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Date de fin des mesures sanitaires : bénéfique si respectée

Des clients dînent au Hendriks Restaurant and Bar, sur la rue Yonge à Toronto, le 22 octobre 2021.

Les limites de capacité pour les restaurants ont été levées le 25 octobre.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

La fin des mesures sanitaires annoncée par l’Ontario offre un vent d’espoir après des mois à ne pas savoir ce qui s’en vient. Encore faut-il que les dates avancées soient respectées.

La stratégie provinciale pour une levée graduelle des mesures sanitaires atteindra son apogée le 28 mars, avec la fin du port du masque obligatoire dans les lieux publics, sauf exception. Et le fait d’avoir une date si précise peut avoir des effets bénéfiques, selon la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier.

Avoir une date précise vient ancrer dans la réalité un moment où on sait à quoi s’attendre. Ça peut être très utile , dit-elle. Elle explique que cela permet de savoir le temps qu’il reste à suivre les mesures, à vivre de manière différente. Psychologiquement parlant, c’est très aidant, souligne Mme Beaulieu-Pelletier.

Il y a cependant un piège. Le 28 mars est une arme à double tranchant si cette date n'est pas respectée.

« C’est quand même un pari qui est fait de dire qu’à la fin du mois de mars, on pourra y aller. Si les données sont suffisamment là, d’accord. Si on doit repousser la date, il faut être très conscient que le contrecoup va être important. »

— Une citation de  Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue

La psychologue explique que si on doit repousser la date, les effets psychologiques vont être plus négatifs que si on n’avait pas eu de date au préalable. Elle ajoute qu’il faut être certain de pouvoir respecter l’échéancier en avançant une date si précise.

Pourquoi des dates précises maintenant?

Au début de la pandémie de COVID-19, les projections étaient tout sauf précises, rappelle l’épidémiologiste et chargée de cours à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, Nimâ Machouf. Mais voilà que les autorités de santé publique en Ontario se sentent en sécurité avec des projections moins vagues.

Maintenant, avec la vaccination qui va quand même assez bien en Ontario, la santé publique en Ontario entrevoit un retour à la normale un peu plus concret , explique l’épidémiologiste.

Une femme se fait injecter le vaccin dans l'épaule.

En date du 5 novembre, 85 % de la population ontarienne admissible au vaccin contre la COVID-19 était pleinement immunisée.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Selon Mme Machouf, la gradation du plan ontarien est bien détaillée. C’est bien précisé que tout ça va être fait en parallèle avec une surveillance rapprochée de la COVID. Si on voit qu’il n’y a pas d’augmentation importante de cas, surtout après Noël, ils vont maintenir ce calendrier.

Elle ajoute que les mots-clés du plan à retenir sont en absence de tendance inquiétante , en expliquant que le plan de l’Ontario donne la place pour que la campagne de vaccination ait lieu. Si la vaccination des enfants se concrétise à partir du mois prochain, la fin des mesures d’ici fin mars est raisonnable, selon Mme Machouf.

L’épidémiologiste souligne qu’il est important de rappeler que les dates peuvent changer pour que la population ne s’emballe pas.

Elle est contente de voir que c’est écrit noir sur blanc dans le plan de déconfinement de l’Ontario, mais estime qu’il faudra le dire. Dans le discours, c’est très important parce que peu de gens vont aller voir l’écrit, lance-t-elle.

Le microbiologiste médical et infectiologue de l’Hôpital Humber River de Toronto et du Halton Healthcare d’Oakville, Neil Rau, n’est pas aussi optimiste. Il s’interroge sur l’efficacité de la date si loin dans le temps parce qu’il peut se produire beaucoup de choses d'ici la fin de mars.

Pour le Dr Rau, fixer des dates aussi lointaines ouvre la porte à ce que redoute la psychologue. De donner une date loin de maintenant, ça donne le choix au gouvernement de renverser sa décision, dit-il.

Une remontée des cas à l’hiver, mêlée à la propagation du rhume et de la grippe, pourrait faire reculer le gouvernement, d’après le Dr Rau.

Chacun son rythme

Quoi qu’il en soit, si les derniers mois ont été socialement difficiles pour certains, cela ne signifie pas pour autant que tous seront prêts à faire fi des mesures sanitaires en mars.

Il y a une certaine anxiété qui accompagne le retour à la vie normale. On a appris à vivre différemment, de nouvelles façons d’être en relation, mentionne la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. Ce n’est pas parce que du jour au lendemain on peut être proche des autres, d’enlever le masque, qu’on va être à l’aise de le faire.

Elle souligne que chacun devra être conscient que le rythme de l’autre ne sera pas le même.

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