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Entre échecs et succès, le long chemin pour se rendre à la COP26 de Glasgow

Une cheminée crache de la fumée dans un ciel embrasé.

Depuis des décennies, les négociations internationales pour contrer les causes et les effets du réchauffement climatique naviguent entre échecs et succès.

Photo : iStock

Radio-Canada

La COP26 de Glasgow sur les changements climatiques tentera d’intensifier la lutte contre le réchauffement des températures qui détruit la Terre. Cette conférence appartient à un long processus de négociations internationales qui a connu des résultats plus ou moins probants depuis quelques décennies.

À Rio de Janeiro, des pas timides contre le réchauffement climatique…

« À Rio, d’un point de vue climat, les pays s’engagent à stabiliser les gaz à effet de serre. […] On se donne jusqu’en 2000 pour ramener nos émissions de gaz à effet de serre à ce qu’elles étaient en 1990. »

— Une citation de  Steven Guilbeault, 2015

Au début des années 1990, il est devenu évident que le réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre (GES) constitue une menace planétaire.

Un Sommet de la Terre, tenu à Rio de Janeiro au Brésil en 1992, pose les premiers jalons d’une lutte internationale concertée contre ce phénomène.

Vu de l'avant-scène de la conférence de Montréal tenue au Palais des congrès.

Aujourd'hui l'histoire, 25 novembre 2015 (audio)

Photo : Radio-Canada

Le 25 novembre 2015, l’animateur de l’émission radiophonique Aujourd’hui l’histoire, Jacques Beauchamp, reçoit un invité qui a été un participant très attentif à ce sommet.

Il s’agit de Steven Guilbeault.

En 2015, il est le directeur principal et porte-parole de l’organisation environnementale québécoise Équiterre et travaille pour Greenpeace Canada.

Il est depuis le 26 octobre 2021 ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique.

Steven Guilbeault croit que c’est au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro que la communauté internationale prend réellement acte de l’ampleur planétaire des changements climatiques et de la nécessité d’une lutte mondiale coordonnée.

Le Sommet de la Terre adoptera des mesures pour amorcer cette lutte.

Mesures du Sommet de la Terre (Conférence de Rio de Janeiro) 1992

  • Une Convention sur la diversité biologique
  • Une Convention sur la désertification
  • Une Convention-cadre sur les changements climatiques

On constate rapidement cependant, se souvient Steven Guilbeault, que cet effort ne sera pas suffisant pour endiguer le problème.

Cette conclusion explique le coup d’accélérateur que la Conférence de Kyoto tentera de mettre en place en 1997.

… qui mèneront à un accord à l’arraché à Kyoto...

« Ça devait être la conférence qui permettrait d’adopter des mesures décisives contre les effets de serre. Mais Kyoto, finalement, aura été la conférence des compromis laborieux. »

— Une citation de  Bernard Derome, 1997

En décembre 1997, les négociations sur la lutte contre les changements climatiques se transportent à Kyoto, au Japon.

Steven Guilbeault se remémore des discussions difficiles durant lesquelles les pays industrialisés et ceux en voie de développement se disputent sur le contenu d’une éventuelle entente.

Téléjournal, 10 décembre 1997

Ce souvenir est confirmé par un reportage du journaliste Raymond Saint-Pierre, présent aux négociations de Kyoto, et qui est présenté au Téléjournal le 10 décembre 1997.

Bernard Derome anime ce jour-là le Téléjournal.

Le reportage de Raymond Saint-Pierre détaille les désaccords et les compromis que devront faire les négociateurs pour arriver à une entente.

Il rappelle qu’une première mouture proposait une diminution de 6 à 8 % des émissions globales de GES.

Celle-ci sera cependant rejetée.

