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Le manque de concurrence en transport aérien coûte cher à Québec, selon l’IREC

Un avion s'apprête à sortir d'un hangar.

La coopérative d'aviation TREQ souhaite s'ajouter à l'offre de transport régional (archives).

Photo : Vidéo de promotion de TREQ

Radio-Canada

Les pertes de Québec seraient de 800 millions de dollars en revenus fiscaux en raison du manque de « concurrence » dans le secteur du transport aérien régional. C'est ce que conclut l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) dans une étude qui vient d'être publiée.

Les Québécois achètent en moyenne deux fois moins de billets d’avion interrégionaux que la moyenne canadienne, d’après les données présentées dans cette étude.

L’Institut de recherche en économie contemporaine met en cause le prix exorbitant des billets d’avion des compagnies aériennes régionales, qui seraient en moyenne 180 % plus chers au Québec qu’en Ontario.

Ces prix n’encouragent pas l’utilisation de l’avion par les Québécois.

Le manque de concurrence et le monopole exercé par certaines entreprises figurent parmi les causes principales des prix élevés des billets, toujours selon l'étude de l'Institut de recherche en économie contemporaine.

Un siège d'avion.

Les auteurs de l'étude de l'IREC recommandent l'arrivée de nouveaux joueurs dans le secteur du transport aérien régional (archives).

Photo : Vidéo de promotion de TREQ

Les auteurs recommandent la venue de nouveaux joueurs dans l’industrie.

Ils citent l’exemple de la Coopérative de transport régional du Québec (TREQ), qui n’a pas les mêmes objectifs de rentabilité qu’une entreprise traditionnelle et qui compte offrir des tarifs abordables pour ses dessertes régionales.

« C'est à l'opposé de ce que fait une entreprise commerciale visant le profit qui, elle, va [...] chercher à tirer le maximum de surplus de la vente de chaque billet. »

— Une citation de  Robert Laplante, directeur général de l'IREC

Le directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine, Robert Laplante, estime que le gouvernement doit améliorer la desserte régionale en soutenant les nouveaux joueurs.

Le projet Coopérative de Transport régional du Québec doit être étudié par le gouvernement du Québec, selon M. Laplante.

Réjean Porlier.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, s'appuie sur les recommandations de l'étude pour demander l'appui du gouvernement au projet de Coopérative de transport aérien régional du Québec (TREQ) (archives).

Photo : Radio-Canada

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, s’appuie sur les résultats de cette étude pour convaincre Québec de soutenir financièrement le projet de la Coopérative de Transport régional du Québec. Il se dit déçu de l’attitude de Québec dans ce dossier.

En réalité, on est plus restés sur notre appétit qu'autre chose. On est toujours en [finalisation], quand je parle aux gens de la coopérative de Transport régional du Québec, de compléter le financement. J'ai confiance que ça va se faire, soit dit en passant. Et moi, je pense que la coopérative de Transport régional du Québec fait partie de la solution, affirme M. Porlier.

« Une coopérative qui nous annonce d'emblée qu'elle va débarquer avec de plus gros avions, de meilleurs prix, personne ne peut se fermer les yeux là-dessus. »

— Une citation de  Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Au cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, on refuse de commenter ce dossier pour l’instant.

Par ailleurs, le lancement des activités de la coopérative se déroulerait bien, même si Québec tarde à confirmer son soutien.

Plus de 15 000 cartes de membre ont été vendues.

Un homme assis sur un chariot à bagages attend à l'aéroport.

La coopérative TREQ souhaite désormais que les grandes entreprises nord-côtières recourent à ses services pour assurer les déplacements de leurs travailleurs (archives).

Photo : Reuters / Mohamed Azakir

La coopérative cherche maintenant un engagement de la part des grandes industries de la région, notamment des minières de la Côte-Nord, pour assurer le transport de leurs employés.

Ça avance bien. Les choses roulent bien, le financement est là. Encore une fois, je mentionne que l’étape où on est rendus, c’est l’engagement de nos industries et de nos entreprises. On veut savoir que les grands de la Côte-Nord sont derrière nous et soutiennent le projet, soutient la vice-présidente du conseil d'administration de la Coopérative de Transport régional du Québec, Mirka Boudreau.

Aucune date officielle n'a été fixée pour les premiers vols. La coopérative dit attendre cet engagement des entreprises pour aller de l’avant.

La TREQ a reçu un montant de 3,5 millions de dollars en prêt de la part du gouvernement fédéral pour couvrir des coûts liés à sa commercialisation.

Pas la seule avenue possible

Quant à lui, Daniel Côté, président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé, ne s'offusque pas du refus de Québec de soutenir le projet de la Coopérative de Transport régional du Québec.

Selon lui, le projet de coopérative est une des solutions possibles pour relancer le transport aérien interrégional et pour assurer des dessertes aériennes régulières dans l'ensemble de l'Est-du-Québec.

Daniel Côté.

Le président de l'Union des municipalités du Québec, Daniel Côté, soutient que le projet de la coopérative TREQ n'est pas le seul à être envisageable pour relancer le transport aérien régional (archives).

Photo : Twitter/@DanielCoteGaspe

Selon lui, l'Union des municipalités du Québec croit plutôt dans la création, par le gouvernement, d'un système de régie du marché, à l'instar des autocars Orléans Express, exploités par l'entreprise Keolis.

« On n'a jamais voulu mettre l'accent sur un projet en particulier. Nous, ce qu'on a toujours soutenu, c'est qu'il fallait changer le modèle de transport aérien régional. »

— Une citation de  Daniel Côté, président de l'UMQ

TREQ était une possibilité de modèle qui pouvait changer la donne en transport régional. Il y a d'autres possibilités qu'on a mis de l'avant également, dont celle de régir les marchés, c'est-à-dire de s'assurer que les transporteurs en place offrent un prix qui a du sens, poursuit Daniel Côté.

Avec des informations de Félix Lebel, de Bruno Lelièvre et de Pierre Chapdelaine de Montvalon

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