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Québec commémore les victimes de l’attaque au sabre

Une photo encadrée d'une femme tenant dans ses bras un chien est posée sur un banc à l'extérieur. Des bouquets de fleurs ont été déposés tout autour du cadre.

Une photo de Suzanne Clermont a été déposée sur le banc qui lui a été dédié, rue des Remparts.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Un ciel gris plane au-dessus de la capitale, qui souligne en ce 31 octobre un sombre anniversaire. Il y a un an, au moment où jeunes et moins jeunes défilaient dans les rues du Vieux-Québec pour célébrer l’Halloween, une attaque au sabre tuait deux personnes et en blessait cinq autres. Sur le coup de 13 h, dimanche, la ville s'est recueillie en mémoire des disparus.

Le coup d’envoi des cérémonies a eu lieu sur le parvis de l’hôtel de ville. Le maire sortant, Régis Labeaume, a pris brièvement la parole pour honorer Suzanne Clermont et François Duchesne, tous deux fauchés, apparemment au hasard, par l’assaillant.

Pour ne jamais oublier Suzanne Clermont. Pour nous rappeler sa joie de vivre, sa gentillesse, sa bonne humeur. Pour ne jamais oublier François Duchesne. Pour nous rappeler sa bonté, son dévouement, son engagement envers l’art et envers sa ville, a-t-il affirmé en s'adressant à la cinquantaine de personnes présentes sur place.

Une photo et des fleurs ont été déposées au sol, et sont entourées de deux policiers.

Des fleurs ont été déposées auprès d'une photo de François Duchesne, gardée par des policiers de la ville de Québec.

Photo : Radio-Canada

Le maire a également eu une pensée pour les cinq personnes qui ont été blessées dans l'attaque. Son allocution a été suivie par une minute de silence.

Régis Labeaume a aussi voulu souligner la résilience de la population de Québec.

« En 413 années d’existence, la ville de Québec a souvent été frappée. Elle a toujours résisté. Elle n’a rien oublié non plus, jamais rien oublié, non! »

— Une citation de  Régis Labeaume

Puis des cortèges, limités à 50 personnes pour respecter les consignes sanitaires, ont commencé à défiler dans les rues, se rendant jusqu’à deux endroits emblématiques de cette soirée fatidique : la rue des Remparts et la place d’Armes, au pied du château Frontenac, là où les victimes ont trouvé la mort.

Des fleurs déposées sur le lieu du meurtre de François Duchesne.

La place d'Armes était devenue un lieu de recueillement au lendemain de l'attaque.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La cérémonie se voulait sobre, à la demande des familles.

Le parvis de la mairie accueillera une plaque commémorative à la mémoire des victimes de l’attaque.

« Au lendemain du drame, la population de Québec et du monde entier accompagnait cinq personnes sur le chemin de la guérison et pleurait la disparition de deux des siens. Leur souvenir est pour toujours gravé dans le cœur de notre cité. »

— Une citation de  message écrit sur la plaque commémorative

Celle-ci sera installée sur une stèle permanente à la place d’Armes, au printemps prochain.

Visuel de la plaque commémorative.

Cette plaque hommage sera installée de façon permanente à la place d'Armes dès le printemps prochain.

Photo : Radio-Canada

Des proches touchés

De nombreuses personnes, qu’elles connaissent ou non les victimes, se sont déplacées pour leur rendre hommage malgré la pluie torrentielle.

Une marque d’affection qui touche particulièrement les proches des disparus. On se sent vraiment supporté, on sent tout l'amour autour de nous, souligne Julien St-Pierre Fortin, fils du conjoint de Suzanne Clermont.

La place d’Armes et l’Espace Suzanne Clermont ont accueilli tour à tour les personnes désirant rendre hommage aux victimes. Des photos y étaient exposées, et on pouvait y entendre les airs de leurs chansons préférées.

Un groupe, escorté par des policiers, marche sur la rue des Remparts.

Le cortège est parti du parvis de l'hôtel de ville, pour ensuite se diriger vers l'espace Suzanne Clermont et finalement la place d'Armes.

Photo : Radio-Canada

Michel Mercier, un ami de Suzanne, avoue que les plaies sont loin d’être cicatrisées un an après la tragédie. C'est sûr qu'une journée comme aujourd'hui, c'est encore dur, témoigne-t-il.

L’homme sent toutefois toujours la présence de Suzanne dans sa vie quotidienne, particulièrement sur la rue des Remparts, où elle résidait. Ça faisait 25 ans qu'elle habitait ici. Tout le monde l'aimait. Elle est encore ici, pour nous autres.

C'était une femme extraordinaire, toujours de bonne humeur. C'est une grosse perte, c'était la reine de la rue!, affirme de son côté son voisin Jean-Paul Biron.

Le politicien Jean Rousseau a quant à lui perdu un bon ami le soir du 31 octobre 2020. Il connaissait très bien François Duchesne. C'était un homme généreux, un homme passionné, soutient-il.

Il tenait lui aussi à prendre part aux cérémonies de commémoration. Cette blessure, elle est toujours là, ça me fait mal. J'en ai parlé beaucoup, mais en même temps on est soudé, c'est important de souligner, de se souvenir de ceux qu'on a perdus, ajoute-t-il.

Une intervenante portant un dossard parle avec une femme.

Des intervenants psychosociaux du CIUSSS de la Capitale-Nationale sont présents dans le Vieux-Québec afin d'offrir un soutien psychologique à la population.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Aujourd'hui, on se souvient des deux victimes

Dès 6 h, dimanche, le premier ministre François Legault a souligné le triste événement.

La cheffe de l'opposition Dominique Anglade a elle aussi souligné le caractère doux-amer de l'Halloween, cette année.

La ministre responsable de la Capitale-Nationale et de la sécurité publique, Geneviève Guilbault, a elle aussi exprimé ses pensées pour les disparus.

Ma belle Amour que j'aimerai toujours

Pour certains proches, la perte demeure trop douloureuse et la blessure, encore trop profonde pour assister aux commémorations. 

Les proches de François Duchesne ont partagé cette déclaration à la population.

L'officialisation à l'initiative de la ville, d'un lieu de mémoire et de recueillement à la place d'Armes pour toutes les victimes de cette funeste nuit, représente beaucoup pour nous, indique le message.

« Le monde est beaucoup moins beau sans François, faire vivre son souvenir au cœur de la ville qu'il aimait tant lui redonne des couleurs. »

— Une citation de  Famille et proches de François Duchesne

Une ancienne collègue de Suzanne Clermont a décidé de quitter la ville. Les souvenirs du dernier Halloween, même un an plus tard, font trop mal, a-t-elle indiqué à Radio-Canada.

Une plaque dorée portant l'inscription «Espace Suzanne-Clermont» est installée sur un banc

L'espace Suzanne-Clermont souligne la vie de cette femme décrite comme un pilier de la communauté vivant sur la rue des Remparts

Photo : Radio-Canada / Victor Pare-Dechene

Le veuf de Suzanne Clermont, Jacques Fortin, a de son côté décidé de se rendre à Paris, au pied de la tour Eiffel, monument qu’elle adorait.

Je vais enfouir une petite tour dans le Champ-de-Mars et passerai l’après-midi avec toi, ma belle Amour que j’aimerai toujours, toujours, toujours..., écrit M. Fortin sur les réseaux sociaux.

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