Le protocole de Kyoto 1997

  • Diminution d'au moins 5 % des émissions globales de six gaz responsables des GES en dessous des niveaux de 1990 entre 2008 et 2012.
  • Le plus gros des efforts de diminution devront être faits par les pays industrialisés.
  • Le protocole de Kyoto devait d'abord être ratifié par au moins 55 pays, dont les émissions combinées représentaient 55 % du total des émissions de 1990.
  • Entrée en vigueur en 2005.

Kyoto se terminera dans la discorde, conclut Raymond Saint-Pierre. Les écologistes sont dans l’ensemble déçus.

En décembre 2005, la conférence de suivi de Montréal permet d'adopter des mécanismes de fonctionnement pour le protocole de Kyoto.

En rétrospective, beaucoup d'États signataires du protocole de Kyoto respectent leurs engagements.

Mais des États comme le Japon, la Russie et l’Australie n’atteignent pas leurs objectifs.

Les États-Unis ne ratifieront jamais le protocole de Kyoto.

Le Canada s’en retirera en décembre 2011.

... puis à des négociations en dents de scie

En décembre 2015, c’est au tour de la ville de Paris d’accueillir des négociations internationales sur le climat.

En 2009, le Danemark a organisé un sommet à Copenhague durant lequel on devait accélérer la lutte contre les GES.

Cette rencontre a été un fiasco.

Téléjournal, 12 décembre 2015

Les résultats de la conférence de Paris se révèlent différents, comme le rapporte le journaliste Jean-François Bélanger, présent à l’événement, dans ce reportage du Téléjournal du 12 décembre 2015.

Le reportage souligne le rôle important que joue la France pour que ne se répète pas l’échec de Copenhague et qu’un texte soit transformé en accord.

C'est le premier accord vraiment universel destiné à la lutte contre le réchauffement climatique.

Accord de Paris 2015 adopté par 195 nations

  • Limiter le réchauffement de la Terre bien nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
  • Poursuivre l’action pour tenter de le limiter à 1,5 °C.
  • Financer à partir de 2020 à hauteur d’un minimum de 100 milliards de dollars annuellement l’adaptation des pays moins bien développés aux changements climatiques. Le montant sera haussé à partir de 2025.
  • Réviser tous les cinq ans les cibles nationales des pays signataires.

La ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, est très satisfaite qu’une limite de réchauffement à 1,5 °C ait été adoptée dans l’Accord de Paris.

Les écologistes sont aussi très contents de l’entente négociée à Paris.

Il s’agit maintenant, comme le dit Jean-François Bélanger, de le mettre en œuvre.

« On a joué à une négociation par épuisement. Dans la plénière, il y avait plein de sièges vides. Moi, je n’avais jamais vu ça. »

— Une citation de  Étienne Leblanc, 2019

Téléjournal, 15 décembre 2019

Ce ne sera cependant pas facile, comme le montre un reportage du journaliste Michel Marsolais sur la Conférence de Madrid en Espagne présenté au Téléjournal le 15 décembre 2019.

Ça a été une occasion ratée et même un échec, résume Michel Marsolais.

Certains pays, comme le Brésil et la Chine, ont demandé que leur objectif de baisse des émissions de GES soit revu… à la baisse.

Lors d’une conversation qui suit le reportage de Michel Marsolais, l’envoyé spécial de Radio-Canada à Madrid, Étienne Leblanc, explique cet échec.

Il confirme à l’animatrice Pascale Nadeau que les grands États producteurs de GES ont pratiquement saboté la conférence par une stratégie d’épuisement des délégations des petits pays.

On a renvoyé l’adoption d’importantes décisions à la COP26 à Glasgow en 2021, ajoute-t-il.

Étienne Leblanc ne montrait pas à ce moment-là beaucoup d’optimisme sur les chances de succès en Écosse.

Les grands émetteurs, comme les États-Unis alors dirigés par le président Donald Trump, pouvaient ne pas adhérer à de nouvelles cibles.

Ils sont par ailleurs peu influencés par la pression croissante émanant de la société. Les grands émetteurs vont à leur rythme, soutient le journaliste.

La COP26 se tient à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre 2021.

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