Pénurie, classes virtuelles et diversité au coeur des défis de l’enseignement français
Les efforts pour sauvegarder le français s'incarnent de diverses manières à Elliot Lake, dans le nord de l'Ontario.
Photo : Radio-Canada
L'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) veut consulter ses 13 000 membres et la communauté par le biais d'un questionnaire sur l'avenir de l'éducation en français dans la province.
Les consultations, financées par le syndicat, s'échelonneront sur six mois.
L'initiative est intitulée Entre nos mains : l’école franco-ontarienne de demain et cible l'enseignement à l'élémentaire et au secondaire.
Les consultations doivent aborder différents enjeux, dit l'AEFO, y compris la pénurie de personnel enseignant francophone, l'enseignement en ligne, la diversité des élèves et du personnel, la décroissance du nombre d'élèves dans plusieurs régions et la privatisation de certains services scolaires.
Un sommet sur le sujet doit par ailleurs être organisé en mai prochain. Un rapport sera ensuite rédigé et rendu public.
La présidente de l'AEFO, Anne Vinet-Roy, dit qu'il est grand temps d'agir pour ne pas être en mode réactif
.
« C'est un bon moment pour trouver des solutions aux défis qui semblent perdurer dans nos écoles. »
On est bien plus qu'un syndicat
, ajoute Mme Vinet-Roy, qui espère mobiliser le plus de partenaires et de francophones possible pour ces consultations.
Elle assure que l'AEFO ne cherchera pas à prendre parti contre un argument ou un autre durant les consultations. On reste ouverts à n'importe quelle idée
, dit-elle.
Le syndicat dit que l'objectif des consultations est de faire l'état des lieux, mais aussi de déterminer des approches et des stratégies par lesquelles il sera possible de faire croître et de maintenir le nombre d’élèves dans les écoles afin de continuer à jouer un rôle clé dans le développement de nos collectivités
.
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Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, dit que son gouvernement continuera à appuyer l'éducation en français.
Pour la croissance de la communauté francophone de notre province, souligne-t-il, il est essentiel de s'assurer que nos élèves reçoivent une éducation en français de qualité.
L’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO) se réjouit de l'initiative de l'AEFO. Pour le président de l'ACÉPO, Denis Chartrand, il s'agit d'un exercice qui arrive à point
.
Le temps dira s’il y a des pistes de solution concrètes
, déclare-t-il.
Ses priorités sont entre autres de s'attaquer à la pénurie d'enseignants francophones, de s'assurer que les cours en ligne soient donnés par des enseignants franco-ontariens et supervisés par les conseils scolaires francophones et d'élargir le réseau d'écoles françaises pour que chaque région de la province ait une école française laïque.
Avec des renseignements fournis par Myriam Eddahia