•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des experts dénoncent les « faussetés » de la CAQ sur le 3e lien

Le tunnel sera aménagé sur deux étages avec un total de six voies de circulation, dont deux réservées au transport en commun.

Le tunnel sera aménagé sur deux étages avec un total de six voies de circulation, dont deux réservées au transport en commun.

Photo : Gouvernement du Québec

Piqués au vif par les propos des ministres François Bonnardel et Jonatan Julien, sept experts de l’Université Laval les accusent de propager « au mieux des demi-vérités, au pire des mensonges » sur le projet de troisième lien.

Dans une lettre publiée dans le Journal de Québec, les experts du Centre de recherche en aménagement et développement démontent un à un les arguments employés par le gouvernement Legault pour défendre le projet de tunnel d’un point de vue environnemental.

Ils s’attaquent principalement au ministre des Transports et au ministre des Ressources naturelles, qui soutiennent que le troisième lien entraînera une baisse importante des gaz à effet de serre (GES) puisque tous les véhicules qui y circuleront seront électriques et qu’il n’entraînera pas d’augmentation de la circulation.

Selon les auteurs de la lettre, la science ne laisse pourtant aucun doute. Les gens adaptent leur comportement à ce qu’on leur offre : plus de possibilités en automobile égale plus de circulation automobile. La science ne pourrait être plus claire, soutiennent les experts.

Les signataires soulignent que la CAQ se targue d’écouter la science dans la gestion de la pandémie de COVID-19. Pourquoi ne serait-elle pas bonne cette fois-ci? s’interrogent-ils.

« Répéter la même chose à qui veut l’entendre ne crée pas une vérité : ça entretient essentiellement le cynisme envers les politiciens, les décideurs publics et les organismes gouvernementaux. »

— Une citation de  Extrait de la lettre signée par sept experts de l’Université Laval

Quant aux réductions de GES attribuables aux véhicules électriques, elles n’ont rien à voir avec le troisième lien, selon eux. Favoriser l’utilisation de la voiture est tout sauf écologique. Certes, la production de GES sera moins importante, mais comme le soulignent eux-mêmes les ministres : la production globale sera moins importante […] même sans troisième lien.

La lettre est signée notamment par Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du Département de géographie de l’Université Laval, qui a démissionné du comité de suivi sur la Politique de mobilité durable après que les ministres Bonnardel et Julien eurent accusé les opposants au troisième lien de mentir sur les impacts environnementaux du projet.

Les six autres signataires sont François Des Rosiers, Jean Dubé, Claude Lavoie, Jean Mercier, Emiliano Scanu et Dominic Villeneuve.

Débat à l’Assemblée nationale

La lettre des chercheurs et professeurs de l’Université Laval a donné lieu à un échange corsé à la période de questions à l’Assemblée nationale.

Québec solidaire carbure aux mensonges, a pesté le ministre des Transports François Bonnardel quand la députée solidaire Catherine Dorion lui a demandé s’il allait soutenir que le 3e lien est un projet vert.

Rappelé à l’ordre par le président, le ministre a dû retirer ses propos puisqu’en vertu des règles parlementaires, il est interdit d’insinuer qu’un autre député ment.

Le ministre des Transports François Bonnardel et la députée de Québec solidaire Catherine Dorion

Le ministre des Transports François Bonnardel et la députée de Québec solidaire Catherine Dorion

Photo : Radio-Canada

Je suis un peu tanné que Québec solidaire nous fasse passer pour des cancres de l'environnement, a repris le ministre. Sans jamais répondre clairement à la question de savoir si le 3e lien est en phase avec les objectifs verts du Québec, François Bonnardel a plutôt martelé l’importance de l’électrification des transports dans la lutte aux changements climatiques.

L’interdiction de vendre des voitures neuves à essence à partir de 2035 fait dire au ministre que le Québec a le plan le plus ambitieux en termes d'électrification des transports de toute l'Amérique du Nord. Il a aussi rappelé que son gouvernement avait mis fin à l’exploration et à la possibilité d’exploiter les hydrocarbures du Québec.

Reprochant au ministre d’être hors sujet , Catherine Dorion a affirmé être tannée de rappeler au ministre des faits qui sont partout dans les journaux et qui sont partout dans les études.

Le fédéral « n'a aucune compétence »

Le gouvernement Legault est toujours déterminé à construire le tunnel et ce n'est ni Québec solidaire, ni le gouvernement fédéral qui l'en empêchera. Mardi, le ministre québécois de l'Environnement a minimisé l'importance de l'étude environnementale que souhaite mener Ottawa sur le projet.

Le fédéral n'a pas d'autorité sur la construction d'infrastructure au Québec, donc le fédéral pourrait émettre un avis, mais le fédéral n'a aucune compétence, avance Benoit Charette.

« Le fédéral ne pourrait pas, ultimement, empêcher la construction d'une infrastructure de cette nature-là au Québec. »

— Une citation de  Benoit Charette, ministre de l'Environnement du Québec

Le ministre souligne que l'objectif principal des études est d'atténuer les impacts environnementaux sans empêcher la réalisation des projets.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !