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Un test pour les démocrates en Virginie en ces premières élections de l’ère Biden

Terry McAuliffe prend la parole, devant Glenn Youngkin, au cours d'un débat.

Le démocrate Terry McAuliffe (à gauche) et le républicain Glenn Youngkin, lors d'un débat des candidats au poste de gouverneur de la Virginie.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Agence France-Presse

Les habitants de l'État américain de Virginie votaient mardi pour élire leur gouverneur, un scrutin qui a valeur de test pour les démocrates et Joe Biden qui, fragilisé par des sondages en berne, espère une victoire pour relancer son camp, un an avant des élections de mi-mandat à haut risque.

Nous allons gagner cette élection même si elle est serrée entre les deux candidats, le démocrate Terry McAuliffe et le républicain Glenn Youngkin, a affirmé le président américain depuis Glasgow, appelant les démocrates à se déplacer pour voter.

Les bureaux de vote fermeront à 19 h, heure locale, dans cet État de la côte est des États-Unis, mais les résultats définitifs ne sont pas attendus avant mercredi au plus tôt; de nombreux électeurs ont déjà voté par anticipation.

Si la Virginie s'est prononcée largement pour le président démocrate lors de la présidentielle il y a un an, la popularité de ce dernier s'est effritée depuis le chaotique retrait américain d'Afghanistan.

Au niveau local, la large avance de Terry McAuliffe, 64 ans et ancien gouverneur (2014-2018) de cet État voisin de la capitale fédérale, a aussi fondu face à M. Youngkin, un homme d'affaires de 54 ans, et ils sont désormais au coude-à-coude.

Le démocrate, dont l'électorat est essentiellement urbain, a affirmé mardi dans un message de campagne avoir les nerfs en pelote à l'idée d'une potentielle victoire de son adversaire qui rimerait avec quatre ans de théories du complot et de politique extrémiste.

Glenn Youngkin mise, lui, sur la popularité de Donald Trump auprès de l'électorat rural de cet État.

Il est contre le port obligatoire du masque, l'obligation de vaccination chez les enfants ou dans certaines professions, et a investi le champ de bataille des programmes scolaires.

Il combat farouchement l'enseignement de la théorie critique de la race, courant de pensée qui analyse le racisme comme un système plutôt que selon des préjugés individuels.

Et il est accusé par son adversaire de chercher à bannir des écoles certains livres d'auteurs noirs, comme le classique de la littérature Beloved, récompensé par un prix Pulitzer, de la Prix Nobel Toni Morrison, ce que le républicain nie.

Glenn Youngkin a mis en avant dans une récente annonce électorale une mère de famille qui avait lancé une campagne pour que cet ouvrage soit retiré du programme, affirmant que certains passages violents avaient fait faire des cauchemars à son fils collégien. (Maintenant âgé de 27 ans, celui qui a lu l'œuvre il y a une dizaine d'années travaille aujourd'hui pour le Comité national républicain du Congrès.)

Une femme, tenant un livre, sourit.

Toni Morrison, monument de la littérature afro-américaine, est décédée en août 2019.

Photo : Getty Images / AFP / Patrick Kovarik

Apaiser les craintes des électeurs centristes

Mais le candidat républicain n'a pas endossé les prises de position les plus outrancières de M. Trump pour ne pas effrayer les modérés et les indécis.

Une victoire de M. Youngkin offrirait aux républicains un tremplin pour les élections de mi-mandat, avec l'objectif de reprendre le contrôle du Congrès.

Signe de l'importance de l'élection, les poids lourds du parti démocrate — Joe Biden, sa vice-présidente Kamala Harris, l'ex-président Barack Obama, entre autres — sont venus soutenir M. McAuliffe.

Ce scrutin est considéré comme un baromètre du soutien à la politique du président américain, dont les grands plans d'investissements — l'un dans les infrastructures, l'autre sur un volet social et climatique — sont bloqués au Congrès, victimes de dissensions entre les démocrates.

La mobilisation des électeurs afro-américains dans cet État où le passé esclavagiste fait régulièrement l'objet de débats brûlants est également scrutée.

M. Biden avait pu s'appuyer sur eux pour accéder à la Maison-Blanche, mais certains lui reprochent d'avoir perdu de vue ses grandes promesses sur l'accès des minorités au vote ou sur la réforme de la police.

Une autre élection dans l'État, celle du lieutenant-gouverneur (gouverneur adjoint), sera historique, car une femme de couleur accédera pour la première fois à cette fonction : la démocrate Hala Ayala, aux origines libanaises, afro-latino et irlandaises, ou la républicaine Winsome Sears, une Afro-Américaine.

Le poste de gouverneur est également en jeu mardi dans le New Jersey. Le sortant, le démocrate Phil Murphy, est en tête des sondages face au candidat républicain modéré Jack Ciattarelli.

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