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Pourquoi de nombreux Sud-Coréens immigrent-ils au Canada?

Près de 200 000 personnes d'origine coréenne vivent au Canada; 75 % sont nées en Corée du Sud.

Ariane Desgagnés-Leclerc debout dans le métro de Séoul.

Le métro est la façon la plus simple de se déplacer à Séoul, la capitale de la Corée du Sud. Il est d’ailleurs l’un des réseaux les plus utilisés au monde.

Photo : Radio-Canada / Kim Vermette

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Corée du Sud fait partie des 10 principaux pays de provenance des immigrants reçus selon les récentes données d'Immigration Canada. Dans les années 60, les ressortissants sud-coréens étaient des immigrants économiques en raison de l'instabilité politique du pays. Bien que la Corée du Sud soit maintenant développée économiquement, la qualité de vie canadienne attire toujours ses ressortissants.

Zhan Su, professeur de stratégie et de gestion internationale à l'Université Laval, explique que la pression de performance et le niveau de compétitivité en Corée du Sud peuvent faire partie des raisons qui poussent les Sud-Coréens à immigrer au Canada. Certaines familles souhaitent que leurs enfants grandissent en dehors des normes sociales sud-coréennes.

« Ce ne sont pas des migrants économiques. Ce ne sont pas des réfugiés. Ils sont attirés par la qualité de vie étant donné le stress, les compétitions, les pressions de travail [en Corée] »

— Une citation de  Zhan Su, professeur de stratégie et de gestion internationale à l'Université Laval

C’est le cas de Grace Kangmeehae Lee, qui vit au Canada depuis 25 ans. Cette mère sud-coréenne a décidé d’immigrer afin d'offrir à ses enfants une éducation plus adaptée à leurs besoins. Elle explique qu’en Corée, les normes sociales mettent l’accent sur la quête du succès plutôt que sur l’épanouissement personnel de l’individu. Nous avons décidé de nous établir à Toronto pour leur permettre d’explorer leurs opportunités plutôt que les résultats académiques, dit-elle.

« Parce que l’éducation coréenne est plutôt conçue pour évaluer l’identité par les examens et les succès académiques. »

— Une citation de  Grace Kangmeehae Lee, torontoise

La mère de trois enfants explique que sa famille et elle adorent son pays d'origine, mais la quête de l’ascension sociale est, de nos jours, encore plus forte dans la société coréenne. Avoir accès aux meilleures universités, [...] la compétition, c’est encore plus dur que quand on a laissé le pays.

Grace Kangmeehae Lee fixe la caméra en souriant.

Grace Kangmeehae Lee vit à Toronto avec son mari et ses trois enfants. Elle fait actuellement une Maîtrise en Enseignement supérieure l'Université de Toronto.

Photo : Grace Kangmeehae Lee

Même son de cloche du côté du président du Conseil multiculturel canadien, Jae Chong, Torontois né en Corée du Sud. Le système éducatif en Corée est très compétitif, dit-il.

« Si vous avez des enfants qui vont au secondaire en Corée, vous ne les verrez presque pas. Ils doivent partir vers 7 h et reviennent vers minuit. »

— Une citation de  Jae Chong, président du Conseil multiculturel canadien

Immigrer pour s’éloigner de la pression sociale

Jae Chong explique qu’en Corée, même si la mentalité évolue, il y a une culture de la hiérarchie qui accroît les inégalités.

« Même si vous avez beaucoup d’argent, c’est mal vu d’acheter une voiture plus chère que celle du patron. Mais, c’est un peu différent maintenant. [ ...] La Corée entre dans la mondialisation. »

— Une citation de  Jae Chong, président du Conseil multiculturel canadien

Enfant, M. Chong a accompagné ses parents immigrants au Canada. Je suis entre la première et la deuxième génération d’immigrants sud-coréens, dit-il.

De plus, le Torontois croit que ceux qui ont du mal à gravir l’échelle sociale sud-coréenne peuvent aussi décider de venir vivre l’expérience canadienne, qui est beaucoup plus ouverte. Ils veulent se sentir à leur place.

Un rythme de travail effréné

Yooshin Kim vit au Canada depuis un an. Il explique qu’il préfère le rythme de vie canadien à celui de la Corée du Sud. Quand on vit en Corée du Sud, tout le monde est censé être rapide.

« Le rythme de travail en Corée est beaucoup plus rapide qu’au Canada. La limite du seuil fixé par la loi est 52 heures [par semaine]. Beaucoup de Coréens travaillent au-dessus de cette limite. »

— Une citation de  Yooshin Kim, Toronto

Il ajoute que les collégiens sont sous la grande pression des examens. C’est examens après examens, après examens. Il explique que cela pousse certains jeunes au suicide. C’est un grand problème social, dit-il.

Au Canada, je peux être moi-même, dit-il.

Pour lui, le fait que le gouvernement du Canada offre aussi la résidence permanente par le biais du programme des travailleurs qualifiés a également beaucoup joué dans la balance.

Yooshin a les bras croisés au niveau de sa poitrine. Il fixe la caméra en souriant. En arrière-plan, une table carrée et une chaise, ainsi que de nombreux objets hétéroclites, forment le décor autour de lui.

Yooshin Kim trouve que la liberté et l’égalité sont des valeurs plus fortement ancrées dans la mentalité canadienne que dans la société coréenne.

Photo : Yooshin Kim

Par ailleurs, Yooshin Kim a appris le français de façon autodidacte alors qu’il était au lycée en Corée. Il travaille dans un poste bilingue qui lui permet de poser sa pierre pour la francophonie. J’utilise l’anglais et le français quotidiennement.

« En Ontario, il manque des personnes bilingues, des personnes francophones, j’ai décidé d’y [vivre] »

— Une citation de  Yooshin Kim, Toronto

La Corée du Sud n’a pas toujours été un pays stable

Jae Chong, président du Conseil multiculturel canadien, explique que dans les années 60, les ressortissants coréens sont arrivés pour étudier au Canada. Certains ont décidé de s’y installer en raison de la situation économique critique qui sévissait en Corée du Sud. La Corée était probablement l’un des pays les plus pauvres au monde, dit-il.

« C’était instable du point de vue politique, sous un régime autocratique »

— Une citation de  Jae Chong, président du Conseil multiculturel canadien

Ainsi, l’immigration des Coréens au Canada a débuté vers les années 60 et s'est accélérée dans les années 90, explique de son côté le professeur de stratégie et de gestion internationale à l’Université Laval, Zhan Su.

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