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Indemnisation des enfants autochtones : des députés de l’Est fustigent Ottawa

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Le gouvernement fédéral souhaite en arriver à une entente négociée d'ici décembre 2021 (archives).

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

À la suite de la décision d'Ottawa de faire appel de la décision de la Cour fédérale lui enjoignant d'indemniser les enfants des Premières Nations retirés de leur foyer, des députés fédéraux de l'Est-du-Québec fustigent le gouvernement Trudeau.

Le jugement de la Cour fédérale a confirmé deux décisions historiques du Tribunal canadien des droits de la personne, qui avait conclu en 2016 qu'Ottawa avait fait preuve de discrimination envers les enfants des Premières Nations en sous-finançant sciemment les services à l'enfance et à la famille pour ceux qui vivent dans les réserves.

Le tribunal a déclaré que chaque enfant des Premières Nations ainsi que leurs parents ou grands-parents qui ont été séparés en raison de ce sous-financement chronique étaient admissibles à recevoir 40 000 $ en compensation fédérale, soit le montant maximal qu'il pouvait accorder.

On estime qu'environ 54 000 enfants et leurs familles pourraient être admissibles, ce qui signifie qu'Ottawa pourrait devoir payer plus de 2 milliards de dollars.

Dans une déclaration conjointe, la ministre des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, et le ministre de la Justice, David Lametti, ont déclaré que le gouvernement du Canada et les parties, la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations et l'Assemblée des Premières Nations annoncent que nous avons convenu de travailler ensemble dès aujourd’hui afin d’en arriver à une résolution globale d'ici décembre 2021 sur les questions en suspens.

Marilène Gill déçue

La députée bloquiste de Manicouagan et porte-parole de son parti en matière d’Affaires autochtones, Marilène Gill, se dit extrêmement déçue du comportement d'Ottawa dans ce dossier.

S'il y avait vraiment une volonté forte de réconciliation, le gouvernement octroierait aux enfants et aux familles ce qui leur est dû, tranche la députée nord-côtière.

Une femme en jupe orange devant  plusieurs paires de souliers d'enfants.

Marilène Gill était présente lors de la cérémonie soulignant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, en septembre, à Ottawa (archives).

Photo : Marilène Gill

« Le gouvernement s'engage à une entente, oui, mais il veut encore négocier. Qu'est-ce qu'il veut négocier, au juste? »

— Une citation de  Marilène Gill, porte-parole bloquiste en matière d'Affaires autochtones

Si le gouvernement fédéral acceptait la décision de la Cour fédérale en reconnaissant son tort, il compenserait. Il financerait aussi les services aux Premières Nations de façon correcte, pour ne plus que ça arrive, ajoute Mme Gill.

Du même souffle, la députée de Manicouagan insiste pour dire que les représentants des Premières Nations, avec qui elle a eu l'occasion d'échanger sur la situation, sont choqués par la décision d'Ottawa.

Sur la Côte-Nord comme partout ailleurs, c'est une immense déception. On a eu les commentaires désobligeants de M. Chrétien cette semaine, et il y a eu le voyage à Tofino du premier ministre Trudeau lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. C'est un troisième coup dur pour les communautés en très peu de temps, déplore Mme Gill.

D'ailleurs, la porte-parole bloquiste ne peut s'empêcher de remarquer que l'annonce du gouvernement fédéral pour faire appel est arrivée un vendredi après-midi alors que le premier ministre Trudeau est à l'étranger. Ça dit tout, laisse-t-elle tomber.

Déplorable

La députée bloquiste d'Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia, Kristina Michaud, est du même avis que sa collègue.

C'est déplorable de voir ça. Ça vient mettre en doute tout ce que le gouvernement libéral a dit, depuis le début, dans ses ambitions de réconciliation avec les Premières Nations, affirme Mme Michaud.

La députée Kristina Michaud, pendant la période de questions à la Chambre des communes le 9 mars 2020.

La députée bloquiste Kristina Michaud (archives)

Photo : Bernard Thibodeau

« L'indemnisation des enfants et de leur famille, ce n'est qu'un premier pas vers la réconciliation. De voir qu'on dit quelque chose et qu'on fait exactement l'inverse, c'est extrêmement décevant. »

— Une citation de  Kristina Michaud, députée bloquiste d'Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia

La décision d'aller en appel, ce n'est pas cohérent avec le discours libéral, conclut la députée.

Il faut arrêter ça!

Le député conservateur de Montmagny–L'Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, est également d'avis qu'il est impossible d'espérer une véritable réconciliation avec les Premières Nations si on continue à ne pas respecter notre parole.

On ajoute encore plusieurs mois, peut-être plusieurs années de débats sur le sujet. Ça m'amène à douter fortement de la bonne volonté du gouvernement dans ce dossier-là, vraiment, regrette M. Généreux.

Portrait de M. Généreux devant une affiche du Parti conservateur du Canada

Le député de Montmagny–L'Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup, Bernard Généreux (archives)

Photo : Radio-Canada

« Sincèrement, il n'y a plus de raison de contester ces choses-là. Il faut arrêter ça! »

— Une citation de  Bernard Généreux, député conservateur de Montmagny–L'Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup

Par ailleurs, le député espère que la communauté internationale rappellera à l'ordre M. Trudeau alors que ce dernier est à Rome pour le sommet du G20.

Je n'ai pas beaucoup d'espoir que ça se fasse. Toutefois, je ne peux m'empêcher de remarquer que le premier ministre est excellent pour faire la leçon aux autres chefs d'État quand ça lui plaît. Sauf que quand ce sont des dossiers qui se passent au Canada, il est soudainement moins enclin à en parler, conclut M. Généreux.

Le 29 septembre, la cour a confirmé les deux décisions du tribunal, ce qui accorde un laps de temps légal de 30 jours aux libéraux pour faire appel.

Avec la participation de Philippe Arseneault

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