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Aqueducs et égouts : les mal aimés de la politique municipale

Un tuyau jette de l'eau.

Franquelin est l'une des municipalités de l'Est-du-Québec qui rejette ses eaux usées dans la nature.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Radio-Canada

La campagne électorale municipale bat son plein au Québec et d’un bout à l’autre du territoire, des élus ont les yeux rivés sur une dépense importante de leur administration : les infrastructures d'aqueduc et d'égout.

Murdochville et Grande-Vallée, en Gaspésie, déversent leurs eaux usées directement dans la nature.

Havre-Saint-Pierre et Franquelin, sur la Côte-Nord, vivent la même réalité.

Le maire de Franquelin, Steeve Grenier, vient d'être réélu sans opposition. Il souhaite doter la municipalité d'une usine de traitement des eaux usées, faisant de ce dossier une priorité pour ce nouveau mandat.

Vous savez, on le [constate] nous-même. Il y a des odeurs et ça n'a pas vraiment de bon sens, laisse tomber l'élu lorsqu'il est questionné sur le sujet.

Pour l'usine [de traitement des eaux usées], on parle d'un projet d'environ 2 M$. Oui, le gouvernement va nous aider, mais il faut aller chercher de l'argent à gauche et à droite dans les différents programmes, ajoute M. Grenier.

« C'est sûr qu'il y aura une part du montant qui sera payée par les citoyens. »

— Une citation de  Steeve Grenier, maire de Franquelin
Le maire de Franquelin, Steeve Grenier

Le maire de Franquelin, Steeve Grenier (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Avec son programme d'infrastructure municipale d'eau, Québec pourrait financer entre 50 % et 95 % des infrastructures d'égouts et d'aqueduc. Qu'à cela ne tienne, le maire est d'avis que le budget de la Municipalité n'est pas en mesure d'absorber la facture résiduelle.

Il faut une aide supplémentaire. On n’est pas assez pour être capable de payer des travaux de cette envergure-là tout en suivant les normes, se désole M. Grenier.

Des citoyens entre deux chaises

Même s'ils se disent dérangés par le déversement d'eaux usées, des citoyens de Franquelin affirment du même souffle que les coûts liés à une usine de traitement sont, comme l'évoque le maire, trop élevés.

C'est le cas de Ginette Plante, rencontrée par Radio-Canada.

Ça n’aurait comme pas de bon sens parce que la population, c’est à majorité des aînés. Les pensions n'augmentent pas en conséquence. On n’aurait pas les moyens de payer pour les dépenses supplémentaires, plaide-t-elle.

Les plus grandes villes sont dans le même bateau

Les petites municipalités comme celle de Franquelin ne sont pas les seules à s’inquiéter de l'état de leurs infrastructures d'aqueduc et d'égout.

Même les plus grandes villes dotées d'une meilleure capacité de payer, comme Sept-Îles, doivent elles aussi mettre à jour leurs installations, ne serait-ce que pour répondre aux normes environnementales.

Si on a des normes plus sévères, il faut que le gouvernement augmente les enveloppes pour aider les municipalités et les villes, affirme le directeur générale de la Ville de Sept-Îles, Patrick Gwilliam.

« Parlons-en, des normes; à cause d’un changement de norme survenu en 2015, on est obligé d’investir 8 millions dans l’usine d’eau potable. »

— Une citation de  Patrick Gwilliam, directeur général de la Ville de Sept-Îles
Un homme en entrevue devant l'hotel de ville.

Patrick Gwilliam, directeur général de la Ville de Sept-Îles (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Indépendamment de l'issue du scrutin municipal le 7 novembre, le prochain maire de Sept-Îles n’aura pas le choix que de se pencher sur le financement de son système d’aqueduc et d'égout.

D’importants travaux sont à prévoir, dont le remplacement d'une conduite sanitaire usée prématurément, qui a cédé à trois reprises dans la dernière année. Ce projet sera à l'origine d'une facture évaluée entre 1 et 3 millions de dollars, que devront assumer les citoyens.

Malheureusement, c’est une tendance [...] à l’ensemble du Québec, où le gouvernement décharge certaines responsabilités aux Villes et Municipalités. Mais le financement ne suit pas, ajoute M. Gwilliam, sans détour.

Plusieurs villages espèrent aussi que Québec les appuiera davantage afin qu'ils soient en mesure de répondre aux normes environnementales, sans en subir les conséquences fiscales.

Les municipalités ont jusqu’en mars 2023 pour soumettre leur demande d’aide financière à Québec.

D'après le reportage de Félix Lebel

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