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Trudeau lance un appel à un « standard mondial » de tarification du carbone

Justin Trudeau parle dans un micro, des personnes qui l'entourent l'écoutent.

Le premier ministre Justin Trudeau a coprésidé une table ronde sur le prix du carbone mardi à Glasgow, dans le cadre de la COP26.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le premier ministre du Canada a appelé mardi les dirigeants de la planète à implanter un prix sur le carbone couvrant au moins 60 % des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale d'ici 2030, lors d'une table ronde qu'il coprésidait sur la question dans le cadre de la COP26, à Glasgow.

Selon Justin Trudeau, seulement 20 % des gaz à effet de serre (GES) produits dans le monde sont actuellement visés par une taxe sur le carbone.

Nous appelons la planète entière, les gouvernements de la planète, à tripler la couverture du prix sur la pollution et à s’assurer que 60 % des émissions à travers le monde soient [visées] par un système de tarification du carbone, a déclaré Justin Trudeau, tout juste après avoir été présenté comme un réel champion du prix sur le carbone par l'un des deux modérateurs de l'événement.

C’est un idéal, un objectif ambitieux, mais qu’on peut atteindre […] si on veut garder la cible de +1,5 °C vivante, a-t-il ajouté, en référence à l'Accord de Paris, adopté en 2015 par 196 pays afin de limiter le réchauffement planétaire.

« Nous savons tous que l’une des choses qui doivent sortir de cette COP, c’est un appel à un standard mondial pour mettre un prix sur la pollution. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Un prix global sur le carbone permettrait, selon M. Trudeau, d’envoyer un signal fort au secteur privé afin qu'il investisse plus massivement dans des solutions pour diminuer les émissions de GES, mais permettrait aussi d’assurer que les pays qui sont actuellement des leaders en matière de taxation du carbone ne soient pas indûment pénalisés.

Il a ainsi rappelé que le Canada allait augmenter son prix sur la pollution à 170 $ la tonne d'ici 2030, et que cette taxe couvre 75 % des émissions, ce qui en fait l'un des pays les plus stricts en la matière. Actuellement, une quarantaine de pays à travers le monde ont déjà adopté un système de tarification du carbone.

Justin Trudeau a toutefois reconnu qu'il n'est pas aisé d'implanter une telle politique. C’est difficile, ça l’a toujours été, parce que nous savons que les citoyens veulent plus de leadership sur le climat, mais ils craignent que ce soit eux qui finiront par en payer le prix.

Selon lui, l'acceptabilité sociale et politique d'une telle mesure s'est grandement améliorée depuis 10 ans.

En conférence de presse en fin de journée, M. Trudeau a réitéré son plaidoyer en faveur d'une tarification du carbone, tout en reconnaissant que chaque pays est libre d'utiliser les moyens qu'il veut pour y parvenir.

On sait aussi qu’un des outils les plus puissants, les plus efficaces pour le faire, c’est de mettre un prix sur la pollution, de s’assurer que de polluer n’est plus gratuit nulle part, a-t-il plaidé.

Alors les différents pays vont prendre leurs propres décisions sur […] quels outils ils vont utiliser. Mais nous, on est là pour démontrer que ça se fait. Ça se fait [d'une] façon directe, qui aide les gens, et qui va fonctionner pour limiter les émissions.

Et je sais qu’il y a bien des pays qui vont être intéressés par l’exemple, le leadership du Canada et d'autres pays qui sont déjà allés de l’avant avec la tarification du carbone.

« Il y a quelques années, personne n’aurait imaginé que nous pourrions établir un taux minimal de l’impôt sur les sociétés. Et soudainement, nous l’avons fait. Ça fait partie de ces bonnes idées, qui, au moment propice, sont adoptées par les gens. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

L'OCDE a en effet annoncé début octobre que 136 pays s'étaient entendus pour imposer une taxation minimale à 15 % aux multinationales enregistrant plus de 20 milliards d'euro (plus de 28 milliards $CA) de chiffre d'affaires à compter de 2023.

Notons que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mais aussi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, participaient à ce panel de discussion.

Arrivé lundi pour prendre part à la journée d'ouverture de la COP26, Justin Trudeau en était déjà à sa dernière journée.

Outre la table ronde qu'il a présidée, il a participé en après-midi à un événement sur le thème de la réduction des émissions de gaz méthane, organisé par les États-Unis et la Commission européenne.

Le nouveau ministre fédéral de l'Environnement, Steven Guilbeault, demeurera un peu plus longtemps en Écosse, de même que le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, et une partie de la délégation canadienne pour la suite de la COP26, qui doit prendre fin le 12 novembre.

Représentation d'une forêt en feu.

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