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L’urine, un futur outil pour diagnostiquer les commotions cérébrales?

Un technicien manipule des échantillons d'urine.

Les tests d'urine de jeunes joueurs de hockey ont été récoltés dans le cadre de cette étude.

Photo : Getty Images / AFP/Franck Fife

Et si un simple test d’urine permettait de dépister et diagnostiquer les commotions cérébrales?

Avec cette hypothèse en tête, des chercheurs de l’Université de Lethbridge et de l’Université de Calgary, en Alberta, ont fait équipe pour dénicher des biomarqueurs indiquant des dommages au système nerveux grâce à l'urine, soit un fluide plus facilement accessible qu’une prise de sang.

Nous sommes vraiment ravis d’avoir découvert la signature de 18 métabolites différents [à l’intérieur de l’urine] pour nous aider à mieux diagnostiquer objectivement si quelqu’un a une commotion ou non, se réjouit une des chercheuses de cette étude pilote, Gerlinde Metz.

Une image d'un cerveau faite par la spectroscopie par imagerie magnétique.

Chantel Debert espère que ces découvertes de biomarqueurs pousseront les technologies de spectroscopie par imagerie magnétique à se développer afin de les rendre plus accessibles dans le domaine médical.

Photo : Université de Calgary

Dans la réalité du monde clinique, explique-t-elle, les commotions sont la plupart du temps diagnostiquées à l’aide de tests neurologiques utilisant des questionnaires ou des examens pouvant induire un degré de subjectivité dans l’évaluation médicale.

Ça peut être compliqué de savoir si les symptômes sont légers ou graves, ajoute Mme Metz. Nos biomarqueurs d’analyse peuvent ainsi aider à trouver précisément qui a une commotion [...] et accélérer tout le processus d’évaluation.

Un facteur d’impact qui pourrait servir dans le domaine des sports autant pour faire un diagnostic que d'émettre un pronostic. On pourrait alors mieux déterminer qui a besoin de repos et qui pourrait retourner sur le terrain, illustre Gerlinde Metz.

C’est notre Saint-Graal

Évaluer la présence des métabolites demeure cependant un processus chronophage et contraignant, même s'ils se retrouvent dans l'urine.

Une fois l’urine recueillie, il faut la garder au frais dans un réfrigérateur, confie une des personnes à l'origine de l’étude pilote et une chercheuse à l’Université de Calgary, Chantel Debert, tout en soulignant que les résultats de l'analyse peuvent prendre des mois.

La technologie de spectroscopie utilisée pour analyser les tests d’urine par son équipe est dispendieuse, souligne-t-elle, en plus de prendre beaucoup d’espace. Difficile alors de la retrouver dans le vestiaire d’une équipe de football ou dans le cabinet d’un médecin.

Notre prochaine étape maintenant est de trouver un spectromètre pour trouver les biomarqueurs en l’espace de quelques heures après une blessure, fait-elle savoir.

« Comme ça, il suffirait de récolter un échantillon d’urine, le mettre dans la machine, chercher certains profils [biologiques] et dire 5 minutes plus tard : ‘’Cette personne n’a pas de commotion et peut retourner jouer!’’. Ce serait fantastique. »

— Une citation de  Chantel Debert, codirigeante le groupe de travail sur les traumatismes craniocérébraux de l’Institut du cerveau Hotchkiss

Ces avenues technologiques, c’est notre Saint-Graal, déclare-t-elle.

L’univers des métabolites et des biomarqueurs s’applique aussi aux autres fluides corporels du corps humain, comme la salive ou la sueur. Ensemble, ces deux facteurs agissent comme un tremplin vers d’autres percées scientifiques et médicales, explique Chantel Debert.

Elle espère voir la découverte des biomarqueurs s’appliquer à d'autres maux pour diagnostiquer rapidement des maladies comme l'Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

Notre but, en fin de compte, c’est d’offrir un outil ou accessoire clinique objectif [et rapide] aux médecins pour les aider dans leur travail, conclut-elle.

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