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Le journal Le Nord pourrait fermer par manque de personnel

Couverture du journal Le Nord.

L'équipe du journal Le Nord peine à remplir son mandat en raison du manque de personnel (archives).

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Radio-Canada

Les Médias de l’épinette noire pourraient mettre fin à la production du journal Le Nord d’ici le début de 2022, car l’entreprise n’arrive pas à pourvoir tous ses postes vacants.

Le journal, qui a célébré en mars ses 45 ans, se trouve dans une situation difficile, même s’il est lu, selon le président du conseil d’administration des Médias de l’épinette noire, Gérard Payeur.

On a un beau journal, on a un produit qui est aimé de la population et de ses lecteurs, et c’est un journal rentable en plus, affirme-t-il. Le problème c’est qu’on manque de personnel pour accomplir notre mandat.

Selon M. Payeur, le personnel est épuisé. Notre personnel est à bout de souffle. Tenir le journal à bout de bras, ça devient très lourd.

Il affirme que les chances que le journal cesse ses activités l’an prochain sont plutôt grandes.

« Étant donné que nos abonnements se terminent tous au début de l’année prochaine, on s’est donné jusqu’au mois de décembre pour prendre une décision finale pour fermer le journal, j’aimerais dire temporairement, mais on sait jamais. »

— Une citation de  Gérard Payeur, président du conseil d'administration des Médias de l'épinette noire

On a trouvé un graphiste qui commence lundi, ça, c’est une bonne nouvelle, souligne M. Payeur.

Autre lueur d'espoir, la station de radio associée au journal continuera de diffuser ses émissions.

Affiche des Médias de l'épinette noire à Hearst.

Les Médias de l'épinette noire comprennent le Journal Le Nord et la radio CINN FM.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le journal Le Nord avait suspendu sa version papier au début de la pandémie, pour réduire ses dépenses.

Des appels lancés dans la dernière semaine sur les ondes de CINN FM ont permis à l’entreprise de recevoir quelques candidatures.

L’entreprise indique recevoir régulièrement des curriculum vitae, mais plusieurs candidats ne répondent pas aux critères des subventions salariales.

Un problème répandu

Le Nord n’est pas le seul journal de la francophonie canadienne à se trouver face à une pénurie de personnel, comme l’explique François Bergeron, président de Réseau.Presse, anciennement connu sous le nom de l’Association de la presse francophone.

« Dans les journaux effectivement, on a beaucoup de problèmes à trouver et à garder de la main-d'œuvre, soit parce qu'on ne paye pas assez, soit parce qu'il n'y a juste pas de monde dans notre coin pour faire ce travail-là. »

— Une citation de  François Bergeron, président de Réseau.Presse

À Sudbury, le journal Le Voyageur parvient toujours à garnir ses rangs de journalistes.

Mais la fermeture de nombreux programmes de langue française à l'Université Laurentienne inquiète Julien Cayouette, le directeur de l’information.

Julien Cayouette accorde une entrevue.

Julien Cayouette, directeur de l'information du journal Le Voyageur, craint que le recrutement devienne de plus en plus difficile.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Il y avait toujours la possibilité de recruter des étudiants qui étudiaient en français, soit en Histoire ou en Études françaises, qui savent écrire, explique-t-il.

Ne plus avoir ce bassin là, même si c'est pas nécessairement le programme de journalisme, mais aussi les autres programmes, c'est inquiétant, et ça pourrait nous affecter, affirme M. Cayouette.

Malgré des millions de dollars de subventions chaque année, des journaux de langue française continuent de disparaître un peu partout au pays.

En 2019, La Presse Communautaire, un hebdomadaire bilingue de Kapuskasing, avait notamment dû suspendre ses activités après quelques mois d'existence pour des raisons financières.

Cet hebdomadaire avait lui-même remplacé The Northern Times, qui a publié sa dernière édition en juillet 2018.

Évidemment, quand un journal disparaît dans une région, il y a une partie de la démocratie qui est affectée, déplore François Bergeron.

Avec les informations de Zacharie Routhier

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