•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Alberta ouverte à un plafond sur les émissions du pétrole, si Ottawa paie la note

L’ancien gouvernement NPD avait adopté un plafond de 100 mégatonnes pour les émissions des sables bitumineux.

Jason Kenney.

Jason Kenney était à Warburg, au sud-ouest d'Edmonton, pour faire le point sur différentes initiatives de réductions des émissions de GES.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, ne ferme pas la porte à l'idée de plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur pétrolier, comme l’a promis Justin Trudeau. Il demande cependant à Ottawa d’investir massivement dans des technologies de réduction des émissions comme le captage et le stockage du carbone.

Jason Kenney a rappelé à plusieurs reprises que le gouvernement fédéral n’a jamais atteint aucun de ses précédents objectifs de diminution des émissions de GES.

« On peut tous donner des discours à ce sujet, mais ce qui compte, ce sont les gestes concrets. »

— Une citation de  Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Il demande donc au gouvernement fédéral d’investir massivement dans des technologies qui permettraient à l'industrie pétrolière de diminuer ses émissions. Il doit investir 32 milliards de dollars dans le captage et le stockage du carbone, a renchéri son ministre de l’environnement, Jason Nixon.

Le premier ministre se dit également prêt à investir dans des projets de diminution des émissions. Les pétrolières albertaines se sont engagées à devenir carboneutres d’ici 2050, en grande partie grâce à la technologie de stockage du carbone.

L’Alberta dispose déjà en théorie d’un plafond qui limite les émissions des sables bitumineux à 100 mégatonnes par année. Celui-ci a été adopté par le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley. La loi n’inclut cependant aucune réglementation qui permettrait à la province de faire respecter cette limite.

Le plafond de 100 mégatonnes n’a jamais été atteint. Au début de 2020, le gouvernement fédéral prévoyait que les émissions des sables bitumineux seraient de 91,9 millions de tonnes.

Le Parti conservateur uni (PCU) de l’Alberta a maintenu cette limite symbolique après son arrivée au pouvoir. Jason Kenney dénonce le fait que le fédéral n’a pas consulté l’Alberta avant le discours de Justin Trudeau à la COP26 de Glasgow.

Il se dit prêt à avoir des discussions avec Ottawa, si un éventuel plafond des émissions ne limite pas la capacité du secteur pétrolier d’accroître sa production. Si le gouvernement fédéral adopte une approche du style "laisser le pétrole dans le sol", nous allons le combattre vigoureusement, a-t-il précisé.

La cheffe de l’opposition, Rachel Notley, demande par ailleurs à Ottawa d’adopter des plafonds similaires pour toutes les industries, et pas seulement celle du pétrole.

Jason Kenney dit qu'il veut connaître les détails du plan fédéral avant de se prononcer définitivement.

176 M$ pour 16 projets de réduction d’émissions

Lors d’une conférence de presse lundi, Jason Kenney a fait le point sur les projets financés grâce au programme d’innovation technologique et de réductions des émissions, mieux connu sous l'acronyme anglais TIER.

Ce programme est financé grâce aux recettes de la taxe sur le carbone que paient les grands émetteurs industriels en Alberta. La province a notamment investi 176 millions de dollars dans 16 projets qui mèneront à des diminutions de 7 millions de tonnes d’émission de carbone d’ici 2030, affirme le gouvernement.

Une vue de la raffinerie Sturgeon.

L'Alberta taxe une partie des émissions des grands émetteurs industriels.

Photo : NWR Sturgeon Refinery

Parmi eux figurent des prototypes de locomotives alimentées à l’hydrogène. Trois d’entre elles seront mises à l’essai par le Canadien Pacifique. 

Ce qui manque, c’est un plan et des ambitions qui tiennent compte de l’Alberta dans son ensemble, affirme cependant la directrice pour les énergies fossiles à l’Institut Pembina, Nina Lothian. Elle pense qu’il faut un plan avec des objectifs chiffrés de réduction des émissions tous les cinq ans.

Rachel Notley a pour sa part dénoncé le système TIER, qu’elle accuse d’être moins efficace en ce qui a trait à la réduction des émissions que la précédente version du programme mise en place par le NPD en 2018. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !