que le gouvernement mette en pratique toutes les recommandations formulées.

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Mike Holland, ministre des Ressources naturelles et du Développement de l'énergie du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre néo-brunswickois Blaine Higgs, de son côté, assure ne pas être insensible à cet enjeu et déclare que les travaux du comité sont un pas vers une meilleure compréhension des impacts du glyphosate.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, croit que les recommandations ne vont pas assez loin, et que le comité a entendu suffisamment de preuves qui justifieraient de cesser complètement d’utiliser du glyphosate sur les terres de la Couronne

David Coon, qui est membre du comité ayant préparé le rapport, affirme par ailleurs que celui-ci ignore complètement les inquiétudes exprimées par des représentants des Premières Nations, qui affirment que l’épandage de glyphosate contrevient à certains de leurs droits issus de traités.

Steve Ginnish, directeur de la foresterie de l'entreprise Mi'gmawe'l Tplu'taqnn, à Eel Ground, avait déclaré lors des audiences l’été dernier que l’épandage de glyphosate avait des effets directs sur nos remèdes, sur notre nourriture, et par conséquent sur la santé des membres de notre communauté.

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Steve Ginnish, directeur forestier de l’entreprise Mi'gmawe'l Tplu'taqnn, lors des audiences tenues en juin.

Photo : Capture d'écran - Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Solutions de rechange au glyphosate

Le comité d’élus dit qu’il aurait souhaité également obtenir les perspectives des agriculteurs au sujet de solutions pour remplacer le glyphosate, ainsi que davantage de données au sujet des coûts et des avantages d’utiliser le glyphosate en foresterie, comparativement à d’autres méthodes.

Sur ce dernier point, il recommande que le gouvernement entreprenne d’ici l’automne 2022 une vaste étude coûts-avantages qui comparerait les effets d’utiliser ou non des herbicides dans la gestion des plantations d’arbres au Nouveau-Brunswick.

Le comité encourage également une foresterie à vocation écologique pour conserver les forêts anciennes de feuillus, de résineux et de peuplements mixtes, ainsi que l’ajout de zones naturelles protégées.

Avec des renseignements d'Alix Villeneuve

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