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La culture en serre, une solution face aux changements climatiques

Une jeune agricultrice dans les rangs d'une serre de production de tomates cerises.

On observe une tendance de transformation de l'agriculture traditionnelle dans les productions maraîchères.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Avec les changements climatiques, les conditions météorologiques sont de plus en plus imprévisibles. Les agriculteurs, aux premières loges des effets de cette crise climatique, pourraient être tentés de se tourner vers la culture en serre, moins dépendante des aléas extérieurs.

C'est par une journée froide et humide d’octobre à Langley, en Colombie-Britannique, que Colin Chapdelaine, président de BC Hothouse Foods, se tient au chaud à l'intérieur au milieu d'un champ de concombres.

La particularité de ce champ? Il peut être cultivé toute l’année, quelles que soient les conditions météorologiques.

Ce qui se passe est très stimulant, se réjouit Colin Chapdelaine. Il y a une renaissance de l'agriculture qui se produit sous nos yeux.

À l’ère des changements climatiques, Lenore Newman, directrice de l'Institut des aliments et de l'agriculture à l'Université de la vallée du Fraser, croit qu’il est temps de revoir les façons de faire.

« Il y a une certaine idée romantique de la ferme familiale, avec sa grange et son tracteur. Mais, aujourd’hui, la réalité et le climat ont changé, et nous ne pouvons plus utiliser nos anciennes méthodes d'agriculture.  »

— Une citation de  Lenore Newman, Université de la vallée du Fraser

Réduire l’impact sur l’environnement

Cultiver des fruits et légumes en serre serait aussi, selon Lenore Newman, plus écologique.

L’experte affirme que, chaque année, l’équivalent de 1,2 milliard de dollars de nourriture est importé en Colombie-Britannique depuis la Californie et davantage encore en provenance d’autres pays comme le Mexique.

Quand on mange une fraise de Californie, dit-elle, on mange littéralement de l'eau de Californie, que [ses habitants] ne peuvent pas se permettre de nous envoyer.

La serriculture permettrait ainsi de limiter les transports de marchandises et de réduire du même coup les émissions de gaz à effet de serre. La production en serre aurait aussi l’avantage, d’une part, d’utiliser moins de pesticides et, d’autre part, d’économiser plus d’eau grâce aux systèmes d’irrigation et de récupération.

Pierre-Antoine Gilbert, coordonnateur du programme de l'agriculture à l'Institut national d'agriculture biologique du cégep de Victoriaville, au Québec, ajoute que les fruits et les légumes en serre mûrissent en utilisant moins d’espace.

Sur un mètre carré ou sur un hectare, on peut être capable de multiplier les rendements par dix. Ce n’est pas négligeable, affirme M. Gilbert. En fin de compte, notre empreinte environnementale est moins grande parce qu’on vient concentrer ou optimiser cet espace-là.

Des framboises poussent en serre.

La culture en serre est utilisée pour produire des fruits et légumes frais toute l'année au Canada et ainsi améliorer l'autonomie alimentaire du pays.

Photo : Radio-Canada / Pascale Lacombe

Une technologie qui a un coût

L'infrastructure requise pour cultiver en serre a un coût. Le président de BC Hothouse Foods, Colin Chapdelaine, explique toutefois que les prix des lampes à DEL ont diminué et que de plus en plus de technologies permettraient de produire une diversité de fruits et légumes plus grande.

Cependant, selon Lenore Newman, certaines cultures comme le blé, les légumineuses et les pommes de terre resteront probablement à l'extérieur pour encore un bout de temps.

D'après un reportage de Anne-Julie Têtu

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