•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COP26 : Trudeau réitère sa volonté de plafonner les GES des producteurs pétroliers

Le Canada est le seul pays du G7 qui n’est pas parvenu à diminuer ses émissions de GES depuis 2015.

Justin Trudeau pose près d'une affiche de la COP26.

Le reportage de Madeleine Blais-Morin

Photo : Associated Press / Phil Noble

Radio-Canada

Après avoir promis aux Canadiens de plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur des énergies fossiles pendant la campagne électorale fédérale, Justin Trudeau a réitéré cette volonté aux délégués de la COP26, lors de son allocution à l'ouverture de la conférence sur le climat, lundi, à Glasgow.

Ce n'est pas une mince affaire pour un grand pays producteur de pétrole et de gaz, a commenté le premier ministre Trudeau, assurant que le Canada allait aussi veiller à ce que les émissions de ce secteur économique diminuent au rythme et à l'échelle nécessaires pour atteindre la valeur nette zéro d'ici 2050.

C'est un grand pas qui est absolument nécessaire, a-t-il déclaré.

Un communiqué du cabinet du premier ministre a précisé que le gouvernement fixera des cibles de cinq ans et veillera à ce que le secteur [pétrolier et gazier] apporte une contribution significative à l'atteinte des objectifs climatiques du Canada pour 2030.

L'absence de réglementation pour le secteur des combustibles fossiles a longtemps été une pierre d'achoppement entre les environnementalistes et le gouvernement fédéral.

Justin Trudeau a en outre appelé à une action mondiale pour lutter contre les changements climatiques.

On doit faire plus et plus vite, a-t-il plaidé, rappelant la catastrophe qui a rasé le petit village de Lytton, en Colombie-Britannique, en juin dernier. Environ 90 % de la municipalité a été détruite par un incendie, tout juste après qu'un record de chaleur y fut établi à 49,6 °C.

« Ce qui s'est passé à Lytton peut se produire, s'est déjà produit ailleurs et pourra se produire encore, n'importe où. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

C'est le moment pour nous d'intensifier nos efforts – et de le faire ensemble [...] Comme on collabore tous pour en finir avec la pandémie de COVID-19, nous devons appliquer cette même urgence d'agir contre la crise climatique et la perte de biodiversité, a-t-il dit.

COP26 :Trudeau réitère sa volonté de plafonner les GES des producteurs pétroliers

Le premier ministre, qui a estimé dimanche qu'on mettait beaucoup l'accent sur les objectifs, mais pas suffisamment sur les résultats concrets, a en outre rappelé les principaux engagements du Canada pour combattre les changements climatiques :

  • établir un réseau de distribution d’électricité à émissions nettes zéro d’ici 2035;
  • interdire la vente de nouveaux véhicules légers à essence chez les concessionnaires à partir de 2035;
  • augmenter le prix sur le carbone à 170 $ la tonne d'ici 2030;
  • effectuer une première contribution au Fonds d'adaptation au changement climatique.

M. Trudeau a également noté que le Canada s'est engagé à verser 5,3 milliards de dollars pour aider les pays à revenu faible et intermédiaire dans leurs efforts de réduction et d'atténuation des émissions de GES, dont jusqu'à 1 milliard sera consacré à aider les pays à abandonner le charbon.

Représentation d'une forêt en feu.

Pas de nouvelles cibles

Si Justin Trudeau a promis de plafonner les émissions du secteur pétrolier et gazier, il n'a par ailleurs pas revu à la hausse ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à ce qui avait été annoncé plus tôt cette année.

En juillet dernier, Ottawa avait officiellement soumis aux Nations unies son nouvel objectif, qui vise à réduire de 40 à 45 % ses émissions par rapport à 2005 d'ici 2030. L'objectif précédent était une diminution des GES de 30 %.

Le Canada est le seul pays du G7 qui n’est pas parvenu à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2015, année où Justin Trudeau a été élu pour la première fois. Ce bilan a quelque peu terni sa réputation de dirigeant engagé pour combattre les changements climatiques.

Pour lancer l'initiative de plafonnement fédéral, le nouveau ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, et son prédécesseur, Jonathan Wilkinson, maintenant aux Ressources naturelles, ont par ailleurs sollicité pendant la journée l'avis du Groupe consultatif pour la carboneutralité, l'organisme indépendant d'experts créé par le gouvernement fédéral plus tôt cette année pour l'aider à mettre en œuvre son plan de réduction des émissions de GES.

Le Groupe consultatif devra maintenant aussi recommander au gouvernement des principes directeurs clés pour éclairer l'élaboration d'objectifs quantitatifs sur cinq ans, indique la lettre ministérielle.

Réactions mitigées

Le gestionnaire du programme national sur le climat au sein de l'organisme Environmental Defence, Dale Marshall, a estimé que l'engagement de M. Trudeau n'était pas à la hauteur des attentes.

Se concentrer sur les émissions de la production de pétrole et de gaz, mais pas sur la production [d'hydrocarbures] elle-même, permettra aux sociétés pétrolières et gazières de continuer à proposer de fausses solutions, telles que le captage et le stockage du carbone, l'hydrogène fossile et les cibles lointaines de "zéro net", tout en pompant de plus en plus de combustibles fossiles destructeurs pour l'atmosphère, a déclaré M. Marshall dans un communiqué.

Le Canada a les objectifs de réduction des émissions les plus faibles des pays du G7, a-t-il dit.

« Nous ne pouvons pas passer de celui qui retarde le groupe au pays en milieu du peloton sans réduire, dès maintenant, la production de pétrole et de gaz. »

— Une citation de  Dale Marshall, gestionnaire d'Environmental Defence

Le Canada comprend que notre avenir climatique réside dans les pays en développement, a pour sa part déclaré Mafalda Duarte, PDG du Fonds d'investissement climatique, qui travaille avec les banques de développement, les gouvernements et les communautés des pays en développement pour financer des solutions climatiques.

L'annonce d'aujourd'hui du premier ministre Trudeau est un signal fort du leadership du Canada en matière de financement climatique et représente une expansion significative du partenariat de 12 ans du pays avec le Fonds d'investissement climatique, a-t-il soutenu.

« Sauver l'humanité »

Antonio Guterres parle sur une scène derrière un lutrin.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, prononce un discours à l'ouverture de la COP26, à Glasgow, en Écosse.

Photo : afp via getty images / Paul Ellis

Avant Justin Trudeau, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a pris la parole afin d'exhorter les dirigeants du monde entier à sauver l'humanité des impacts catastrophiques du réchauffement.

L'ONU estime que même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, la planète se dirigera tout de même vers un réchauffement catastrophique de 2,7 °C par rapport à l'ère préindustrielle.

Les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) calculent que la Terre s'est déjà réchauffée de 1,1 °C et que le seuil maximal à respecter afin d'éviter les scénarios les plus dramatiques est de 1,5 °C.

Avant la COP26, les dirigeants des pays les plus industrialisés, réunis au sommet du G20 à Rome, ont d'ailleurs convenu que le réchauffement climatique devait être limité à 1,5 °C d'ici la fin de ce siècle.

Ils n'ont néanmoins pas réussi à se mettre d'accord sur des mesures spécifiques pour y parvenir.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !