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Les propos de Bonnardel piquent au vif la communauté scientifique

François Bonnardel arrive à une conférence de presse.

François Bonnardel, ministre des Transports, le 21 mai 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les paroles du ministre François Bonnardel ont fait déborder le vase de la directrice du département de géographie de l’Université Laval, qui a décidé de claquer la porte du comité de suivi sur la Politique de mobilité durable en guise de protestation. Plusieurs chercheurs préparent une réplique pour dénoncer des propos jugés « vexants ».

Les détracteurs du tunnel Québec-Lévis mentent effrontément sur les conséquences environnementales du projet, a indiqué le ministre dans une entrevue au Journal de Québec

Des propos que le principal intéressé a refusé de justifier lorsque sollicité par Radio-Canada, samedi.

Pour Marie-Hélène Vandersmissen, c’en est trop. La directrice du département de géographie ne cache pas ses réserves quant aux prétendues vertus écologiques du tunnel routier. 

Je trouve qu’il dénigre tout le travail que certains experts fournissent pour éclairer la société sur le troisième lien. De nous accuser de dire des mensonges et des faussetés, j’ai trouvé ça vraiment gros. Je ne suis d’ailleurs pas la seule, souligne la chercheuse. 

La communauté scientifique prépare la réplique. Au cours des prochains jours, ils infirmeront les arguments qu’ils estiment erronés du gouvernement à l’aide des données scientifiques disponibles.

Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie de l'Université Laval

Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Mme Vandersmissen estime que le gouvernement ne peut pas solliciter une expertise tout en la rejetant quand elle ne cadre pas avec ses volontés.

On ne peut pas jouer sur les deux tableaux, croit-elle. Demander à des experts de faire partie de comités, puis dire que ces mêmes experts racontent des mensonges. Ça me semble complètement incohérent.

À son avis, c’est plutôt le gouvernement qui induit la population en erreur en avançant que le troisième lien allait régler la congestion dans la région.

« On sait que partout où on a construit des liens autoroutiers, ça n’a fait qu’augmenter la congestion à moyen et long terme. Il n’y a aucune raison que Québec soit différent de ça. »

— Une citation de  Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie de l'Université Laval

Mme Vandersmissen pourfend aussi la prétention que l’électrification des transports verdira le projet de troisième lien.

C’est une solution technologique facile qui nous évite de nous questionner sur nos comportements, qui va continuer à favoriser l’auto solo, qui va augmenter la congestion, conclut la chercheuse.

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