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Législatives au Japon : la coalition au pouvoir recule, mais garde la majorité

 Un Japonais masqué, parle au micro.

Le premier ministre sortant Fumio Kishida en campagne électorale à Tokyo.

Photo : Reuters / ISSEI KATO

Agence France-Presse

La coalition au pouvoir au Japon était en passe de conserver sa majorité parlementaire, tout en perdant plusieurs dizaines de sièges aux élections législatives, dimanche, selon les estimations de médias locaux après la fermeture des bureaux de vote.

Je crois que nous avons obtenu une confiance très précieuse des électeurs, a déclaré dimanche soir le premier ministre Fumio Kishida, 64 ans, tout en reconnaissant un repli de sa formation.

Alors qu'elle disposait de 305 sièges sur 465 à la Chambre basse des représentants à la fin de la dernière législature, la coalition formée par le Parti libéral-démocrate de M. Kishida (PLD, droite conservatrice) et le parti Komeito (centre droit) devrait remporter au moins 261 sièges, selon la chaîne de télévision publique NHK.

Même si M. Kishida a donc atteint son objectif d'une majorité absolue minimum de 233 sièges pour la coalition, l'issue du scrutin, si elle se confirmait, serait un sérieux avertissement.

Toujours selon la NHK, le PLD seul aurait récolté dimanche au moins 234 sièges, alors qu'il en détenait 276 précédemment.

Il s'agit de la plus faible performance pour le parti depuis sa défaite fracassante aux législatives de 2009. Depuis son retour aux commandes en 2012, le PLD avait toujours contrôlé au moins 60 % de la Chambre basse à lui tout seul.

Mais la donne a beaucoup changé depuis les précédentes législatives de 2017. Shinzo Abe, qui semblait inoxydable au poste de premier ministre depuis 2012, a démissionné en septembre 2020 pour des raisons de santé.

Shinzo Abe

L'ancien premier ministre japonais Shinzo Abe.

Photo : Reuters

Son successeur Yoshihide Suga n'a tenu qu'un an, victime d'une impopularité record en raison de sa gestion maladroite de la crise sanitaire et de son obstination à maintenir les Jeux olympiques de Tokyo l'été dernier, malgré l'opposition d'une majorité de Japonais.

Le Parti libéral-démocrate plus impopulaire que jamais

Devenu président du PLD fin septembre grâce au soutien des caciques du parti, puis nommé premier ministre par le Parlement début octobre, Fumio Kishida n'a pas bénéficié d'un état de grâce.

De manière inédite, cinq partis d'opposition, dont le principal d'entre eux, le Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre gauche), s'étaient associés dans de nombreuses circonscriptions pour ces élections.

Mais bien plus que cette alliance, c'est un parti populiste originaire d'Osaka (ouest), le Parti japonais de l'innovation (Nippon Ishin no kai), qui aurait fait un bond spectaculaire, obtenant au moins une trentaine de sièges, trois fois plus qu'en 2017.

Selon Shinichi Nishikawa, professeur de science politique à l'Université Meiji de Tokyo, les élections sont un revers pour Kishida, car son parti perd des sièges, mais il reste en mesure d'assumer son poste de premier ministre pour le moment.

Il a évité le pire, mais risque de perdre son influence. Le résultat est dû à sa faible popularité, ainsi qu'à la frustration des électeurs face aux mesures anti-coronavirus prises par ses prédécesseurs, a dit cet expert à l'Agence France-Presse.

Ces élections devraient provoquer des remous au sein du PLD au sujet de M. Kishida : Il y aura des interrogations sur sa capacité à diriger, sur sa popularité, a aussi estimé Tobias Harris, expert du Japon au sein du groupe de réflexion en sciences politiques Center for American Progress, interrogé par l'Agence France-Presse.

La crise sanitaire

La pandémie et l'économie, dont la reprise reste poussive au Japon, ont été les grands thèmes de la campagne électorale qui n'aura duré que 17 jours, et le mécontentement de certains électeurs envers le PLD était palpable dimanche.

Les mesures contre le coronavirus depuis 2020 ont été désordonnées, a affirmé à l'Agence France-Presse Takashi Shima, 51 ans. Chihiro Sato, mère de famille de 38 ans, a surtout pensé aux difficultés économiques : L'économie souffre à cause du coronavirus, avait-elle noté après avoir voté dimanche matin à Tokyo.

Tout en ayant fait de la lutte contre la COVID-19 sa priorité numéro un, Fumio Kishida a aussi promis un nouveau plan de relance budgétaire massif très rapidement et a dit vouloir combattre les inégalités sociales, sans toutefois préciser comment.

Dimanche soir, M. Kishida a répété qu'il mettrait en œuvre ce qu'il a promis : Je pense que cela conduira à un soutien plus grand et plus large de la population.

Le nombre d'infections au coronavirus a chuté dernièrement au Japon, après avoir atteint des records en août. Par ailleurs, après un démarrage laborieux, la vaccination a accéléré dans le pays : plus de 71 % des habitants ont désormais reçu deux injections.

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