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15 $ l’heure, pas assez pour vivre en Ontario

Une personne brandit un billet de 5 dollars.

La hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure ne parvient pas à combler l'inflation galopante de ces derniers mois, assure le NPD de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Anais Elboujdaini

Un organisme spécialisé estime le salaire de subsistance, soit le revenu minimum nécessaire pour vivre décemment, entre 16,20 $ et 22,08 $ l’heure selon où l’on vit en Ontario. Le coup de pouce au salaire minimum annoncé par le gouvernement Ford mardi se situe bien en dessous.

Lundi, l’Ontario Living Wage Network (OLWN, Réseau ontarien du salaire de subsistance, traduction libre) a mis à jour son indice pour la plupart des 26 régions analysées afin de refléter ce que les gens doivent gagner pour couvrir les dépenses réelles dans leur communauté.

Sans surprise, Toronto est l’endroit où vivre coûte le plus cher, tandis que Thunder Bay, London, Sault-Ste-Marie et Sudbury font partie des endroits plus abordables (salaire de subsistance estimé à moins de 17 $ l’heure).

Une infographie montre les niveaux de six villes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce tableau montre la différence entre le salaire minimum au 1er janvier 2022 par rapport au salaire de subsistance estimé par ville.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Si la méthode de calcul n’a pas été rendue publique, plusieurs facteurs entrent en compte pour établir ces taux horaires, dont le salaire, le nombre de personnes dans le ménage, les prestations sociales du gouvernement, les cotisations et le coût de la vie local (loyer, nourriture, etc.).

Le salaire minimum légal s'élèvera à 15 $ au 1er janvier prochain, a promis mardi le premier ministre Doug Ford. C’est un pas en avant, selon le président national du syndicat Unifor, Jerry Dias, mais c’est encore insuffisant.

Est-ce que je pense que 15 $ est merveilleux? La réponse est non. Est-ce un bon début? La réponse est oui, a-t-il déclaré lors de l’annonce gouvernementale, à laquelle il a participé.

« Nous n'avons pas besoin d'un salaire minimum, nous avons besoin d'un salaire de subsistance. »

— Une citation de  Jerry Dias, président national d'Unifor

Le fossé entre les deux n’a pas lieu d’être et doit être comblé, selon Scott Florence, directeur général du Centre d’éducation et d’appui des travailleurs de Sudbury, un organisme partenaire de l’OLWN.

Le salaire minimum était censé d'être un salaire minimum vital. Mais cette idée a été abandonnée il y a très longtemps.

Il regrette surtout le fait qu’il ait fallu attendre trois ans pour voir se concrétiser le passage aux 15 $ l’heure promis par le gouvernement précédent de Katherine Wynne en 2018.

Le coût de la vie en hausse

Si Doug Ford n’avait pas annulé ce projet, le salaire minimum serait aujourd'hui de 15 $ et 85 sous en prenant en compte les hausses annuelles indexées sur l’inflation, assure M. Florence.

L’opposition n’a pas manqué de relever le problème après l’annonce de mardi. La chef du NPD de l’Ontario, Andrea Horwath, a d’abord pointé le fait que le rejet des 15 $ l’heure par Doug Ford en 2018 représente un manque à gagner de 5300 $ pour les personnes au minimum salarial jusqu’à aujourd’hui.

Et, selon elle, l’augmentation du salaire minimum ne parvient pas à compenser la flambée des prix actuelle.

Le coût de tout est monté en flèche depuis lors –comme le logement, l'assurance automobile, la nourriture et l'essence – et 15 $ l'heure ne suffisent plus.

Deena Ladd sourit devant un micro.

Deena Ladd, directrice générale de l'organisme Worker's Action Centre à Toronto, estime que la pandémie a permis une prise de conscience sur les bas salaires de nombre de travailleurs essentiels.

Photo : Photo fournie par Deena Ladd

Deena Ladd, directrice générale de l’organisme de défense des travailleurs Worker’s Action Centre à Toronto, partage ce constat.

Un emploi devrait suffire, vous ne devriez pas être obligés d'avoir deux ou trois emplois pour essayer de joindre les deux bouts, s’offusque-t-elle.

Elle plaide pour des solutions qui harmoniseraient salaire minimum et conditions de vie décentes.

L'importance cruciale des avantages sociaux

Il s’agit d’abord de faire baisser le prix des loyers en comblant le manque de logements abordables et surtout de garantir le respect des droits du travail comme les heures supplémentaires payées, les salaires de jour férié, 4 % d’indemnité de vacances et étendre ceux-ci.

Si  [ces avantages] ne sont pas payés, cela contribue également à votre pauvreté et contribue à ce que les gens n’obtiennent pas ce qu'ils devraient de leur lieu de travail.

Le travail décent [ne se compte] pas juste en salaire, mais aussi en avantages sociaux, s’accorde à dire Scott Florence.

Des personnes masquées montent dans un autobus.

Des passagers se pressent dans un autobus à l'extérieur d'un entrepôt de distribution d'Amazon à Brampton, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Franck Gunn

Mme Ladd souligne le projet de loi 8 en cours d’examen à Queen’s Park. Porté par la députée néo-démocrate Peggy Sattler, ce texte propose d’inclure 10 jours de congé maladie payés par an à la Loi de 2000 sur les normes d’emploi.

S’il est voté, ce texte contribuerait grandement à soutenir les travailleurs à bas salaire au salaire minimum, et surtout les femmes, indique-t-elle.

Au cours de la pandémie, le gouvernement Ford a rechigné à accorder des jours de congé maladie payés aux travailleurs qui doivent s'absenter pour des raisons liées à la COVID-19, jusqu'à la troisième vague.

Ça va être très intéressant de voir ce que le gouvernement fait sur cette législation, conclut Mme Ladd.

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