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La hausse du prix du lait bien accueillie par les producteurs de la région

Des machines pour traire les vaches sont attachées à une rangée de vaches laitières.

Regardez le reportage du Téléjournal Ottawa-Gatineau sur les réactions à la hausse du lait dans la région.

Photo : Reuters / Mike Blake

Le prix du lait et des produits laitiers devrait augmenter le 1er février 2022 d’environ 0,06 $ le litre et devrait, par le fait même, atténuer les pertes financières de plusieurs producteurs, dont ceux de l'est ontarien.

Cependant, certains dans l'est ontarien se demandent si cette hausse sera suffisante.

La Commission canadienne du lait (CCL) recommande une augmentation de 8,4 % des prix du lait à la ferme, une hausse importante qui devrait faire croître le coût des produits laitiers sur les tablettes des épiceries au cours de la nouvelle année.

La CCL a indiqué que l'augmentation des prix devrait être approuvée par les autorités provinciales le mois prochain.

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, le producteur laitier de Moose Creek dans l’est ontarien, Marc Quesnel, soutient que cela fait déjà plusieurs mois que les coûts et les salaires ont augmenté considérablement.

« Pour nous, tout a monté comme le restant des consommateurs. La moulée coûte plus cher, les réparations coûtent très cher. Faire venir les gens pour réparer nos choses, c'est exponentiel. »

— Une citation de  Marc Quesnel, producteur laitier de l'est ontarien

Il cite en exemple les cultures qu'il fait pousser pour nourrir son bétail. L’augmentation des prix des semences, engrais et herbicides a représenté une hausse de 150 000 $ cette année.

Capture d'écran d'une entrevue Facetime. L'homme est assis dans une cuisine.

Le producteur laitier de Moose Creek dans l’est ontarien, Marc Quesnel

Photo : Radio-Canada

Tous les ans, on travaille pour devenir plus efficace. Je ne sais pas où on va pouvoir devenir meilleur. Ça prenait minimum ça pour que ça arrive convenablement. Je vais être moins riche à la fin de l’année prochaine qu'une année ordinaire.

Selon lui, tous les agriculteurs souffrent déjà financièrement des coûts des produits, mais aussi de la main-d’œuvre et des salaires qui augmentent encore. Le gouvernement Ford a d'ailleurs annoncé, ce mardi, que le salaire minimum passera à 15 $ l'heure dès le 1er janvier 2022.

Tout le monde, on mange la poussière un peu et on essaie de s'ajuster. Ça va prendre quelques années avant que tout se replace. Le prix est toujours relié au coût de production. Cette hausse-là est nécessaire et on parle toujours d'une année de retard en plus, conclut l’agriculteur.

M. Quesnel souhaite une aide gouvernementale sous la forme d'un investissement dans la technologie afin de permettre aux producteurs d’être plus efficaces.

Tout le monde dans la région, on a de la misère à arriver à la fin du mois. [...] C'est un beau cadeau, j'espère qu'ils vont augmenter le prix en février, soutient Simon Beaulieu, agriculteur de sixième génération à Ste-Anne-de-Prescott, dans l'est ontarien.

L'homme se trouve dans une étable avec des dizaines de vaches derrière lui.

Le producteur laitier Simon Beaulieu dans sa ferme située à Ste-Anne-de-Prescott, dans l'est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

C'est une très bonne nouvelle, parce que ça fait 10 ans que les prix n'ont pas augmenté, ajoute-t-il. Les assurances, la machinerie agricole, tout ce qui a rapport avec l'équipement laitier, tout a augmenté, et nous, on est restés au même niveau.

Malgré la pression financière que ressentent les agriculteurs tant en Ontario qu’au Québec, le président-directeur général de la Laiterie de l’Outaouais se dit surpris de l’augmentation proposée.

« C'est jamais des éléments qu'on aime voir en tant que consommateur et en tant qu'entrepreneur, mais c'est quelque chose qui, dans le contexte dans lequel on vit, doit arriver. À cet effet, je pense qu'il faut vivre avec. »

— Une citation de  Yannick Bouchard, PDG de la Laiterie de l’Outaouais

Le PDG de la coopérative qui représente les producteurs laitiers de l’Outaouais dit que la laiterie va demeurer compétitive à tous les égards.

Malgré la hausse qui est annoncée, on fait toujours des efforts pour réduire nos coûts d'opération. On optimise nos routes de lait, par exemple, on magasine, on change de fournisseurs pour s'assurer de demeurer compétitif, mais c'est clair qu'il y a des limites à ce que notre entreprise peut faire.

Selon le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, le prix de détail du lait dans les épiceries pourrait augmenter jusqu'à 10 %.

Quant aux prix des produits laitiers comme le beurre, le fromage et le yogourt, ils pourraient progresser jusqu'à 15 %.

Avec des informations de La Presse canadienne, d'Ismaël Sy et de Denis Babin

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